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Le Garçon qui criait au loup : le menteur qu’on ne croit plus

Un jeune berger s'amuse à crier « Au loup ! » pour faire accourir les villageois. Le jour où le loup vient vraiment, plus personne ne le croit. Cette fable d'Ésope a donné une expression que l'on emploie en français comme en anglais.

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Le Garçon qui criait au loup : le menteur qu’on ne croit plus

L'histoire

Un jeune berger garde ses moutons loin du village. Il s'ennuie. Un jour, pour s'amuser, il se met à crier de toutes ses forces : « Au loup ! Au loup ! Le loup attaque mes moutons ! » Les villageois laissent tout tomber et courent l'aider, armés de bâtons. Arrivés là-haut, ils ne trouvent aucun loup, seulement le berger qui rit.

Le garçon trouve la farce si drôle qu'il recommence, deux ou trois fois. Et chaque fois, les villageois accourent pour rien et repartent fâchés.

Un soir, les loups arrivent pour de vrai. Le berger crie, supplie, appelle au secours. Mais au village, on hausse les épaules : « Encore une de ses blagues. » Personne ne vient, et les loups dévorent le troupeau.

Le texte d'Ésope

Ésope n'a pas écrit en vers, et chez lui la fable s'appelle Le Berger mauvais plaisant. Voici sa conclusion dans la traduction d'Émile Chambry (1927) :

Mais à la fin il arriva que des loups se présentèrent réellement. Tandis qu'ils saccageaient le troupeau, le berger appelait au secours les villageois ; mais ceux-ci, s'imaginant qu'il plaisantait comme d'habitude, se soucièrent peu de lui. Il arriva ainsi qu'il perdit ses moutons.

Cette fable montre que les menteurs ne gagnent qu'une chose, c'est de n'être pas crus, même lorsqu'ils disent la vérité.

Dans cette version ancienne, ce sont les moutons qui sont perdus. Certaines versions modernes, plus effrayantes, font manger le berger lui-même : ce n'est pas le cas chez Ésope.

D'où vient ce récit

La fable est attribuée à Ésope, un conteur grec qui aurait vécu au VIe siècle avant notre ère et dont on sait peu de choses. Ses fables, courtes et en prose, ont été recopiées pendant plus de deux mille ans, puis traduites dans toutes les langues d'Europe. Celle-ci n'a pas été mise en vers par La Fontaine, mais elle est devenue l'une des plus connues dans le monde anglophone, sous le titre The Boy Who Cried Wolf.

Ce que dit ce récit

La morale d'Ésope est simple et dure : celui qui ment souvent perd la confiance des autres, et on ne le croit plus le jour où il dit la vérité. La confiance se construit lentement et se perd très vite.

La fable parle aussi des fausses alertes. En français, « crier au loup » veut dire alerter d'un danger, parfois en exagérant. Aujourd'hui, l'idée reste utile : une alarme qui sonne sans raison finit par ne plus être écoutée, et les hôpitaux comme les services de secours cherchent à éviter ces alarmes inutiles. Sur les réseaux sociaux, une personne qui partage souvent de fausses nouvelles finit, elle aussi, par ne plus être crue.

Ses cousins dans le monde

En Chine, l'historien Sima Qian, vers l'an 100 avant notre ère, raconte une histoire étonnamment proche. Le roi You, de la dynastie des Zhou, voulait faire rire sa reine Bao Si, qui ne riait jamais. Il fit allumer les feux d'alarme qui appelaient les seigneurs à défendre la capitale. Les seigneurs accoururent : il n'y avait aucun ennemi, et la reine éclata de rire. Le roi recommença plusieurs fois. Le jour où des ennemis attaquèrent vraiment, en 771 avant notre ère, plus aucun seigneur ne vint, et le roi fut tué. Les historiens d'aujourd'hui doutent que l'épisode soit vrai, mais le récit porte la même leçon que la fable grecque.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • En anglais, « to cry wolf », crier au loup, veut dire donner une fausse alerte : l'expression vient directement de cette fable.
  • Chez Ésope, le berger perd ses moutons, mais il n'est pas mangé : ce sont des versions bien plus récentes qui l'ont rendu plus effrayante.

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