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Sinbad le marin : sept voyages extraordinaires

Un riche marchand de Bagdad raconte à un pauvre porteur ses sept voyages sur l'océan Indien : une île qui était une baleine, un oiseau géant, une vallée de diamants, un vieillard qui ne veut plus descendre de ses épaules. Un récit des Mille et Une Nuits né des routes des marins arabes.

8-12 ans

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Sinbad le marin : sept voyages extraordinaires

L'histoire

À Bagdad, au temps du calife Haroun al-Rachid, un pauvre porteur se repose devant une belle maison et se plaint : pourquoi certains sont-ils si riches, et lui si pauvre ? Le maître de la maison, Sindbad le marin, l'invite à sa table. « Ma richesse, lui dit-il, je l'ai payée de dangers que tu n'imagines pas. » Et pendant sept jours, il lui raconte ses sept voyages.

Lors du premier voyage, son navire s'arrête près d'une petite île. Les marins y allument un feu… et l'île se met à trembler : c'était le dos d'une baleine, qui plonge et les jette à la mer. Lors du deuxième, abandonné sur une île, Sindbad découvre une immense boule blanche : c'est l'œuf du Roc, un oiseau si grand que son pied est aussi gros qu'un tronc d'arbre. Il s'attache à la patte de l'oiseau, qui l'emporte dans une vallée de diamants gardée par des serpents. Il s'en échappe par une ruse, les poches pleines de pierres précieuses.

D'autres voyages le mènent chez un géant qui mange les hommes, et qu'il aveugle pour s'enfuir ; sur l'île d'un étrange vieillard de la mer, qui grimpe sur ses épaules et refuse d'en descendre, jusqu'à ce que Sindbad l'enivre et s'en libère ; puis jusqu'à l'île de Serendib, dont le roi lui confie des présents pour le calife. Un des voyages contient un épisode très sombre, une coutume funéraire cruelle, que l'on ne raconte pas ici. À chaque fois, Sindbad perd tout, échappe à la mort par son courage et sa ruse, et revient à Bagdad plus riche qu'avant. À la fin, il partage sa fortune avec le porteur.

Les mots de Galland

La découverte de l'œuf du Roc, au deuxième voyage, dans la traduction d'Antoine Galland (1806) :

Je me souvins d'un oiseau appelé Roc, dont j'avois souvent ouï parler aux matelots, et je conçus que la grosse boule que j'avois tant admirée, devoit être un œuf de cet oiseau.

D'où vient ce récit

Les Mille et Une Nuits sont un immense recueil de contes en arabe, formé pendant des siècles à partir de récits venus de Perse, d'Inde, d'Irak et d'Égypte. Un livre persan perdu, les Mille Contes, en serait l'ancêtre. Le plus ancien manuscrit arabe assez complet, conservé à la Bibliothèque nationale de France, date du XVe siècle. C'est à partir de lui que le savant français Antoine Galland (1646-1715) publie, de 1704 à 1717, la première traduction en Europe, en douze volumes. Le succès est immense, et les contes sont traduits ensuite dans toutes les langues.

Les voyages de Sindbad formaient sans doute à l'origine un récit séparé, que Galland a intégré à sa traduction. Ils racontent, en les grossissant, les vraies routes des marins et marchands arabes et persans du Moyen Âge : partis de Bagdad et de Bassora, ils naviguaient vers l'Inde, Serendib (l'actuel Sri Lanka), l'Asie du Sud-Est et la Chine, et vers la côte orientale de l'Afrique. Chez Galland, le porteur s'appelle Hindbad.

Ce que dit ce récit

Sindbad est un aventurier curieux, qui repart toujours, malgré les dangers, parce qu'il aime découvrir le monde et faire du commerce. Le récit dit que la fortune se gagne par le courage, l'ingéniosité et la persévérance, et qu'elle doit se partager : le marin riche invite le porteur pauvre et lui donne une part de ses biens.

C'est aussi un témoignage sur un monde où l'océan Indien reliait déjà l'Afrique, l'Arabie, la Perse, l'Inde et la Chine par le commerce des épices, des tissus, des pierres précieuses et des idées.

Ses cousins dans le monde

  • En Grèce, l'Odyssée d'Homère raconte un autre long voyage de retour plein de monstres : l'épisode du géant aveuglé par Sindbad ressemble beaucoup à celui d'Ulysse et du Cyclope.
  • En Italie, au XIIIe siècle, le voyageur vénitien Marco Polo parle lui aussi, dans son livre, d'un oiseau géant appelé « rukh », qui vivrait dans des îles au sud, du côté de Madagascar.
  • Dans d'autres récits de marins du monde arabe, comme dans les contes d'Asie, on retrouve l'île qui est en réalité un poisson géant.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Dans la traduction de Galland, le pauvre porteur qui écoute Sindbad s'appelle Hindbad.
  • L'île de Serendib, où Sindbad aborde lors de son sixième voyage, est l'actuel Sri Lanka : elle a donné le mot anglais « serendipity », la découverte heureuse et inattendue.

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