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Simone Biles, la gymnaste qui a donné son nom à cinq figures

Avec 41 médailles aux championnats du monde et aux Jeux olympiques (en septembre 2026), l'Américaine Simone Biles est la gymnaste la plus titrée de l'histoire, et cinq figures portent son nom. En 2021, à Tokyo, elle s'est retirée de plusieurs finales pour protéger sa santé mentale, avant de revenir et de gagner trois nouvelles médailles d'or olympiques à Paris en 2024.

13-18 ans

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Simone Biles aux championnats des États-Unis, en juin 2024.Ocoudis · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Simone Biles naît le 14 mars 1997 à Columbus, dans l'Ohio, aux États-Unis. À trois ans, elle part vivre à Spring, au Texas, chez ses grands-parents, Ron et Nellie Biles, qui l'adoptent officiellement quand elle a six ans. Elle mesure 1,42 mètre, ce qui fait d'elle l'une des plus petites gymnastes de l'équipe américaine.

Son sport est la gymnastique artistique : sur quatre agrès (le saut, les barres asymétriques, la poutre et le sol), les gymnastes enchaînent des sauts, des saltos (des tours complets du corps en l'air, d'avant en arrière ou l'inverse) et des vrilles (des rotations autour de l'axe du corps). Les juges notent la difficulté et la qualité d'exécution.

Ses exploits

Chiffres vérifiés en septembre 2026 :

  • Aux Jeux olympiques : 11 médailles, dont 7 en or, gagnées à Rio de Janeiro (2016), Tokyo (2021) et Paris (2024).
  • Aux championnats du monde : 30 médailles, dont 23 en or, entre 2013 et 2023.
  • Ces 41 médailles font d'elle la gymnaste la plus titrée de l'histoire, femmes et hommes confondus.
  • Cinq figures portent son nom dans le règlement international, deux au saut, une à la poutre et deux au sol, dont le « triple-double », un double salto avec trois vrilles.
  • Huit titres de championne des États-Unis du concours général, un record vieux de 90 ans battu en 2023.
Simone Biles aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, le 9 août 2016, le jour où son équipe remporte l’or.Agência Brasil Fotografias · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Comment

En commençant par hasard. À six ans, lors d'une sortie de sa garderie dans une salle de gymnastique de Houston, elle essaie les agrès. Un entraîneur de la salle la remarque et l'encourage à s'inscrire. En 2012, elle quitte l'école ordinaire pour suivre les cours à la maison, afin de pouvoir s'entraîner davantage.

En inventant. Pour qu'une figure prenne le nom d'une gymnaste, il faut qu'elle soit la première à la réussir dans une grande compétition internationale, comme les championnats du monde ou les Jeux. Simone Biles l'a fait cinq fois, de 2013 à 2023.

En osant dire stop. Aux Jeux de Tokyo, en juillet 2021, elle souffre des « twisties » : une perte de repères dans les airs, qui fait qu'une gymnaste ne sait plus où elle se trouve pendant ses rotations. Elle explique qu'elle ne distingue « littéralement plus le haut du bas » (traduit de l'anglais) et qu'elle ne veut pas risquer de se blesser. Elle se retire de la finale par équipes après le saut ; au total, elle renonce à cinq de ses six finales.

En prenant le temps. Elle s'arrête ensuite deux ans pour prendre soin de sa santé mentale. Elle revient en août 2023, gagne un huitième titre national, puis, quelques semaines plus tard, un sixième titre mondial au concours général.

Un moment légendaire

Tokyo, 27 juillet 2021, finale olympique par équipes. Simone Biles s'élance au saut. Elle prévoit deux vrilles et demie, mais se perd dans les airs et n'en fait qu'une et demie : c'est la note la plus basse de sa carrière olympique au saut. Elle quitte la salle, puis revient en survêtement pour encourager ses coéquipières, qui terminent deuxièmes.

Devant les journalistes, elle explique : « Nous ne sommes pas seulement des athlètes. Nous sommes des personnes, au bout du compte, et parfois il faut savoir prendre du recul » (traduit de l'anglais).

Une semaine plus tard, elle revient pour la finale de la poutre, avec une sortie différente : à la poutre, explique-t-elle, elle n'a pas besoin de vriller, et le risque est moindre. Elle gagne le bronze. Elle dira que cette médaille compte plus pour elle que toutes ses médailles d'or.

Pourquoi c'est une légende

Parce qu'elle a repoussé les limites de son sport : cinq figures nouvelles portent son nom, et elle a gagné six titres mondiaux au concours général, de 2013 à 2023.

Parce qu'elle a montré qu'on peut revenir. Le 1er août 2024, à Paris, huit ans après son premier titre, elle redevient championne olympique du concours général, à 27 ans. Elle est la première gymnaste à gagner ce titre lors de deux Jeux non consécutifs. « Il y a trois ans, je pensais que je ne remettrais plus jamais les pieds sur un praticable », dit-elle (traduit de l'anglais). À Paris, elle gagne aussi l'or par équipes et au saut, et l'argent au sol.

Parce que sa parole a compté. En 2021, en choisissant sa santé plutôt qu'une médaille devant le monde entier, elle a mis en lumière l'importance de la santé mentale des sportifs. En 2022, elle reçoit la médaille présidentielle de la Liberté, remise par le président des États-Unis.

Elle fait aussi partie des gymnastes qui ont témoigné, notamment devant le Sénat américain en 2021, des abus commis par l'ancien médecin de l'équipe nationale, Larry Nassar ; condamné, il purge une peine qui équivaut à la prison à vie.

Ce qu'on peut en retenir

  • Être le meilleur n'oblige pas à tout supporter : savoir s'arrêter est parfois la décision la plus courageuse.
  • La santé mentale fait partie de la santé, pour un champion comme pour n'importe qui.
  • Une pause n'est pas une fin : elle est revenue plus forte deux ans plus tard.
  • Inventer demande d'oser ce que personne n'a encore réussi, et d'accepter le risque de rater.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Simone Biles a découvert la gymnastique à six ans, lors d'une simple sortie de sa garderie.
  • Pour qu'une figure porte le nom d'une gymnaste, elle doit être la première à la réussir en grande compétition. Cinq figures portent le nom de Simone Biles.
  • Elle dit que sa médaille de bronze à la poutre, gagnée à Tokyo après ses retraits, compte plus pour elle que toutes ses médailles d'or.

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