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Momotarō, le garçon né d’une pêche

Une vieille femme trouve une pêche géante dans la rivière ; à l'intérieur, un bébé. Devenu grand, Momotarō part combattre les ogres avec un chien, un singe et un faisan. C'est le conte le plus connu du Japon, et la ville d'Okayama en a fait son emblème.

8-12 ans

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Momotarō, le garçon né d’une pêche

L'histoire

Il était une fois un vieil homme et une vieille femme qui n'avaient pas d'enfant. Un jour, le vieil homme part couper du bois dans la montagne, et la vieille femme va laver le linge à la rivière. Soudain, une pêche énorme descend le courant en flottant. La vieille femme la repêche et la rapporte à la maison.

Le soir, quand le couple veut la couper pour la manger, la pêche s'ouvre toute seule : à l'intérieur se trouve un beau bébé, plein de vie. Les deux vieux, fous de joie, l'appellent Momotarō, ce qui veut dire « garçon de la pêche ». L'enfant grandit vite et devient très fort.

À cette époque, des ogres, les oni, venus d'une île, pillent les villages. Un jour, Momotarō annonce qu'il va aller sur l'île des ogres pour les arrêter. Sa mère lui prépare des kibi-dango, de petites boulettes de millet, les meilleures du Japon.

En chemin, il rencontre un chien. « Momotarō, où vas-tu ? Et qu'as-tu là, à ta ceinture ? » « Je vais sur l'île des ogres. Ce sont les meilleures boulettes du Japon. » « Donne-m'en une, et je t'aiderai. » Le chien reçoit sa boulette et le suit. Puis la même chose arrive avec un singe, et avec un faisan.

Les quatre compagnons traversent la mer en bateau et arrivent à l'île, où les ogres festoient au milieu de leurs trésors volés. Le chien mord, le singe griffe, le faisan donne des coups de bec, et Momotarō brandit son sabre. Le chef des ogres finit par se rendre et promet de ne plus jamais tourmenter personne. Momotarō rapporte les trésors, les rend à leurs propriétaires, et vit heureux avec ses parents.

D'où vient ce récit

Momotarō est un conte populaire japonais transmis oralement depuis très longtemps. On le trouve parmi les otogizōshi, des récits illustrés de l'époque de Muromachi et du début de l'époque d'Edo (entre le XIVe et le XVIIe siècle). À partir de la fin du XIXe siècle, il entre dans les livres d'école, et tous les enfants du Japon le connaissent.

La préfecture d'Okayama, dans l'ouest du Japon, se présente comme le pays natal de Momotarō. Une légende locale y raconte qu'un prince de l'Antiquité, Kibitsuhiko, combattit un démon nommé Ura. Ce récit aurait inspiré le conte, et deux sanctuaires d'Okayama sont consacrés à ce prince. Les boulettes de millet y sont la spécialité de la région, et une statue de Momotarō et de ses trois compagnons accueille les voyageurs devant la gare.

Ce que dit ce récit

Momotarō ne gagne pas seul. Il partage ses boulettes, et chacun de ses compagnons apporte un talent différent : le chien est fidèle, le singe est habile, le faisan voit de haut. Le conte célèbre le courage, la générosité et l'amitié. À la fin, Momotarō ne garde pas les trésors : il les rend.

Comme beaucoup de récits très connus, Momotarō a aussi été utilisé à des fins moins innocentes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la propagande japonaise en a fait un héros guerrier, dans des dessins animés destinés à justifier la guerre. Aujourd'hui, il est redevenu le héros sympathique des enfants.

Ses cousins dans le monde

  • La naissance merveilleuse se retrouve partout : au Japon, la princesse Kaguya naît dans une tige de bambou ; chez Andersen, la Petite Poucette naît dans une fleur.
  • Le héros qui recrute des animaux en partageant sa nourriture ressemble aux contes où l'on est aidé par ceux que l'on a bien traités, comme dans Le Voyage vers l'Ouest, où un singe accompagne le héros.
  • Le Petit Poucet et Kirikou sont eux aussi de jeunes héros qui triomphent d'ogres ou de sorcières.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Momotarō veut dire « garçon de la pêche » : momo signifie « pêche » en japonais.
  • Les boulettes de millet de Momotarō, les kibi-dango, sont la spécialité de la préfecture d'Okayama, qui se dit son pays natal.
  • Une statue de Momotarō, avec son chien, son singe et son faisan, se dresse devant la gare d'Okayama.

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