Deux façons de recueillir le sang
Il existe deux grandes familles de protections :
- celles qui absorbent le sang à l'extérieur du corps : les serviettes, jetables ou lavables, les tissus et les culottes menstruelles ;
- celles qui le recueillent à l'intérieur du vagin : les tampons et les coupes menstruelles.
Toutes peuvent être utilisées dès les premières règles. Pour commencer, les serviettes sont souvent les plus simples. Le choix est personnel : certaines filles ne sont pas à l'aise avec une protection qu'on insère, et c'est leur droit.
Les serviettes jetables
- Elles se collent dans la culotte grâce à une bande adhésive. Il en existe de plusieurs tailles et épaisseurs, selon l'abondance des règles ; les protège-slips, plus fins, servent pour les jours très légers.
- On les change au moins toutes les 4 à 8 heures, et plus souvent si elles sont pleines ou mouillées.
- Les serviettes parfumées peuvent irriter la peau : mieux vaut les éviter.
- Une serviette usagée s'enroule dans du papier ou un sachet, puis se jette dans une poubelle ou une latrine. Jamais dans des toilettes à chasse d'eau, ni dans une rivière, ni dans la brousse sans l'enterrer.
Les serviettes lavables et les tissus
Les serviettes lavables et les tissus de coton propres, comme un morceau de pagne plié, sont de vraies protections, économiques et réutilisables. Ce qui compte, c'est leur entretien :
- Changer de serviette ou de tissu plusieurs fois par jour.
- Laver après chaque usage, séparément des autres vêtements, avec de l'eau et du savon.
- Sécher complètement, de préférence au soleil : la chaleur et la lumière aident à tuer les microbes. Un tissu qui reste humide dans un coin sombre peut favoriser les infections.
- À la fin des règles, laver encore, si possible faire bouillir, sécher et ranger au propre et au sec.
- Ne pas les prêter, et les remplacer quand ils sont usés.
Faire sécher ses serviettes au soleil n'a rien de honteux. On peut en parler avec sa mère ou une grande sœur pour choisir un endroit à la fois propre, ensoleillé et discret.
Les culottes menstruelles
Ce sont des culottes dont le fond absorbe le sang. Selon leur modèle et l'abondance des règles, on peut les porter jusqu'à une journée, en les changeant toutes les 8 à 12 heures environ. Elles se rincent à l'eau froide, puis se lavent en suivant l'étiquette.
Les tampons
- Un tampon est un petit cylindre de coton qu'on place dans le vagin, avec ou sans applicateur, en suivant la notice de la boîte. Bien placé, on ne le sent pas.
- Un cordon reste à l'extérieur : il sert à le retirer. Un tampon ne peut pas se perdre dans le corps.
- On choisit l'absorption la plus faible qui convient à son flux.
- On le change au moins toutes les 4 à 8 heures, et on ne le garde jamais plus de 8 heures, à cause du risque de choc toxique (voir plus bas).
La coupe menstruelle
- C'est une petite coupe souple, le plus souvent en silicone, qu'on place dans le vagin. Elle recueille le sang au lieu de l'absorber.
- On la vide toutes les 8 à 12 heures, on la rince, puis on la remet.
- Elle se réutilise pendant longtemps, mais demande de l'eau propre pour se laver les mains et la rincer, et on la stérilise, par exemple en la faisant bouillir, entre deux règles.
Le choc toxique : rare, mais à connaître
Le syndrome du choc toxique est une infection rare mais grave, qui peut survenir avec un tampon ou une coupe gardés trop longtemps. Ses signes apparaissent vite : forte fièvre, frissons, vomissements ou diarrhée, plaques rouges sur la peau, vertiges ou confusion.
Si ces signes apparaissent pendant les règles : retirer le tampon ou la coupe, et aller tout de suite dans un centre de santé ou à l'hôpital en disant qu'on en utilisait un.
Pour l'éviter : se laver les mains, suivre la notice, et ne jamais garder une protection interne plus longtemps que prévu.
L'hygiène pendant les règles
- Se laver les mains avant et après avoir changé de protection.
- Laver la vulve chaque jour, et davantage si besoin, à l'eau et au savon doux sans parfum, puis bien sécher.
