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Neil Armstrong et Apollo 11, les premiers pas sur la Lune

Le 20 juillet 1969, le module lunaire d'Apollo 11 se pose sur la Lune, et quelques heures plus tard l'Américain Neil Armstrong devient le premier être humain à y marcher. Il a fallu pour cela des années de travail de milliers de personnes, des essais ratés, un accident mortel, et un pilote capable de garder son calme quand tout se complique.

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Buzz Aldrin sur la Lune, le 20 juillet 1969, photographié par Neil Armstrong ; derrière lui, le module lunaire Eagle.NASA Neil A. Armstrong · Domaine public · Wikimedia Commons

Un garçon fou d'avions

Neil Armstrong naît le 5 août 1930 dans une ferme près de Wapakoneta, dans l'Ohio, aux États-Unis. Tout petit, il se passionne pour les avions. Il construit des maquettes de plus en plus perfectionnées, et même, au lycée, une petite soufflerie dans la cave de ses parents : un tunnel où l'on souffle de l'air pour tester ses modèles.

À quinze ans, il travaille dans des magasins pour payer ses leçons de pilotage. Le jour de ses seize ans, il obtient son permis d'élève pilote, avant même son permis de conduire.

Il étudie l'ingénierie aéronautique grâce à une bourse de la marine américaine. Ses études sont interrompues par la guerre de Corée, où il effectue 78 missions de combat comme pilote ; lors de l'une d'elles, son avion endommagé l'oblige à sauter en parachute. Il termine son diplôme en 1955, puis devient pilote d'essai : il teste plus de deux cents types d'avions, dont l'avion-fusée X-15.

Neil Armstrong en juillet 1969, photographié par la NASA avant le départ.Auteur inconnu · Domaine public · Wikimedia Commons

Le défi de la Lune

À cette époque, les États-Unis et l'Union soviétique se livrent une course dans l'espace, en pleine guerre froide. Les Soviétiques mènent : premier satellite en 1957, premier homme dans l'espace en 1961 (voir Youri Gagarine et Valentina Terechkova). Le 25 mai 1961, le président américain John F. Kennedy fixe un but : poser un homme sur la Lune et le ramener sur Terre avant la fin des années 1960.

En 1962, Armstrong est choisi comme astronaute par la NASA, l'agence spatiale américaine.

Des échecs sur la route

  • Gemini 8, 1966. Armstrong réussit le premier amarrage de deux engins dans l'espace. Puis un petit moteur défectueux fait tourner le vaisseau de plus en plus vite. Armstrong garde son calme, reprend le contrôle et ramène l'équipage sain et sauf.
  • Apollo 1, 1967. Le 27 janvier 1967, pendant un test au sol, un incendie se déclare dans la capsule. Trois astronautes, Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee, meurent. Le programme est revu en profondeur avant de reprendre.

Le voyage d'Apollo 11

Le 16 juillet 1969, une fusée géante, Saturn V, décolle de Floride. À bord : Neil Armstrong, le commandant, Edwin « Buzz » Aldrin et Michael Collins. Arrivés près de la Lune, Armstrong et Aldrin passent dans le module lunaire, baptisé Eagle (« l'Aigle »). Collins reste en orbite autour de la Lune, seul, dans le vaisseau Columbia, pour les attendre.

Le décollage de la fusée Saturn V d’Apollo 11, le 16 juillet 1969, au centre spatial Kennedy (Floride).NASA · Domaine public · Wikimedia Commons

Les dernières minutes : comment Armstrong s'est posé

La descente vers la Lune est le moment le plus dangereux.

  • Des alarmes inconnues. L'ordinateur de bord affiche des alarmes, les codes « 1202 » et « 1201 », que l'équipage n'avait jamais vues à l'entraînement. L'ordinateur a trop de tâches à la fois. Au centre de contrôle, à Houston, les spécialistes décident rapidement qu'on peut continuer. Le logiciel, écrit sous la direction de l'informaticienne Margaret Hamilton, sait laisser de côté les tâches les moins urgentes.
  • Un terrain plein de rochers. En regardant par le hublot, Armstrong voit que l'ordinateur les emmène vers un champ de gros rochers, au bord d'un cratère. Il prend en partie les commandes et fait voler Eagle plus loin, pendant qu'Aldrin lui lit les chiffres de vitesse et d'altitude.
  • Le carburant qui baisse. Depuis Houston, on annonce : « 60 secondes », puis « 30 secondes ». C'est le temps qui reste avant l'alerte qui obligerait à décider entre se poser tout de suite ou abandonner.

