L'histoire
Dans la capitale d'un royaume de Chine vit Aladin, le fils d'un pauvre tailleur, un garçon paresseux qui passe ses journées à jouer dans les rues. Un jour, un étranger se présente : il dit être son oncle, revenu de voyage. En réalité, c'est un magicien venu d'Afrique du Nord, qui a besoin d'un garçon pour aller chercher un trésor dans un souterrain où lui-même ne peut pas entrer.
Le magicien conduit Aladin hors de la ville, ouvre la terre par magie et l'envoie chercher une vieille lampe au fond d'une caverne remplie de fruits de pierres précieuses. Il lui prête un anneau. Mais quand Aladin refuse de donner la lampe avant d'être sorti, le magicien, furieux, referme le souterrain sur lui. En se tordant les mains, Aladin frotte l'anneau : un génie apparaît et le ramène chez lui. Plus tard, sa mère veut nettoyer la vieille lampe pour la vendre. Elle la frotte… et un génie bien plus puissant surgit : « Que veux-tu ? Me voici prêt à t'obéir, comme ton esclave… »
Grâce au génie de la lampe, Aladin devient riche, épouse la fille du sultan, la princesse Badroulboudour, et fait bâtir un palais merveilleux en une nuit. Mais le magicien revient. Déguisé en marchand, il crie devant le palais : « Qui veut changer de vieilles lampes pour des neuves ? » La princesse, qui ne connaît pas le secret, lui donne la vieille lampe. Le magicien ordonne au génie d'emporter le palais et la princesse en Afrique. Aladin, grâce au génie de l'anneau, les retrouve, reprend la lampe, ramène le palais et vit heureux avec la princesse.
Les mots de Galland
Le début du conte, dans la traduction d'Antoine Galland (1806) :
Sire, dans la capitale d'un royaume de la Chine, très-riche et d'une vaste étendue, dont le nom ne me vient pas présentement à la mémoire, il y avoit un tailleur nommé Mustafa, sans autre distinction que celle que sa profession lui donnoit.
« Sire » : c'est Shéhérazade qui s'adresse au sultan.
D'où vient ce récit
Les Mille et Une Nuits sont un immense recueil de contes en arabe, formé pendant des siècles à partir de récits venus de Perse, d'Inde, d'Irak et d'Égypte. Un livre persan perdu, les Mille Contes, en serait l'ancêtre. Le plus ancien manuscrit arabe assez complet, conservé à la Bibliothèque nationale de France, date du XVe siècle. C'est à partir de lui que le savant français Antoine Galland (1646-1715) publie, de 1704 à 1717, la première traduction en Europe, en douze volumes. Le succès est immense, et les contes sont traduits ensuite dans toutes les langues.
Mais Aladin n'est dans aucun manuscrit arabe ancien connu. En 1709, à Paris, Galland rencontre Hanna Diyab, un jeune voyageur chrétien d'Alep, en Syrie, qui lui raconte plusieurs contes. Galland en note le résumé dans son journal et les récrit en français. Aladin et Ali Baba sont ainsi nés de la rencontre entre un conteur syrien et un traducteur français.
Ce que dit ce récit
Le conte parle de la chance et de ce qu'on en fait. Aladin commence paresseux et naïf ; il devient généreux, prudent et courageux. La lampe ne suffit pas : il doit apprendre à s'en servir avec sagesse.
Il parle aussi de la valeur cachée des choses : une vieille lampe sans éclat vaut plus que toutes les lampes neuves. Et il montre la convoitise du magicien, prêt à tout pour un pouvoir qu'il ne mérite pas. En 1992, le film d'animation de Disney Aladdin a rendu le génie célèbre dans le monde entier, en déplaçant l'histoire dans une ville arabe imaginaire.
Ses cousins dans le monde
- Au Danemark, le tout premier conte publié par Andersen, Le Briquet (1835), raconte un soldat qui, envoyé par une sorcière dans un arbre creux, en rapporte un briquet magique : en le battant, il fait apparaître des chiens géants qui exaucent ses vœux.
- En Allemagne, La Lumière bleue des frères Grimm met en scène un soldat qui trouve au fond d'un puits une lumière magique qui fait apparaître un petit homme à son service.
- Partout, des contes d'objet magique volé puis retrouvé : une bague, une pierre, une lampe, que le héros doit récupérer par la ruse.
Pour aller plus loin
- Shéhérazade et Les Mille et Une Nuits, l'histoire du recueil.
- Ali Baba et les quarante voleurs, l'autre conte raconté par Hanna Diyab.
- Sinbad le marin, un autre héros des Nuits.
Le savais-tu ?
- Dans le texte de Galland, l'histoire d'Aladin ne se passe pas dans un pays arabe mais « dans la capitale d'un royaume de la Chine ».
- Il y a deux génies dans le conte : celui de l'anneau, et celui de la lampe, plus puissant.
- Galland a entendu ce conte en 1709 à Paris, raconté par Hanna Diyab, un jeune voyageur venu d'Alep.
Teste ce que tu viens de lire
Chaque réponse est expliquée, juste ou fausse. C’est là qu’on apprend le plus.
À lire ensuite
Contes, fables et légendes : les histoires que le monde se raconte
Partout sur la Terre, des adultes racontent des histoires aux enfants, le soir, à la veillée ou avant de dormir. Certaines ont fait le tour du monde : on retrouve Cendrillon en Chine et en Égypte, et le lièvre trop sûr de lui au Cameroun comme en Grèce.
8-12 ans
Le Lièvre et la Tortue : rien ne sert de courir
Un lièvre, l'animal le plus rapide de la campagne, perd une course contre une tortue. Cette fable d'Ésope, mise en vers par La Fontaine, est connue dans le monde entier, et l'Afrique, l'Asie et les Amériques en ont leurs propres versions.
8-12 ans
La Cigale et la Fourmi : chanter l’été, avoir faim l’hiver
La cigale a chanté tout l'été ; l'hiver venu, elle n'a rien à manger et va demander de l'aide à la fourmi, qui refuse. C'est la première fable du premier livre de La Fontaine, reprise d'Ésope, et l'une des plus discutées : la fourmi a-t-elle raison ?
8-12 ans
Le Corbeau et le Renard : gare aux flatteurs
Un renard fait tomber le fromage d'un corbeau en lui faisant des compliments. C'est sans doute la fable la plus récitée dans les écoles de langue française, de Kinshasa à Montréal, et elle est bien plus ancienne que La Fontaine.
8-12 ans
Le Garçon qui criait au loup : le menteur qu’on ne croit plus
Un jeune berger s'amuse à crier « Au loup ! » pour faire accourir les villageois. Le jour où le loup vient vraiment, plus personne ne le croit. Cette fable d'Ésope a donné une expression que l'on emploie en français comme en anglais.
8-12 ans
Le Laboureur et ses enfants : le trésor caché dans le champ
Avant de mourir, un vieux paysan dit à ses fils qu'un trésor est caché dans leur champ. Ils retournent toute la terre et ne trouvent pas d'or, mais leur récolte est la plus belle de toutes. La Fontaine a fait de cette fable d'Ésope un éloge du travail.
8-12 ans