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Wilma Rudolph, de la polio à trois médailles d’or olympiques

Enfant, l'Américaine Wilma Rudolph a eu la polio et a porté pendant des années un appareil à la jambe. Aux Jeux de Rome, en 1960, elle devient la première Américaine à gagner trois médailles d'or d'athlétisme aux mêmes Jeux.

8-12 ans

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Wilma Rudolph à l’aéroport de Schiphol (Pays-Bas) en septembre 1960, juste après ses trois titres olympiques à Rome.Lindeboom, Henk / Anefo · CC BY-SA 3.0 nl · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Wilma Glodean Rudolph naît le 23 juin 1940 à Saint Bethlehem, près de Clarksville, dans l'État du Tennessee, aux États-Unis. Elle naît avant terme et ne pèse qu'environ deux kilos. Son père a vingt-deux enfants : elle est la vingtième. Clarksville vit alors sous la ségrégation, qui sépare les Noirs et les Blancs : les familles noires habitent un quartier à part et doivent s'asseoir au fond des bus.

Toute petite, elle attrape la poliomyélite, ou polio. C'est une maladie causée par un virus qui attaque les nerfs et peut paralyser, le plus souvent les jambes. Elle touche surtout les jeunes enfants. On ne sait pas la guérir, mais un vaccin permet aujourd'hui de s'en protéger.

Son sport, l'athlétisme, réunit des courses, des sauts et des lancers. Wilma devient une spécialiste du sprint, les courses les plus courtes, courues à pleine vitesse. Elle meurt le 12 novembre 1994, à cinquante-quatre ans.

Ses exploits

  • Jeux de Melbourne, 1956 : à seize ans, médaille de bronze au relais 4 x 100 mètres (quatre coureuses qui se passent un bâton).
  • Jeux de Rome, 1960 : trois médailles d'or, au 100 mètres, au 200 mètres et au relais 4 x 100 mètres. C'est la première Américaine à gagner trois titres d'athlétisme aux mêmes Jeux.
  • Record du monde du 200 mètres en 1960 (22,9 secondes), battu depuis.
  • En 1961, elle reçoit le prix James E. Sullivan, une grande récompense du sport amateur américain.
Wilma Rudolph franchit la ligne d’arrivée d’une course de 50 yards au Madison Square Garden de New York, en 1961.New York World-Telegram and the Sun Newspaper Photograph Collection. · Domaine public · Wikimedia Commons

Comment

Grâce à sa famille. Un médecin lui dit qu'elle ne marchera plus jamais. Elle a raconté, dans une phrase restée célèbre (traduite de l'anglais) : « Mon médecin m'a dit que je ne marcherais plus jamais. Ma mère m'a dit que si. J'ai cru ma mère. » Pendant deux ans, sa mère l'emmène deux fois par semaine dans un hôpital de Nashville, à près de quatre-vingts kilomètres, toujours assise au fond du bus, la place imposée aux Noirs. Elle apprend à masser la jambe malade, et l'apprend aux frères et sœurs de Wilma : quatre massages par jour. Vers onze ans, Wilma marche enfin normalement, sans aide.

Par le basket. Au lycée, elle joue au basket et devient une très bonne marqueuse. Son entraîneur la surnomme « Skeeter », le moustique, parce qu'elle est petite, rapide et toujours dans ses jambes. En 1955, un entraîneur d'athlétisme, Ed Temple, de l'université d'État du Tennessee, la voit arbitrer un match de basket et l'invite à son stage d'été.

Avec un entraîneur exigeant. Temple impose une règle : un tour de piste par minute de retard à l'entraînement. Wilma a dû un jour en courir trente.

Avec un rêve plus grand. De retour de Melbourne, elle fait passer sa médaille de bronze entre les mains de ses camarades. Elle constate en la récupérant que le bronze ne brille pas, et décide d'aller chercher l'or.

Un moment légendaire

Rome, 1960. La veille de sa première course, Wilma met le pied dans un trou en trottinant sur le terrain d'entraînement et se tord la cheville. Avec de la glace et un bandage, elle gagne pourtant ses séries.

En finale du 100 mètres, elle démarre lentement, comme toujours : elle est grande, et ses premiers mètres sont sa faiblesse. Puis elle allonge la foulée et gagne avec environ trois mètres d'avance. Le vent souffle trop fort dans son dos pour que son temps compte comme record. Dans le stade, la foule scande « Vilma ! Vilma ! ».

Au relais, elle manque de faire tomber le bâton, le rattrape et gagne de justesse. Les Italiens la surnomment « la gazelle noire », les Français « la perle noire ».

Pourquoi c'est une légende

Parce qu'elle a montré qu'une enfant qu'on disait condamnée à ne pas marcher pouvait devenir la femme la plus rapide du monde.

Et parce qu'elle s'est servie de sa gloire. En octobre 1960, sa ville de Clarksville prépare un défilé et un banquet pour son retour. Elle exige que Noirs et Blancs y soient réunis, sinon elle n'ira pas. Ce sont les premières fêtes publiques ouvertes à tous, sans séparation, de l'histoire de la ville. Plus tard, elle devient enseignante et crée une fondation pour aider les enfants en difficulté.

Ce qu'on peut en retenir

  • Un diagnostic n'est pas un destin : la patience de toute une famille l'a remise debout.
  • Un autre sport peut mener au sien : c'est le basket qui l'a fait repérer.
  • La discipline compte autant que le talent, même pour les plus douées.
  • La célébrité peut servir une cause : elle a refusé une fête qui séparait les Noirs et les Blancs.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Au lycée, Wilma Rudolph a marqué 49 points dans un seul match de basket, un record de l'État du Tennessee.
  • Après sa première médaille d'or à Rome, elle a salué la foule avec un grand chapeau de paille et de rubans, et elle a recommencé après chacune de ses victoires.
  • Enfant, elle a fait plus de deux cents fois le trajet en bus jusqu'à l'hôpital, assise au fond, la place réservée aux Noirs.

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