- Ne pas laver l'intérieur du vagin, et éviter les produits parfumés ou antiseptiques.
- Changer de culotte chaque jour, et dès qu'elle est tachée.
La réalité en RDC
En 2018, l'UNICEF et deux ministères congolais ont interrogé des filles de 10 à 17 ans dans plusieurs provinces. Dans les zones étudiées, une fille sur deux (51,2 %) utilisait le plus souvent un morceau de vêtement déchiré, et moins d'une sur trois (30,8 %) une serviette jetable, alors que 58,8 % auraient préféré une serviette. À Kinshasa, près d'une fille sur trois disait qu'il était difficile de se laver ou de se changer à l'école.
Le prix des serviettes jetables, le manque d'eau et de latrines fermées à l'école compliquent la vie de beaucoup de filles. Les serviettes lavables, distribuées par exemple par le Fonds des Nations unies pour la population dans l'est du pays, sont une solution économique. Un tissu de coton propre, bien lavé et bien séché, protège aussi correctement.
Utiliser un tissu n'a donc rien de honteux. L'Organisation mondiale de la santé le rappelle : avoir accès à des protections, à de l'eau et à des toilettes, c'est une question de santé et de dignité, pas de richesse ni de propreté personnelle. Et les écoles doivent offrir de l'eau et des toilettes propres et fermées aux filles.
Pour aller plus loin
- Les premières règles, et la petite trousse à préparer.
- Règles : les idées reçues et la dignité.
- L'eau et les maladies, pourquoi l'eau propre compte autant.
Le savais-tu ?
- En 2025, à Sake, dans l'est de la RDC, plus de cent adolescentes déplacées ont reçu des kits avec des serviettes lavables, du savon, des culottes et un collier pour suivre leur cycle.
- Un tampon ne doit jamais rester plus de 8 heures : au-delà, le risque d'une infection rare mais grave, le syndrome du choc toxique, augmente.
- Sécher ses serviettes lavables au soleil est un bon geste d'hygiène : la chaleur et la lumière aident à tuer les microbes.
Teste ce que tu viens de lire
Chaque réponse est expliquée, juste ou fausse. C’est là qu’on apprend le plus.
À lire ensuite
Le corps qui change à la puberté
Vers 8 à 13 ans, le corps d'une fille commence à se transformer : la poitrine pousse, des poils apparaissent, la taille s'allonge, puis viennent les premières règles. Tout cela suit un ordre assez régulier, mais chacune avance à son propre rythme.
8-12 ans
Les organes génitaux féminins, avec les mots justes
Ovaires, trompes, utérus, col, vagin, vulve : chaque partie du corps a un nom précis, comme le cœur ou les poumons. Les connaître n'a rien de honteux ; c'est ce qui permet de comprendre les règles, de prendre soin de soi et d'expliquer clairement à un soignant ce qui ne va pas.
8-12 ans
Les premières règles : s’y préparer sans peur
Les premières règles arrivent le plus souvent vers 12 ans, parfois plus tôt, parfois plus tard. Savoir à quoi elles ressemblent et avoir une petite trousse prête dans son sac change tout : on n'est plus prise par surprise.
8-12 ans
Le cycle menstruel : quatre étapes, quatre hormones
Les règles ne sont qu'un moment d'un cycle qui dure en moyenne quatre semaines. Le cerveau et les ovaires s'y envoient des messages chimiques, quatre hormones surtout, qui préparent chaque mois le corps à une grossesse possible, puis remettent tout à zéro.
13-18 ans
Savoir calculer son cycle
Compter ses cycles, c'est savoir à peu près quand reviendront les règles, ne plus être prise par surprise, et repérer ce qui mérite d'en parler à un soignant. Il suffit d'un calendrier, d'un crayon et de quelques additions.
8-12 ans
Les douleurs de règles : ce qui est normal, ce qui soulage
Avoir mal au ventre au début des règles est fréquent, et le plus souvent la douleur reste supportable. Chaleur, mouvement et repos soulagent souvent. Mais une douleur qui empêche d'aller à l'école n'est pas « normale » : elle se montre à un soignant.
8-12 ans