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Hansel et Gretel : la maison en pain d’épices

Un frère et une sœur perdus dans la forêt découvrent une maison faite de pain et de gâteau. Elle appartient à une sorcière qui veut manger Hansel, mais Gretel est plus maligne qu'elle. Un conte des frères Grimm, cousin du Petit Poucet.

8-12 ans

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Hansel et Gretel : la maison en pain d’épices

L'histoire

Au bord d'une grande forêt vit un pauvre bûcheron avec ses deux enfants, Hansel et Gretel. Une famine arrive. La femme du bûcheron le pousse à abandonner les enfants dans la forêt, car il n'y a plus de pain pour tout le monde. Hansel entend tout. La nuit, il ramasse des cailloux blancs qui brillent au clair de lune et les sème en chemin : les enfants rentrent à la maison. La deuxième fois, il ne peut semer que des miettes de pain, que les oiseaux mangent.

Perdus, affamés, les enfants suivent un bel oiseau blanc jusqu'à une petite maison extraordinaire : les murs sont en pain, le toit en gâteau et les fenêtres en sucre. Ils commencent à grignoter. Une voix demande qui grignote sa maison. « Le vent, le vent, l'enfant du ciel ! » répondent-ils. Une vieille femme sort, les invite, leur donne à manger et des lits blancs. Mais c'est une sorcière qui attire les enfants pour les manger.

Elle enferme Hansel dans une cage pour l'engraisser et fait travailler Gretel. Comme elle a de mauvais yeux, elle tâte chaque jour le doigt de Hansel ; lui tend un petit os, et elle croit qu'il reste maigre. Un jour, elle décide de le cuire quand même et demande à Gretel d'entrer dans le four pour vérifier s'il est chaud. Gretel fait semblant de ne pas savoir comment faire ; la sorcière se penche pour lui montrer, et Gretel la pousse dans le four et ferme la porte. Le conte dit que la sorcière y périt ; on ne s'y attarde pas. Les enfants trouvent des perles et des pierres précieuses, traversent une rivière sur le dos d'un canard blanc et retrouvent leur père, qui n'avait plus eu un seul jour heureux depuis leur départ. La femme qui les avait fait abandonner est morte, et la misère est finie.

Les mots des Grimm

La petite chanson de la sorcière et la réponse des enfants, en allemand de 1857 :

„knuper, knuper, kneischen, wer knupert an meinem Häuschen?“
„der Wind, der Wind, das himmlische Kind,“

Traduction de la rédaction : « Qui grignote, grignote ma maisonnette ? » « Le vent, le vent, l'enfant du ciel. » La formule allemande joue sur les sons et ne se traduit pas mot à mot.

D'où vient ce récit

Jacob (1785-1863) et Wilhelm Grimm (1786-1859) étaient deux frères allemands, savants de la langue et des traditions. Ils voulaient sauver les récits populaires avant qu'ils ne disparaissent. En 1812, ils publient le premier tome de leurs Contes de l'enfance et du foyer (Kinder- und Hausmärchen), puis un second en 1815. Ils les ont réédités sept fois, en les retouchant, jusqu'à l'édition de 1857, qui compte deux cents contes. Beaucoup leur avaient été racontés par des femmes de la région de Kassel, comme la conteuse Dorothea Viehmann.

Dans la première édition de 1812, celle qui fait abandonner les enfants est leur propre mère. Dans les éditions suivantes, Wilhelm Grimm l'a remplacée par une belle-mère, sans doute pour rendre le conte moins dur pour les familles qui le lisaient.

En 1893, le compositeur allemand Engelbert Humperdinck en a tiré un opéra, Hänsel und Gretel, souvent joué à l'époque de Noël.

Ce que dit ce récit

Le conte parle de peurs très profondes : avoir faim, être abandonné, être dévoré. Il les raconte pour que les enfants puissent les regarder en face, puis les dépasser. Il montre aussi deux enfants qui s'en sortent ensemble : Hansel réfléchit au début, Gretel trouve le courage à la fin. C'est elle, la petite sœur, qui sauve son frère.

Enfin, il met en garde contre ce qui paraît trop beau : une maison en gâteau, une vieille dame trop gentille. Aujourd'hui, on pourrait penser à une publicité ou à un site qui promet des cadeaux gratuits pour attirer.

Ses cousins dans le monde

  • En France, Le Petit Poucet de Perrault : des enfants abandonnés, des cailloux semés, un ogre trompé.
  • En Italie, Ninnillo et Nennella, de Basile, en 1634.
  • En République tchèque, la Maison en pain d'épices notée par l'écrivaine Božena Němcová ; en Russie, des enfants qui échappent à la sorcière Baba Yaga.
  • En Jamaïque et aux Philippines, des contes d'enfants qui échappent à une sorcière par la ruse.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Dans la première édition de 1812, c'était la propre mère des enfants qui voulait les abandonner ; elle est devenue une belle-mère dans les éditions suivantes.
  • Les exemplaires de travail des frères Grimm, couverts de leurs corrections à la main, sont inscrits depuis 2005 au registre « Mémoire du monde » de l'UNESCO.

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