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Des microbes causent les maladies : la découverte qui a changé la médecine

Pendant des siècles, on a cru que les épidémies venaient du « mauvais air ». Puis des savants ont prouvé que de minuscules êtres vivants passent d'une personne à l'autre. Cette idée a sauvé plus de vies que presque toutes les autres.

8-12 ans

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L'idée

Beaucoup de maladies sont causées par des microbes : des êtres vivants trop petits pour être vus à l'œil nu. Ce sont surtout des bactéries, des virus, des champignons microscopiques et des parasites. Ils entrent dans le corps par la bouche, le nez, une plaie ou une piqûre d'insecte, s'y multiplient, et peuvent passer à d'autres personnes.

Cette idée, les scientifiques l'appellent la théorie des germes. Elle paraît évidente aujourd'hui. Elle ne l'était pas du tout il y a 200 ans. On pensait alors que les maladies venaient de mauvaises odeurs, d'un « air empoisonné » qui montait des marais ou des ordures. Le nom du paludisme en italien, malaria, veut d'ailleurs dire « mauvais air ». On sait aujourd'hui qu'il est transmis par la piqûre d'un moustique.

Attention : la plupart des microbes sont inoffensifs, et beaucoup nous sont même utiles, dans notre intestin ou pour faire le pain et le yaourt. Seule une petite partie rend malade.

Une expérience à faire

Prends deux tranches de pain de mie et deux sachets en plastique qui ferment. Touche la première tranche avec des mains qui n'ont pas été lavées depuis le matin. Lave-toi bien les mains à l'eau et au savon, puis touche la seconde. Ferme les sachets, écris dessus « mains sales » et « mains lavées », et laisse-les quelques jours dans un endroit sombre.

Observe sans ouvrir : des taches de moisissure apparaissent, en général plus vite et en plus grand nombre sur la tranche « mains sales ». Tu viens de rendre visible ce que tes mains transportaient. Jette ensuite les sachets fermés, sans les ouvrir.

L'histoire de la découverte

Le premier à les voir. Dans les années 1670, aux Pays-Bas, un marchand de tissus curieux, Antoni van Leeuwenhoek, fabrique lui-même de minuscules microscopes. Il y observe une goutte d'eau, la plaque de ses dents, et découvre un monde grouillant de « petits animaux ». Il décrit ce qu'il voit dans des lettres envoyées pendant des années à la Royal Society de Londres. Mais personne ne fait encore le lien avec les maladies.

Un médecin qui se lave les mains. En 1847, à Vienne, le médecin hongrois Ignaz Semmelweis remarque que les mères qui accouchent dans le service des médecins meurent beaucoup plus de fièvre que celles du service des sages-femmes. Or les médecins viennent souvent directement de faire des autopsies. Il leur impose de se laver les mains avec une solution au chlore : les décès chutent fortement. Pourtant, beaucoup de ses collègues refusent de l'écouter. Il ne sait pas encore expliquer pourquoi cela marche.

Une pompe à eau. En 1854, une épidémie de choléra frappe un quartier de Londres. Le médecin John Snow marque chaque décès sur une carte et remarque qu'ils se regroupent autour d'une pompe à eau de Broad Street. Il convainc les autorités d'enlever la poignée de la pompe. Il montre ainsi que le choléra passe par l'eau, et non par l'air.

Pasteur et ses ballons. En France, Louis Pasteur prouve dans les années 1860 que les microbes ne naissent pas tout seuls. Il fait bouillir un bouillon dans des ballons de verre au col tordu comme un cou de cygne : l'air entre, mais les poussières et les microbes restent coincés dans le col. Le bouillon reste limpide. S'il casse le col, le bouillon se trouble. Les microbes viennent donc de l'extérieur. Pasteur invente aussi la pasteurisation et des vaccins.

Koch trouve les coupables. En Allemagne, Robert Koch travaille d'abord dans un petit appartement transformé en laboratoire. En 1876, il prouve qu'une bactérie précise cause le charbon, une maladie des troupeaux. En 1882, il découvre la bactérie de la tuberculose, puis en 1883 celle du choléra. Il reçoit le prix Nobel de médecine en 1905.

Ce que cela change pour nous

Cette découverte a tout changé, souvent avec des gestes simples :

  • Se laver les mains à l'eau et au savon, surtout avant de manger et après être allé aux toilettes. L'OMS y consacre chaque année une journée mondiale, le 5 mai.
  • Boire une eau propre, construire des égouts et des latrines, faire bouillir l'eau quand on doute.
  • Stériliser les instruments à l'hôpital, se laver les mains entre deux patients.
  • Fabriquer des vaccins, qui apprennent au corps à reconnaître un microbe, et des antibiotiques, qui tuent les bactéries.

Le choléra, la tuberculose ou le paludisme n'ont pas disparu, en Afrique, en Asie ou ailleurs. Mais on sait désormais contre quoi on se bat.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le mot « malaria », un autre nom du paludisme, vient de l'italien et veut dire « mauvais air » : on croyait que la maladie venait de l'air des marais.
  • Antoni van Leeuwenhoek, le premier à voir des bactéries, n'était pas un savant de métier mais un marchand de tissus qui fabriquait ses microscopes.
  • Robert Koch a fait ses premières grandes découvertes dans un appartement de quatre pièces, avec un microscope offert par sa femme.

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