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Étape 18 sur 44 prêtes · 44 pays en Europe

Drapeau : Islande

Islande

République d'Islande

L'Islande est une île posée sur la dorsale médio-atlantique, à l'endroit où deux plaques de l'écorce terrestre s'écartent l'une de l'autre de quelques centimètres par an. De cette position viennent ses volcans, ses champs de lave, ses sources chaudes, et le fait qu'elle chauffe ses maisons et produise son électricité presque entièrement avec l'eau et la chaleur du sol. Son assemblée, l'Althing, s'est réunie pour la première fois en 930, ce qui en fait l'une des plus anciennes institutions parlementaires du monde.

Gullfoss, « la chute d’or », dans le sud de l’Islande : la rivière Hvítá tombe en deux paliers dans une gorge étroite.Andreas Tille · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Capitale : Reykjavik

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L’explorateur en Peysuföt
PeysufötUne des tenues nationales de l'Islande : le peysuföt réunit une veste de laine noire, une longue jupe noire, un ruban de soie noué sur la poitrine et un petit bonnet noir à long gland, porté pour la fête nationale du 17 juin.Source : Wikipédia (en), Icelandic national costume
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Histoire

Une île peuplée à une date connue

Contrairement à presque tous les pays, l'Islande sait quand son peuplement a commencé. Des moines irlandais l'auraient fréquentée auparavant, mais l'installation durable débute vers 874 avec des colons venus de Norvège, accompagnés de personnes originaires des îles Britanniques, notamment d'Irlande, les analyses génétiques montrent une part celtique importante, surtout du côté des femmes.

Les nouveaux venus occupent les vallées côtières, élèvent moutons et chevaux, et se répartissent la terre. Les récits de ce partage sont consignés dans un livre, le Landnamabok, qui nomme des centaines de premiers occupants.

930 : une assemblée sans roi

En 930, les chefs de famille se réunissent dans une plaine, à Thingvellir, pour fonder l'Althing : une assemblée annuelle en plein air qui vote les lois, juge les litiges et fait réciter le droit à haute voix par un homme désigné, la loi n'étant pas écrite.

Il n'y a ni roi, ni armée, ni administration : seulement cette assemblée et des chefs locaux. Ce système, appelé État libre, dure plus de trois siècles.

  • 1000 : l'Althing décide d'adopter le christianisme, par compromis négocié plutôt que par guerre.
  • XIIIe siècle : les rivalités entre grandes familles dégénèrent en conflits armés.
  • 1262-1264 : les Islandais reconnaissent l'autorité du roi de Norvège. L'île passera ensuite, avec la Norvège, sous la couronne du Danemark.

Des siècles difficiles

  • 1402-1404 : une épidémie de peste tue une grande partie de la population.
  • XVIe-XVIIIe siècles : le commerce est réservé à des marchands danois, ce qui appauvrit l'île. Éruptions, hivers rudes et famines se succèdent, le Laki, en 1783-1784, est la pire de ces crises.
  • 1800 : l'Althing est supprimé. Il est rétabli en 1845, d'abord comme assemblée consultative, à Reykjavik.
  • 1874 : une constitution accorde une autonomie interne. 1918 : l'Islande devient un État souverain, uni au Danemark par la seule personne du roi.

République et décennies récentes

  • 1940-1945 : le Danemark étant occupé par l'Allemagne, l'île est occupée par les forces britanniques puis américaines. Cette présence apporte routes, aérodromes et emplois.
  • 17 juin 1944 : la république est proclamée, par référendum, alors que le Danemark est encore occupé.
  • 1958-1976 : les « guerres de la morue ». L'Islande étend par étapes sa zone de pêche exclusive de 4 à 200 milles ; des navires britanniques et islandais s'affrontent sans coup de feu, à coups de filets coupés et d'abordages. L'Islande obtient finalement ce qu'elle demandait, et la limite des 200 milles est ensuite adoptée mondialement.
  • 24 octobre 1975 : environ neuf femmes sur dix cessent tout travail, professionnel et domestique, pendant une journée. Le pays s'arrête. Cinq ans plus tard, en 1980, Vigdis Finnbogadottir est élue à la présidence : c'est la première femme élue cheffe d'État au suffrage universel dans le monde.
  • 2008 : les trois principales banques du pays s'effondrent en une semaine ; la monnaie perd la moitié de sa valeur. Des dirigeants bancaires sont ensuite condamnés à des peines de prison, ce qui a peu d'équivalent ailleurs après la crise financière.
Þingvellir : c’est ici que se réunissait dès l’an 930 l’Althing, l’une des plus anciennes assemblées du monde.Andreas Tille · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Géographie

Une île assise sur une déchirure

Au milieu de l'océan Atlantique court une longue fissure sous-marine, la dorsale médio-atlantique, où du magma remonte en permanence et fabrique de la croûte neuve. La plaque américaine et la plaque eurasienne s'y éloignent l'une de l'autre d'environ deux centimètres par an.

L'Islande est l'un des très rares endroits où cette dorsale sort de l'eau. On peut donc y voir à l'air libre ce qui se passe partout ailleurs à des milliers de mètres de profondeur : à Thingvellir, des falaises parallèles encadrent une plaine qui s'élargit lentement, et une faille remplie d'eau limpide, Silfra, sépare visiblement deux morceaux du monde.

