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Les chutes Victoria, « la fumée qui gronde »

Sur le fleuve Zambèze, entre la Zambie et le Zimbabwe, les chutes Victoria forment le plus grand rideau d'eau du monde quand on combine leur largeur et leur hauteur. Les habitants les appelaient Mosi-oa-Tunya, « la fumée qui gronde », bien avant l'arrivée des Européens.

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Les chutes Victoria vues d’avion, sur le Zambèze, entre la Zambie et le Zimbabwe : le fleuve plonge dans une faille de plus de 100 mètres.Diego Delso · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Où, quand, par qui

Les chutes Victoria se trouvent sur le Zambèze, l'un des grands fleuves d'Afrique australe, à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe. Le fleuve, large de près de deux kilomètres à cet endroit, tombe d'un coup dans une étroite fente de rocher profonde de plus de 100 mètres.

Les Kololo, un peuple de la région, les appelaient Mosi-oa-Tunya, « la fumée qui gronde », à cause du nuage d'embruns et du vacarme de l'eau. En 1855, l'explorateur écossais David Livingstone, qui en avait entendu parler quatre ans plus tôt, s'en approche en pirogue. Il leur donne le nom de la reine britannique, Victoria.

Des outils de pierre retrouvés près des chutes montrent que des humains vivaient déjà dans la région il y a très longtemps : certains seraient l'œuvre d'Homo habilis, un lointain ancêtre de notre espèce, il y a environ deux millions d'années.

Comment la nature l'a façonné

Le Zambèze coule ici sur un immense plateau de basalte, une roche sombre née de coulées de lave très anciennes. En refroidissant, ce basalte s'est fendu de longues fissures.

Depuis environ deux millions d'années, l'eau s'engouffre dans ces fissures, les élargit et les creuse. Quand une fente est assez profonde, tout le fleuve y plonge : c'est la chute. Puis l'eau attaque une autre faiblesse de la roche, un peu plus en amont, et la chute recule. C'est pourquoi on trouve en aval une série de gorges en zigzag, creusées les unes après les autres.

Selon la saison, le spectacle change complètement. En mars et avril, à la fin de la saison des pluies, la masse d'eau est énorme et le nuage d'embruns se voit à plus de quinze kilomètres. En novembre et décembre, à la fin de la saison sèche, l'eau ne forme parfois plus que des filets, et certaines parties de la falaise sont à sec.

Le nuage d’embruns qui monte des chutes se voit de loin : d’où le nom local de Mosi-oa-Tunya, « la fumée qui gronde ».Matti Blume · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Ce qu'elles racontent

Les chutes racontent l'histoire de la Terre, lisible dans les gorges, et celle des peuples qui vivent sur les rives du Zambèze depuis des millénaires.

Elles racontent aussi la colonisation : leur nom européen honore une reine britannique, alors que leur nom africain, Mosi-oa-Tunya, décrit ce que l'on voit et entend. Aujourd'hui, les deux noms sont utilisés, y compris par l'UNESCO.

Ce que l'on sait, ce que l'on raconte

Livingstone les a-t-il découvertes ? On le lit encore souvent. Mais les peuples de la région les connaissaient et leur avaient donné un nom bien avant lui. Livingstone est seulement le premier Européen connu à les avoir décrites.

Les plus hautes chutes du monde ? Non. D'autres chutes sont beaucoup plus hautes. Les chutes Victoria sont exceptionnelles parce qu'elles combinent une grande largeur et une grande hauteur : c'est le plus grand rideau d'eau continu.

Quelle largeur ? On lit 1 688 mètres, 1 708 mètres ou « plus d'un mille ». Les chiffres varient selon l'endroit où l'on commence et finit la mesure, d'une rive à l'autre et d'une île à l'autre.

Les protéger aujourd'hui

Les chutes sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1989, sous le double nom Mosi-oa-Tunya / chutes Victoria, et protégées par des parcs nationaux des deux côtés du fleuve.

Elles attirent des centaines de milliers de visiteurs, et les activités se multiplient : saut à l'élastique, survols en hélicoptère, rafting. Le danger est un développement touristique incontrôlé, et un projet de barrage en aval pourrait noyer une partie des gorges. En 2019, la pire sécheresse depuis un siècle a réduit les chutes à un mince filet, ce qui a fait craindre les effets du changement climatique. La Zambie et le Zimbabwe dépendent aussi du Zambèze pour leur électricité, produite au barrage de Kariba, en aval.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Mosi-oa-Tunya, le nom africain des chutes Victoria, veut dire « la fumée qui gronde ».
  • Les gorges en zigzag sous les chutes sont d'anciennes positions de la chute, qui recule depuis deux millions d'années.
  • En fin de saison sèche, certaines parties des chutes Victoria sont presque complètement à sec.

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