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Les antibiotiques : des médicaments contre les bactéries, à ne pas gaspiller

Il y a cent ans, une simple coupure infectée pouvait tuer. Les antibiotiques ont changé cela. Mais les bactéries apprennent à leur résister, et chacun peut aider à garder ces médicaments efficaces.

8-12 ans

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L'idée

Un antibiotique est un médicament qui tue les bactéries ou les empêche de se multiplier, sans trop abîmer les cellules de ton corps. Certains attaquent la paroi qui protège la bactérie, d'autres bloquent la fabrication de ses protéines.

Une règle très importante : les antibiotiques n'agissent pas sur les virus. Un rhume, la grippe ou le Covid-19 sont causés par des virus : un antibiotique ne les guérit pas. En revanche, il soigne une angine bactérienne, une pneumonie, une plaie infectée ou la tuberculose, quand un soignant l'a prescrit.

Beaucoup d'antibiotiques ont été trouvés dans la nature : des champignons et des bactéries du sol en fabriquent pour se défendre contre leurs concurrents. Les humains ont appris à les récolter, puis à les produire en grande quantité.

Une image pour comprendre

Imagine une foule d'un milliard de bactéries dans une plaie infectée. Presque toutes sont sensibles à l'antibiotique. Mais par hasard, quelques-unes portent une petite différence qui les protège.

Quand tu prends le traitement, les bactéries sensibles meurent. Les quelques résistantes, elles, survivent et se multiplient. Si l'on donne des antibiotiques sans raison, ou si l'on arrête le traitement n'importe comment, on fait le tri à l'envers : on élimine les faibles et on laisse le champ libre aux plus résistantes. C'est la résistance aux antibiotiques, un exemple de sélection naturelle qui se passe en quelques jours sous nos yeux.

L'histoire de la découverte

Avant. Au début du XXe siècle, les médecins savent que des bactéries causent les infections, mais ils n'ont presque rien pour les tuer à l'intérieur du corps. Une blessure de guerre, un accouchement ou une écorchure qui s'infecte peuvent être mortels.

Les premiers remèdes chimiques. En Allemagne, des chimistes cherchent des substances qui visent les microbes sans tuer le malade. Au début des années 1930, Gerhard Domagk découvre qu'un colorant rouge, le Prontosil, guérit des souris infectées. C'est le début des sulfamides. Il reçoit le prix Nobel de médecine en 1939.

La moisissure de Fleming. En 1928, à Londres, l'Écossais Alexander Fleming étudie des bactéries appelées staphylocoques. En rentrant de vacances, il remarque qu'une de ses boîtes de culture a été envahie par une moisissure, et que tout autour, les bactéries ont disparu. Il appelle la substance produite pénicilline. Mais il n'arrive pas à la purifier en quantité suffisante, et sa découverte reste presque oubliée pendant dix ans.

L'équipe d'Oxford. En 1940, Howard Florey, un Australien, et Ernst Chain, un chimiste né en Allemagne, reprennent le travail avec leur équipe à Oxford. Ils montrent que la pénicilline guérit des souris infectées, puis la testent sur les premiers malades. Le problème est d'en produire assez : pendant la Seconde Guerre mondiale, des usines, surtout aux États-Unis, apprennent à la fabriquer en masse. Fleming, Florey et Chain reçoivent ensemble le prix Nobel de médecine en 1945.

D'autres familles. En 1943, aux États-Unis, l'équipe de Selman Waksman tire d'une bactérie du sol la streptomycine, le premier antibiotique efficace contre la tuberculose : prix Nobel en 1952. En Angleterre, la chimiste Dorothy Hodgkin utilise les rayons X pour trouver la forme exacte de la molécule de pénicilline, ce qui aide à en fabriquer de nouvelles versions. Elle reçoit le prix Nobel de chimie en 1964.

Une mise en garde dès le début. Dès 1945, dans son discours du prix Nobel, Fleming prévient que des bactéries exposées à trop peu de pénicilline peuvent devenir résistantes. Il avait vu juste.

Ce que cela change pour nous

Les antibiotiques ont rendu possibles des choses que nous trouvons normales : guérir une pneumonie, opérer sans que la plaie s'infecte, soigner les grands brûlés, pratiquer des césariennes plus sûres, traiter la tuberculose.

Mais la résistance progresse partout dans le monde. Selon l'OMS, en 2023, environ une infection bactérienne sur six confirmée en laboratoire résistait aux antibiotiques. Les bactéries résistantes ont été associées à plus de 4,7 millions de décès dans le monde en 2021. Et on découvre très peu de nouveaux antibiotiques.

Chacun peut aider, avec des gestes simples :

  • prendre un antibiotique seulement s'il a été prescrit par un médecin ou un soignant ;
  • suivre le traitement exactement comme il a été prescrit, sans le modifier seul ;
  • ne jamais partager ses antibiotiques ni prendre les restes d'un autre traitement ;
  • ne pas en réclamer pour un rhume ou une grippe ;
  • se laver les mains et se faire vacciner, pour éviter les infections au départ.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le premier médicament de la famille des sulfamides, le Prontosil, était au départ un colorant rouge.
  • La streptomycine, premier antibiotique efficace contre la tuberculose, a été tirée d'une bactérie qui vit dans le sol.
  • Dès son discours du prix Nobel en 1945, Alexander Fleming avait prévenu que les bactéries pourraient devenir résistantes à la pénicilline.

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