Où, quand, par qui
La Sagrada Família, la « Sainte Famille », se trouve à Barcelone, en Catalogne, dans le nord-est de l'Espagne. C'est une grande église catholique, devenue basilique en 2010.
La première pierre est posée le 19 mars 1882. Le premier projet, dessiné par l'architecte Francisco de Paula del Villar, est une église de style gothique assez classique. Mais dès 1883, un jeune architecte, Antoni Gaudí, reprend le chantier et le transforme complètement. À partir de 1914, il ne travaille plus qu'à la Sagrada Família, jusqu'à sa mort en 1926.
Quand il meurt, une seule des tours est terminée, celle dédiée à saint Barnabé, achevée en 1925. Ses élèves et d'autres architectes poursuivent le travail, génération après génération.
Comment on l'a construite
Un chantier payé par le public. Dès le départ, la basilique a été voulue « par le peuple et pour le peuple ». Elle est financée par des dons et, aujourd'hui, par les billets des visiteurs. La première grande collecte de rue a eu lieu en 1955.
Des façades qui racontent. Gaudí voulait une église qui raconte la Bible en pierre. La façade de la Nativité, commencée en 1891 de son vivant, est consacrée à la naissance de Jésus ; celle de la Passion, commencée en 1954, à sa mort. Les sculptures de cette dernière ont été confiées en 1986 au sculpteur Josep Maria Subirachs.
Des techniques d'aujourd'hui. Jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, on travaillait encore avec des échafaudages en bois. Pour les grandes tours récentes, les architectes ont utilisé des panneaux de pierre et d'acier fabriqués à l'avance, hors du chantier, puis montés étage par étage. Le dernier panneau de la tour centrale a été posé en décembre 2024, à 142,5 mètres.
Ce qu'elle raconte
La Sagrada Família est d'abord un lieu de prière : le pape Benoît XVI l'a consacrée au culte le 7 novembre 2010. Ses tours sont dédiées à des figures chrétiennes : les apôtres, les quatre évangélistes, la Vierge Marie, et, au centre, Jésus-Christ.
Elle raconte aussi l'histoire d'une ville et de ses habitants, qui la financent depuis plus de 140 ans, et le génie d'un architecte dont les bâtiments ont changé l'image de Barcelone.
Ce que l'on sait, ce que l'on raconte
A-t-on construit d'après les plans complets de Gaudí ? Pas exactement. En 1936, pendant la guerre civile espagnole, l'atelier de Gaudí a été saccagé : ses plans et ses photographies ont été brûlés, ses maquettes en plâtre brisées. Les architectes ont continué à partir des morceaux sauvés, des plans publiés et des photos. Une partie de ce qu'on voit aujourd'hui est donc une interprétation de ses idées.
Quelle hauteur pour la tour centrale ? Un document des années 1920 prévoyait une croix culminant à 176 mètres. La tour de Jésus-Christ, achevée à l'extérieur le 20 février 2026 avec la pose du bras supérieur de sa croix, mesure 172,5 mètres : la plus haute tour d'église du monde.
Est-elle finie ? Non. Plus de 140 ans après la première pierre, le chantier continue : les seuls travaux intérieurs de la tour centrale doivent se poursuivre en 2027 et 2028.
La protéger aujourd'hui
En 2005, la façade de la Nativité et la crypte, construites du vivant de Gaudí, ont été inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec d'autres œuvres de l'architecte à Barcelone.
La basilique accueille chaque année des foules de visiteurs, qui financent les travaux mais qui obligent aussi à organiser les visites. Le défi est double : terminer un chantier commencé il y a plus de 140 ans, et protéger les parties anciennes, déjà centenaires.
Pour aller plus loin
- Le christianisme décrit, la religion à laquelle la basilique est consacrée.
- Le prix Pritzker, la grande récompense de l'architecture, pour découvrir des architectes d'aujourd'hui.
- Les lieux et les gestes du sacré, pour comparer églises, temples et mosquées.
Le savais-tu ?
- Gaudí n'a vu terminée qu'une seule tour de la Sagrada Família, celle de saint Barnabé, achevée en 1925.
- Avec 172,5 mètres, la tour de Jésus-Christ, achevée à l'extérieur en février 2026, est la plus haute tour d'église du monde.
- En 1936, les plans et les maquettes de Gaudí ont été en grande partie détruits : on a dû reconstituer ses idées.
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