Eagle se pose enfin. Armstrong annonce : « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle s'est posé. » Les calculs faits après la mission montrent qu'il restait assez de carburant pour environ 45 secondes de vol.

Pourquoi n'a-t-il pas fait demi-tour ? Armstrong a expliqué qu'à l'entraînement, face aux pannes, on est prêt à annuler ; mais que pendant le vrai vol, on est prêt à se poser. Des années de simulations lui avaient appris à garder la tête froide.

Le premier pas

Quelques heures plus tard, le 21 juillet à 2 h 56 en temps universel (encore le 20 juillet au soir en Amérique), Armstrong descend l'échelle et pose le pied sur la Lune. Il prononce en anglais une phrase restée célèbre, qu'on traduit par : « C'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité. » Environ 650 millions de personnes suivent l'événement à la télévision.

Aldrin le rejoint une vingtaine de minutes plus tard. Pendant un peu plus de deux heures et demie, ils installent des expériences scientifiques, dont un sismomètre (un appareil qui mesure les secousses du sol) et un réflecteur laser, prennent des photos et ramassent des roches lunaires. Ils plantent aussi un drapeau américain, un geste symbolique : un traité international interdit à tout pays de s'approprier la Lune.

Le 24 juillet, la capsule amerrit dans l'océan Pacifique. Pour en savoir plus sur notre satellite, voir La Lune.

Les milliers de personnes derrière trois noms

Apollo 11, ce n'est pas seulement trois astronautes. Ce sont des milliers d'ingénieurs, de techniciens, d'ouvriers et de mathématiciens. Parmi eux, Katherine Johnson, une mathématicienne afro-américaine, a fait des calculs de trajectoire essentiels au programme Apollo. L'équipe de Margaret Hamilton, au Massachusetts Institute of Technology (MIT), a écrit le logiciel de bord.

Les ingénieurs ont aussi fait un pari risqué : construire l'ordinateur de bord avec des puces électroniques toutes nouvelles, dont personne ne savait si elles seraient fiables. Ils les ont testées si sévèrement que, pendant toutes les missions Apollo, aucun de ces ordinateurs n'est tombé en panne.

Ce que la légende oublie

  • Une course politique. Apollo est né de la rivalité avec l'Union soviétique, pas seulement de la curiosité scientifique.
  • Un passé sombre. La fusée Saturn V doit beaucoup à l'ingénieur allemand Wernher von Braun. Avant de travailler pour les États-Unis, il avait conçu pour l'Allemagne nazie les missiles V2, fabriqués en masse, souvent par des prisonniers réduits en esclavage. Pendant la guerre froide, ce passé a été largement minimisé.
  • Des absents. Aucune femme n'a volé sur Apollo : la NASA n'a recruté ses premières astronautes qu'en 1978.
  • Une rumeur fausse. Certains prétendent que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune. C'est faux : entre autres preuves, les astronautes y ont laissé des réflecteurs sur lesquels des observatoires font rebondir des rayons laser depuis la Terre.

Ce qu'il a laissé

Entre 1969 et 1972, six missions Apollo se sont posées sur la Lune : douze hommes y ont marché. Grâce aux réflecteurs laissés sur place, les scientifiques mesurent la distance entre la Terre et la Lune au millimètre près, et ont découvert que la Lune s'éloigne de nous d'environ 3,8 centimètres par an.

Armstrong, lui, fuit la célébrité. Il devient professeur d'ingénierie à l'université de Cincinnati et répète que son pas sur la Lune était l'œuvre d'une immense équipe. Il meurt le 25 août 2012.

Le savais-tu ?

  • Armstrong a toujours dit avoir prononcé « un petit pas pour un homme » ; mais le petit mot « un » (« a » en anglais) ne s'entend pas dans l'enregistrement, et le musée national de l'Air et de l'Espace, à Washington, cite la phrase sans lui.
  • Neil Armstrong a obtenu son permis d'élève pilote le jour de ses seize ans, avant même son permis de conduire.
  • En faisant rebondir des rayons laser sur les réflecteurs laissés par les astronautes, les scientifiques ont découvert que la Lune s'éloigne de la Terre d'environ 3,8 centimètres par an.

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