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La Petite Fille aux allumettes : un conte d’Andersen sur la pauvreté

Le soir du Nouvel An, une petite fille pieds nus essaie de vendre des allumettes dans la neige. Personne n'achète. Pour se réchauffer, elle en craque une, puis une autre, et voit apparaître des visions merveilleuses. Un conte d'Andersen de 1845, triste et inoubliable.

8-12 ans

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La Petite Fille aux allumettes : un conte d’Andersen sur la pauvreté

L'histoire

C'est le dernier soir de l'année. Il fait terriblement froid et il neige. Dans les rues d'une grande ville, une petite fille marche tête nue et pieds nus : elle a perdu en traversant la rue les grandes pantoufles de sa mère. Dans son vieux tablier, elle porte des allumettes. Elle n'en a vendu aucune de la journée, et elle n'ose pas rentrer chez elle, où son père la gronderait et où il fait presque aussi froid que dehors.

Elle s'assoit dans un coin, entre deux maisons. Ses mains sont glacées. Elle craque une allumette : dans la petite flamme, elle croit voir un grand poêle de fer, chaud et brillant. L'allumette s'éteint, le poêle disparaît. Elle en craque une deuxième : elle voit une table servie, avec une oie rôtie. Une troisième : un arbre de Noël couvert de bougies. Les bougies montent dans le ciel et deviennent des étoiles ; l'une d'elles tombe, et la petite fille pense à sa grand-mère, la seule personne qui l'ait aimée, aujourd'hui morte, qui disait qu'une étoile filante annonce qu'une âme monte vers Dieu.

Elle craque une autre allumette, et sa grand-mère lui apparaît, douce et lumineuse. Pour la garder près d'elle, la petite fille craque toutes les allumettes qui lui restent. La grand-mère la prend dans ses bras et l'emporte, très haut, là où il n'y a plus ni froid, ni faim, ni peur.

Au matin, on trouve la petite fille dans son coin, les joues rouges et le sourire aux lèvres : elle est morte de froid pendant la nuit. C'est la fin du conte, qu'Andersen raconte avec beaucoup de douceur.

Les mots d'Andersen

La fin du conte, dans la traduction de David Soldi (1876) :

Le jour de l'an se leva sur le petit cadavre assis là avec les allumettes, dont un paquet avait été presque tout brûlé. « Elle a voulu se chauffer ! » dit quelqu'un. Tout le monde ignora les belles choses qu'elle avait vues, et au milieu de quelle splendeur elle était entrée avec sa vieille grand'mère dans la nouvelle année.

D'où vient ce récit

Hans Christian Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense, au Danemark, dans une famille très pauvre : son père était cordonnier. À quatorze ans, en 1819, il part seul pour Copenhague, la capitale, avec l'espoir de devenir acteur ou chanteur. Après des années difficiles, il devient écrivain. Il publie ses premiers contes pour enfants en 1835, et en écrira plus de cent cinquante. Il meurt à Copenhague le 4 août 1875, célèbre dans toute l'Europe. Contrairement aux frères Grimm, qui recueillaient des contes populaires, Andersen invente la plupart des siens.

La Petite Fille aux allumettes paraît en décembre 1845, dans un almanach danois pour l'année 1846. L'éditeur avait demandé à Andersen d'écrire une histoire pour accompagner une gravure qui montrait une petite marchande d'allumettes. Andersen, qui avait connu la misère dans son enfance, en a fait l'un de ses contes les plus poignants.

Ce que dit ce récit

Ce conte n'a pas de fin heureuse, et c'est voulu : il dénonce la pauvreté des enfants et l'indifférence des passants, qui fêtent le Nouvel An sans voir la petite fille. Au XIXe siècle, en Europe, des milliers d'enfants travaillaient dans les rues des villes pour aider leur famille.

Aujourd'hui encore, partout dans le monde, des enfants vivent ou travaillent dans la rue. La Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, adoptée en 1989, dit que chaque enfant a droit à la protection, à la santé et à l'éducation. Le conte nous pose une question simple : qu'est-ce que je vois, et qu'est-ce que je fais, quand quelqu'un a froid et faim à côté de moi ? Il parle aussi de l'imagination et de l'amour d'une grand-mère, qui réchauffent mieux que le feu.

Ses cousins dans le monde

Ce conte est une création d'Andersen, mais il a été repris et adapté dans le monde entier, au cinéma, en dessin animé, en musique et au théâtre. Il appartient à une famille de récits du XIXe siècle qui ont voulu montrer la misère des enfants pauvres des villes, comme les romans Oliver Twist (1838) de l'Anglais Charles Dickens ou Les Misérables (1862) du Français Victor Hugo, avec la petite Cosette.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Andersen a écrit ce conte à la demande d'un éditeur, pour accompagner une gravure représentant une petite marchande d'allumettes.
  • Dans le conte, la petite fille perd les pantoufles de sa mère, beaucoup trop grandes pour elle, en traversant une rue entre deux voitures.

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