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Martin Luther King, pasteur et militant de la non-violence

Pasteur américain, Martin Luther King a conduit de 1955 à sa mort, en 1968, la lutte non violente contre la ségrégation raciale aux États-Unis, et il a reçu le prix Nobel de la paix à trente-cinq ans. Aujourd'hui admiré presque partout, il était de son vivant très critiqué, y compris par d'autres militants.

8-12 ans

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Martin Luther King en 1964, l’année de son prix Nobel de la paix.Phil Stanziola, NYWT&S staff photographer · Domaine public · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Martin Luther King Jr. naît le 15 janvier 1929 à Atlanta, en Géorgie, un État du sud des États-Unis. À la naissance, il s'appelle Michael King ; son père change ensuite leurs deux prénoms. Il est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis, dans le Tennessee, à trente-neuf ans.

Dans sa famille, on est pasteur de père en fils, dans une église baptiste, une branche du christianisme. Martin grandit dans le Sud de la ségrégation : des lois séparent les Noirs et les Blancs à l'école, dans les bus, dans les restaurants, et beaucoup de Noirs sont empêchés de voter. Élève brillant, il entre à l'université à quinze ans et obtient un doctorat en 1955, à Boston. Il épouse Coretta Scott ; ils ont quatre enfants.

Ce qu'il a accompli

  • En 1955-1956, à vingt-six ans, il dirige le boycott des bus de Montgomery, qui fait tomber la ségrégation dans les bus de la ville.
  • En 1957, il prend la tête d'une nouvelle organisation d'Églises noires, la Conférence du leadership chrétien du Sud.
  • En 1963, il mène la campagne de Birmingham, puis prononce le discours « I Have a Dream » (« J'ai un rêve ») devant environ 250 000 personnes à Washington.
  • En 1964, il reçoit le prix Nobel de la paix. Les lois de 1964 et 1965 interdisent la ségrégation dans les lieux publics et protègent le droit de vote des Noirs : ses campagnes y ont largement contribué.

Comment

Par la non-violence. King prend ses idéaux dans le christianisme et ses méthodes chez Gandhi, le leader de l'indépendance de l'Inde, où il se rend en 1959. Le principe : refuser d'obéir à une loi injuste, publiquement, sans jamais rendre les coups, et accepter la prison. Le but est de montrer l'injustice aux yeux de tous.

En tenant bon à Montgomery. Le boycott commence après l'arrestation de Rosa Parks. Le soir du 5 décembre 1955, les habitants choisissent King pour diriger leur association. Pendant plus d'un an, il est arrêté, menacé, et sa maison est touchée par une bombe. Il appelle à ne pas répondre par la violence.

En choisissant des actions qui se voient. À Birmingham, en 1963, des enfants et des adolescents manifestent ; la police les repousse avec des lances à incendie et des chiens. Les images font le tour du monde. En prison, King écrit une longue lettre, dans les marges d'un journal, pour répondre à des religieux qui lui demandaient d'attendre. Il y écrit que ce « Attendez ! » a presque toujours voulu dire « Jamais » (traduit de l'anglais).

En parlant aux foules. Le 28 août 1963, à Washington, il lit d'abord son texte préparé. Puis, porté par la foule, il le laisse de côté et reprend une formule qu'il avait déjà utilisée : « J'ai un rêve ». De 1957 à 1968, il parcourt des millions de kilomètres et parle plus de 2 500 fois.

En élargissant le combat. À la fin de sa vie, il lutte aussi contre la pauvreté et contre la guerre du Vietnam. En avril 1968, il est à Memphis pour soutenir des éboueurs noirs en grève. Il y est tué par balle.

Avec d'autres. King n'était pas seul. Bayard Rustin l'a aidé à comprendre la non-violence et a organisé la marche de Washington. Ella Baker a organisé le mouvement sur le terrain et aidé des étudiants à créer leur propre organisation en 1960. Coretta Scott King, Ralph Abernathy et des milliers de marcheurs anonymes ont porté ce combat avec lui.

La marche sur Washington, le 28 août 1963 : environ 250 000 personnes autour du grand bassin, entre le Lincoln Memorial, où il parle, et l’obélisque.Warren K. Leffler · Domaine public · Wikimedia Commons

Ce que l'on sait, ce que l'on raconte

On connaît King par ses discours enregistrés, ses livres, ses sermons et des milliers de lettres, publiés par un institut de l'université Stanford. On le connaît aussi, étrangement, par la police fédérale américaine, le FBI : elle l'a espionné pendant des années.

Sa mort a fait naître des théories du complot. James Earl Ray a plaidé coupable en 1969, puis s'est rétracté. Une enquête du ministère américain de la Justice, ouverte en 1998, a jugé non crédibles les récits d'un complot, même si un tribunal civil avait conclu l'inverse en 1999. Le débat continue chez certains.

Zones d'ombre et débats

Un homme très critiqué de son vivant. En 1966, selon l'institut de sondage Gallup, près de deux Américains sur trois avaient une mauvaise opinion de lui. Son discours contre la guerre du Vietnam, en 1967, lui a valu les critiques de grands journaux et même d'associations noires.

Critiqué par d'autres militants. Malcolm X jugeait la non-violence trop faible. Ella Baker reprochait au mouvement de trop tout miser sur un chef : selon elle, « le mouvement a fait Martin, plutôt que Martin n'a fait le mouvement ».

Espionné par le FBI. Son directeur, J. Edgar Hoover, l'accusait d'être influencé par des communistes. Le FBI l'a écouté, a enregistré des moments de sa vie privée et lui a envoyé une lettre anonyme que ses proches ont comprise comme une incitation au suicide. Une commission du Sénat a condamné ces méthodes en 1976.

Des passages copiés. En 1991, l'université de Boston a conclu qu'une partie de sa thèse de doctorat reprenait des textes d'autres auteurs sans les citer correctement. Elle ne lui a pas retiré son diplôme, mais a joint une lettre à la thèse.

Pourquoi on s'en souvient

Aux États-Unis, un jour férié national porte son nom, célébré chaque année en janvier depuis 1986. En 2011, un mémorial lui a été consacré à Washington : c'est le premier de ce grand espace de monuments dédié à un Afro-Américain. Des rues, des écoles et des places portent son nom sur plusieurs continents, et ses discours sont étudiés dans le monde entier.

Ce qu'on peut en retenir aujourd'hui

  • La non-violence n'est pas de la passivité : elle demande de l'organisation et beaucoup de courage.
  • Les mots peuvent changer les choses, surtout quand ils s'appuient sur des actions.
  • Un grand mouvement repose sur beaucoup de monde, pas seulement sur celui qu'on voit à la télévision.
  • On peut admirer quelqu'un sans oublier ses erreurs. Ses fautes n'effacent pas ce qu'il a fait.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • À sa naissance, Martin Luther King s'appelait Michael King : c'est plus tard que son père a changé leurs prénoms.
  • À trente-cinq ans, il était alors le plus jeune lauréat de l'histoire du prix Nobel de la paix. Il a donné tout l'argent du prix, 54 123 dollars, au mouvement pour les droits civiques.
  • Le passage « J'ai un rêve » n'était pas écrit dans le texte qu'il avait préparé : il l'a ajouté en parlant, porté par la foule.

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