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Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006

Né au Ghana, Kofi Annan a fait presque toute sa carrière aux Nations unies avant d'en devenir le septième secrétaire général, et il a reçu en 2001 le prix Nobel de la paix avec l'organisation. Son nom reste aussi lié aux échecs de l'ONU face aux massacres du Rwanda et de Srebrenica, quand il dirigeait ses opérations de maintien de la paix.

13-18 ans

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Kofi Annan à Genève en 2012, alors envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie.US Mission in Geneva · Domaine public · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Kofi Atta Annan naît le 8 avril 1938 à Kumasi, en Côte-de-l'Or, une colonie britannique qui devient le Ghana en 1957, l'année de ses dix-neuf ans. Dans les langues akan, Kofi est le prénom d'un garçon né un vendredi.

Il étudie l'économie à Kumasi, puis au Macalester College, aux États-Unis, et à Genève, en Suisse. Plus tard, il obtient un master en gestion au MIT, près de Boston. Il meurt le 18 août 2018 à Berne, en Suisse, à quatre-vingts ans.

Son monde est celui de l'après-1945 : l'ONU, créée pour éviter une nouvelle guerre mondiale, voit arriver des dizaines de pays nouvellement indépendants, puis doit trouver sa place après la fin de la guerre froide.

Ce qu'il a accompli

  • Entré à l'ONU en 1962, il est le premier secrétaire général issu de son personnel.
  • En 2000, il fait adopter les objectifs du millénaire pour le développement : pour la première fois, des buts chiffrés et datés contre la pauvreté et la mortalité des enfants.
  • Il joue un rôle central dans la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
  • En 2005, il fait accepter par les États la responsabilité de protéger les populations contre le génocide et les crimes contre l'humanité.
  • Il reçoit en 2001 le prix Nobel de la paix, partagé avec l'ONU elle-même.
  • Après son mandat, il mène en 2008 la médiation qui aboutit à un accord de partage du pouvoir après les violences de l'élection présidentielle au Kenya.

Comment

En commençant en bas de l'échelle. Il entre en 1962 comme fonctionnaire chargé du budget à l'Organisation mondiale de la santé, à Genève. Il passe ensuite par la Commission économique pour l'Afrique à Addis-Abeba, par une force de paix en Égypte, par le Haut-Commissariat pour les réfugiés, puis par les services du personnel et des finances à New York. Il connaît la machine de l'intérieur.

En négociant dans les crises. En 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak, il organise le rapatriement du personnel de l'ONU et de ressortissants étrangers. Devenu secrétaire général, il se rend à Bagdad en 1998 et contribue à éviter une guerre imminente ; il accompagne la même année le retour d'un pouvoir civil au Nigeria et, en 1999, l'indépendance du Timor oriental.

En fixant des objectifs que l'on peut vérifier. En 2000, son rapport Nous, les peuples propose aux dirigeants du monde des buts précis : réduire de moitié l'extrême pauvreté, scolariser tous les enfants, faire reculer le sida. Il dira que ces objectifs sont ce qu'il a accompli de plus important.

En ouvrant l'ONU au-delà des États. Il fait entrer dans le travail de l'organisation les associations, les entreprises et les fondations. Son « Pacte mondial » invite les entreprises à respecter des règles sur l'environnement, le travail et les droits humains. Il fait de la lutte contre le sida sa « priorité personnelle ».

En osant contredire les puissants. En 2004, il déclare à la BBC que l'invasion de l'Irak en 2003 par les États-Unis et leurs alliés n'était pas conforme à la Charte des Nations unies et qu'elle était, de ce point de vue, « illégale ». Des proches du gouvernement américain l'accusent alors d'ingérence.

Avec d'autres. Sa femme, Nane Annan, juriste et peintre suédoise, s'engage sur l'éducation des femmes et le sida. Au Kenya, en 2008, il travaille au sein d'un groupe de personnalités africaines mandaté par l'Union africaine. Et un secrétaire général ne peut rien sans les États membres, qui décident, surtout les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Ce que l'on sait, ce que l'on raconte

On connaît son action par les archives et les rapports de l'ONU, par ses discours, par la presse du monde entier et par ses mémoires, publiés en 2012. Son image publique est celle d'un diplomate calme et patient. Il se décrivait lui-même, à quatre-vingts ans, comme « un optimiste têtu ».

Ce calme a aussi nourri des lectures opposées : pour les uns, une force tranquille ; pour d'autres, une prudence excessive face aux États puissants. Le général canadien Roméo Dallaire, qui commandait les casques bleus au Rwanda, a reproché dans un livre publié en 2003 au siège de l'ONU, et à Annan en particulier, une réaction trop passive face aux signes annonciateurs du génocide.

Zones d'ombre et débats

Le Rwanda, 1994. Quand environ 800 000 personnes, surtout des Tutsi, sont tuées en cent jours, Annan dirige les opérations de maintien de la paix. Le Conseil de sécurité refuse de renforcer la petite force présente sur place, qui est même réduite. Dix ans plus tard, Annan déclare : « Je croyais faire de mon mieux. Mais j'ai compris après le génocide que j'aurais pu et dû faire davantage pour donner l'alerte et mobiliser. »

Srebrenica, 1995. En Bosnie, des milliers d'hommes et de garçons musulmans sont massacrés dans une ville que l'ONU avait déclarée « zone de sécurité ». Ces deux échecs le poussent ensuite à défendre la responsabilité de protéger.

Le programme « pétrole contre nourriture ». Ce programme de l'ONU en Irak a été détourné par de nombreuses entreprises et par certains responsables. Son fils Kojo a été mis en cause ; une enquête indépendante n'a pas trouvé de preuve d'une action illégale de Kofi Annan, mais elle a sévèrement critiqué la gestion de l'organisation. Un journal britannique a présenté ses excuses à Kojo Annan pour une accusation jugée fausse.

Les limites du rôle. En 2012, envoyé spécial pour la Syrie, il démissionne au bout de cinq mois : il dénonce une « mission impossible », faute d'accord entre les grandes puissances au Conseil de sécurité.

Pourquoi on s'en souvient

Le Ghana a décrété une semaine de deuil national à sa mort. Son successeur, António Guterres, a dit qu'« à bien des égards, Kofi Annan était les Nations unies ». La fondation qui porte son nom, à Genève, travaille sur les élections, la jeunesse et la paix. Et les objectifs du millénaire ont ouvert la voie aux objectifs de développement durable que l'ONU s'est fixés en 2015.

Ce qu'on peut en retenir aujourd'hui

  • On peut commencer en bas et arriver en haut. Il a gravi un à un les échelons d'une immense organisation.
  • Un objectif chiffré oblige à rendre des comptes. C'est ce qui a donné de la force aux objectifs du millénaire.
  • Reconnaître une faute grandit. Il a dit publiquement qu'il aurait dû faire davantage pour le Rwanda.
  • Admirer n'oblige pas à tout approuver. On peut saluer le diplomate et garder en mémoire les échecs de son époque.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Kofi Annan est le premier secrétaire général de l'ONU issu du personnel de l'organisation : il y était entré en 1962, à l'OMS, comme fonctionnaire du budget.
  • En 2001, année du centenaire du prix, le comité Nobel a partagé le prix de la paix entre Kofi Annan et les Nations unies elles-mêmes.
  • Kofi Annan parlait couramment l'anglais, le français et plusieurs langues africaines.

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