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Nadia Comăneci, le premier 10 de la gymnastique olympique

À Montréal, en 1976, une Roumaine de quatorze ans obtient la première note parfaite, 10, de l'histoire de la gymnastique aux Jeux olympiques ; le tableau d'affichage, qui n'avait pas prévu ce chiffre, affiche « 1.00 ». Nadia Comăneci gagne cinq médailles d'or olympiques en 1976 et 1980, avant de quitter la Roumanie en 1989.

8-12 ans

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Nadia Comăneci en juin 2026 à Cluj-Napoca (Roumanie), cinquante ans après son premier 10 aux Jeux de Montréal.Nuță Lucian · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Nadia Comăneci (on prononce « Coma-nèt-chi ») naît le 12 novembre 1961 à Onești, une ville industrielle de Roumanie, un pays d'Europe de l'Est. Son père est mécanicien automobile, sa mère ouvrière.

Son sport est la gymnastique artistique. Les gymnastes enchaînent des figures (sauts, vrilles, équilibres) sur plusieurs agrès : la poutre, une barre de bois large de dix centimètres ; les barres asymétriques, deux barres placées à des hauteurs différentes ; le sol et le saut. Des juges donnent une note ; à son époque, la note la plus haute possible est 10.

Ses exploits

  • Aux Jeux olympiques de Montréal (Canada), en 1976, elle obtient le premier 10 de l'histoire olympique de la gymnastique. Elle en reçoit sept pendant ces Jeux.
  • À Montréal, elle gagne trois médailles d'or (concours général, barres asymétriques, poutre), une d'argent par équipes et une de bronze au sol. À quatorze ans, elle est la plus jeune championne olympique de gymnastique.
  • Aux Jeux de Moscou, en 1980, elle gagne encore deux médailles d'or (poutre et sol) et deux d'argent.
  • Au total : neuf médailles olympiques, dont cinq en or.

Comment

En commençant très tôt. À six ans, elle est repérée et entre dans l'école de gymnastique fondée par Béla Károlyi et sa femme Márta. Márta connaît la gymnastique ; Béla, ancien boxeur et lanceur de marteau, l'apprend, selon Nadia, presque en même temps que ses élèves.

En répétant sans fin. Elle racontera plus tard : « L'entraîneur dit : fais tant de répétitions. Je ne les fais pas en me disant : c'est bon, j'ai fini. Je les refais encore et encore » (traduit de l'anglais). Avec les Károlyi, elle repousse la difficulté des figures, dans une rivalité intense avec les gymnastes soviétiques et leurs entraîneurs.

En traversant une période difficile. Après Montréal, son corps change : elle grandit de plusieurs centimètres et souffre du dos. Elle pense arrêter, puis revient et garde son titre à la poutre en 1980.

Sous une surveillance étroite. La Roumanie est alors un pays communiste dirigé par Nicolae Ceaușescu, dans le camp de l'Union soviétique pendant la guerre froide. Championne célèbre dans le monde entier, Nadia est honorée par le régime, mais aussi surveillée de près : il craint qu'elle quitte le pays.

Un moment légendaire

Dimanche 18 juillet 1976, deuxième jour des Jeux de Montréal. Nadia, quatorze ans, passe aux barres asymétriques. Son enchaînement est parfait, et les juges sont d'accord : elle mérite 10.

Mais le tableau d'affichage ne peut montrer que trois chiffres, comme 9.85. L'entreprise suisse qui l'avait fabriqué avait demandé s'il fallait prévoir quatre chiffres ; on lui avait répondu qu'un 10.00 était impossible. Le tableau affiche donc « 1.00 ». Le public s'agite : personne n'avait jamais vu cette note aux Jeux. Avant la fin des Jeux, elle obtient six autres 10.

Pourquoi c'est une légende

Parce qu'elle a fait ce que tout le monde croyait impossible. Ses sept notes parfaites ne pourront jamais être dépassées : le système de notation a changé depuis, et une note parfaite de 10 n'est plus possible.

Parce qu'elle devient en quelques jours une célébrité mondiale : la même semaine, elle fait la couverture de trois grands magazines américains. En 2000, l'académie des prix Laureus la nomme parmi les sportifs du siècle.

Et parce que son histoire dit aussi quelque chose de son époque. En novembre 1989, quelques semaines avant la chute de Ceaușescu, elle quitte la Roumanie en secret : avec un petit groupe, elle marche six heures de nuit dans la boue et le froid, passe la frontière de la Hongrie le 29 novembre, puis rejoint les États-Unis. Elle s'y installe et dirige ensuite une école de gymnastique avec son mari, l'ancien gymnaste américain Bart Conner.

Zones d'ombre et débats

Des notes contestées en 1980. À Moscou, au concours général, les juges se disputent près d'une demi-heure avant de lui donner une note qui la place deuxième ex aequo, derrière une Soviétique. Les entraîneurs roumains protestent ; la décision reste.

Des méthodes dures. Des années plus tard, d'anciennes gymnastes de l'école des Károlyi ont accusé Béla Károlyi de les avoir frappées. Interrogé en 2008, il a refusé de commenter. Nadia, elle, a reconnu que l'entraînement était extrêmement exigeant.

Ce qu'on peut en retenir

  • La perfection se construit par la répétition : faire une figure encore et encore, même quand on la réussit déjà.
  • Un record « impossible » ne l'est souvent que jusqu'à ce que quelqu'un le réalise.
  • On peut revenir au plus haut niveau après une période où tout semble aller mal.
  • Admirer un champion n'empêche pas de regarder en face la dureté de son entraînement.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le tableau d'affichage de Montréal ne pouvait montrer que trois chiffres : pour le premier 10 de l'histoire, il a affiché « 1.00 ».
  • Une chaîne de télévision américaine a accompagné ses exercices d'une musique tirée d'un feuilleton ; le morceau a fini par être rebaptisé « Nadia's Theme ».
  • Pour quitter la Roumanie en 1989, elle a marché six heures de nuit jusqu'à la frontière hongroise.

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