Feu

L'île compte une trentaine de systèmes volcaniques actifs et connaît une éruption tous les quelques années en moyenne.

  • 1783-1784 : le Laki ouvre une fissure de 27 kilomètres et déverse des kilomètres cubes de lave pendant huit mois. Les gaz tuent une grande partie du bétail ; la famine qui suit fait mourir environ un cinquième des habitants. Les brouillards de soufre gagnent l'Europe et l'été suivant y est anormalement froid.
  • 1963-1967 : une éruption sous-marine au sud fait sortir de l'eau une île entièrement neuve, Surtsey.
  • 1973 : une fissure s'ouvre dans la ville de Heimaey ; les habitants sont évacués en une nuit par les bateaux de pêche, et des pompes arrosent la lave à l'eau de mer pour la détourner du port.
  • 2010 : l'éruption de l'Eyjafjallajokull projette des cendres fines dans les vents d'altitude ; par précaution pour les moteurs d'avion, une grande partie du trafic aérien européen est interrompue pendant plusieurs jours.

Et la glace, par-dessus. Les glaciers couvrent environ un dixième de l'île. Le Vatnajokull est le plus volumineux d'Europe ; sous sa glace se cachent des volcans, et lorsque l'un entre en éruption, la fonte brutale provoque une inondation soudaine, un jokulhlaup, capable d'emporter des ponts.

Le point culminant, le Hvannadalshnukur, atteint 2 110 mètres, sur la bordure de ce glacier.

Une île presque sans arbres

Quand les premiers habitants arrivent, une bonne partie des basses terres porte des bois de bouleaux. Ils les coupent pour construire, se chauffer et faire des pâturages ; les moutons empêchent les jeunes pousses de repartir, et le vent emporte le sol nu. En quelques siècles, la forêt disparaît presque entièrement. Des programmes de plantation existent depuis un siècle, mais les arbres poussent lentement à cette latitude.

De l'eau chaude sous les pieds

La chaleur du sous-sol est si accessible qu'on s'en sert directement : de l'eau chaude naturelle circule dans des canalisations et chauffe la quasi-totalité des logements, ainsi que des piscines en plein air ouvertes toute l'année et des serres qui produisent tomates et concombres au bord du cercle polaire.

Le reste de l'énergie vient des rivières glaciaires : l'électricité islandaise est produite presque intégralement par l'hydroélectricité et la géothermie. La pêche, elle, reste la première exportation de marchandises.

Reykjavik, la capitale la plus au nord du monde, au bord de l’océan Atlantique ; à gauche, la haute église Hallgrímskirkja.Hedwig Storch · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Culture

Les sagas

Aux XIIe et XIIIe siècles, des Islandais écrivent en prose, dans leur propre langue et non en latin, de longs récits : les sagas. On y suit des familles sur plusieurs générations, héritages, vengeances, procès devant l'assemblée, voyages au Groenland et jusqu'en Amérique.

Ces textes racontent des gens ordinaires plutôt que des rois, avec des dialogues secs et sans commentaire moral. C'est aussi par eux, et par les écrits de Snorri Sturluson (1179-1241), que l'essentiel de la mythologie nordique, Odin, Thor, la fin du monde, a été conservé : sans l'Islande, on n'en saurait presque rien.

Une langue qui a très peu changé

L'islandais moderne est resté si proche de la langue des sagas qu'un élève d'aujourd'hui peut lire, avec un peu d'aide, un texte écrit il y a huit siècles. Peu de langues permettent cela.

Cette continuité est entretenue : plutôt que d'emprunter les mots techniques, on en fabrique à partir de racines anciennes. L'ordinateur s'appelle tolva, mot composé à partir du nombre et d'une devineresse des vieux récits, la « devineresse des nombres ». Le téléphone est simi, un vieux mot signifiant fil.

Des noms sans noms de famille

La plupart des Islandais n'ont pas de nom de famille mais un patronyme, formé du prénom du parent suivi de « fils de » ou « fille de ». Dans une même famille, le père, la mère, le fils et la fille portent donc quatre noms différents. Les annuaires et les listes officielles classent les personnes par leur prénom.

Lire, écrire, jouer

Le pays publie et achète beaucoup de livres par habitant, avec une tradition de cadeaux de livres avant Noël. Halldor Laxness reçoit le prix Nobel de littérature en 1955. Plus récemment, la musique islandaise, Björk, Sigur Ros, s'est exportée bien au-delà de l'île. En 1972, Reykjavik accueille le championnat du monde d'échecs entre Fischer et Spassky, suivi comme un événement politique.

Une fiðla, ancien instrument à cordes frottées d’Islande, au Musée national de Reykjavik.Jo Dusepo · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Deux femmes en þjóðbúningur, le costume national islandais, le jour de la fête nationale du 17 juin à Reykjavik.Helgi Halldórsson from Reykjavík, Iceland · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Le quiz : Islande

5 questions sur ce que tu viens de lire. 4 bonnes réponses valident le pays et posent son tampon dans ton passeport.