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Le Vilain Petit Canard : celui qu’on rejetait était un cygne

Un caneton plus gros et plus gris que les autres est moqué par toute la basse-cour. Après un long hiver de solitude, il découvre qu'il est devenu un magnifique cygne. Un conte d'Andersen publié en 1843, que beaucoup lisent comme l'histoire de sa propre vie.

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Le Vilain Petit Canard : celui qu’on rejetait était un cygne

L'histoire

C'est l'été à la campagne. Une cane couve ses œufs. Un à un, les canetons sortent ; le dernier œuf, plus gros, met longtemps à éclore. Il en sort un petit tout gris, grand et maladroit. Dans la basse-cour, tout le monde le trouve laid : les canards le mordent, les poules le piquent, la fille qui donne à manger le repousse du pied. Même ses frères se moquent de lui, et sa mère finit par souhaiter qu'il s'en aille.

Le vilain petit canard s'enfuit. Il traverse les marais, échappe à des chasseurs, se réfugie chez une vieille femme dont le chat et la poule le méprisent parce qu'il ne sait ni ronronner ni pondre. Un soir d'automne, il voit passer de grands oiseaux blancs, magnifiques, qui partent vers les pays chauds, et il ressent pour eux un amour étrange. L'hiver est terrible : il manque de mourir pris dans la glace.

Au printemps, ses ailes sont devenues fortes. Il arrive près d'un jardin où nagent trois de ces grands oiseaux blancs. Il préfère être tué par eux que maltraité encore, et nage vers eux. En baissant la tête, il voit son reflet dans l'eau : il n'est plus un oiseau gris et maladroit, il est un cygne. Les vieux cygnes s'inclinent devant lui, et les enfants s'écrient que le nouveau est le plus beau de tous.

Les mots d'Andersen

La phrase la plus célèbre du conte, dans la traduction de David Soldi (1876) :

Il n'y a pas de mal à être né dans une basse-cour lorsqu'on sort d'un œuf de cygne.

D'où vient ce récit

Hans Christian Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense, au Danemark, dans une famille très pauvre : son père était cordonnier. À quatorze ans, en 1819, il part seul pour Copenhague, la capitale, avec l'espoir de devenir acteur ou chanteur. Après des années difficiles, il devient écrivain. Il publie ses premiers contes pour enfants en 1835, et en écrira plus de cent cinquante. Il meurt à Copenhague le 4 août 1875, célèbre dans toute l'Europe. Contrairement aux frères Grimm, qui recueillaient des contes populaires, Andersen invente la plupart des siens.

Le Vilain Petit Canard paraît le 11 novembre 1843. Ce n'est pas un conte populaire recueilli : c'est une histoire inventée par Andersen. Beaucoup de lecteurs y voient le récit de sa propre vie : l'enfant pauvre et moqué d'Odense, grand et maladroit, devenu un écrivain admiré dans toute l'Europe.

Ce que dit ce récit

Le conte parle du rejet de celui qui est différent. Le caneton n'a rien fait de mal : il est simplement autrement. La basse-cour le juge sur son apparence, sans chercher à le connaître. C'est une histoire qui parle à tous ceux qui ont été moqués à l'école, à cause de leur corps, de leur accent, de leur origine ou de leurs goûts.

Il dit aussi que l'on change en grandissant, et qu'on peut trouver un jour sa place parmi ceux qui nous ressemblent. On peut tout de même discuter la fin : le caneton est accepté parce qu'il devient beau. Un lecteur d'aujourd'hui peut se demander si le respect devrait dépendre de la beauté. La vraie leçon est peut-être pour la basse-cour : il ne faut pas juger trop vite.

Ses cousins dans le monde

Le conte d'Andersen est une création personnelle, mais il rejoint un thème présent partout : le héros méprisé qui se révèle. Cendrillon, rejetée dans les cendres, devient princesse ; dans de nombreux contes d'Afrique, d'Asie et d'Europe, le plus jeune ou le plus faible de la famille, dont on se moque, finit par sauver tout le monde. Le vilain petit canard est devenu une expression en français comme dans beaucoup d'autres langues, pour désigner quelqu'un de mal aimé qui se révèle plus tard.

Pour aller plus loin

  • La Petite Sirène, un autre conte d'Andersen sur celle qui ne trouve pas sa place.
  • Cendrillon, une autre héroïne méprisée qui se révèle.
  • Le Petit Poucet, le plus petit, dont on se moque, qui sauve ses frères.

Le savais-tu ?

  • « Un vilain petit canard » est devenu une expression : on dit cela de quelqu'un que son entourage rejette parce qu'il est différent.
  • Le conte a été publié le 11 novembre 1843, dans un recueil de « Nouveaux contes » d'Andersen.

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