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Les récits aztèques et mayas : Quetzalcóatl et le Popol Vuh

Un serpent à plumes qui descend chez les morts pour en rapporter les os des humains ; des dieux qui ratent deux fois la création avant de réussir avec le maïs ; des jumeaux qui jouent à la balle contre les seigneurs de la mort : ce sont les grands récits de la Mésoamérique. Une partie a été détruite lors de la conquête espagnole, et une légende célèbre sur Cortés est aujourd'hui rejetée par les historiens.

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La première page du plus ancien manuscrit connu du Popol Vuh, copié vers 1701 par le moine Francisco Ximénez en k’iche’ et en espagnol (Newberry Library, Chicago).Francisco Ximénez · Domaine public · Wikimedia Commons

D'où viennent ces récits

La Mésoamérique est la région qui va du centre du Mexique au Guatemala, au Belize et au Honduras. De grandes civilisations s'y sont succédé : Teotihuacan, les Mayas, les Toltèques, puis les Aztèques, ou Mexicas, dont la capitale, Tenochtitlan, est devenue Mexico. Elles partageaient beaucoup de croyances : un calendrier sacré, des dieux de la pluie et du maïs, un jeu de balle rituel, et un monde souterrain des morts.

On connaît leurs récits par les monuments et leurs sculptures, par les rares livres peints qui ont survécu, et par des textes écrits après la conquête espagnole du XVIe siècle, parfois par des Autochtones eux-mêmes, parfois par des religieux espagnols.

Quetzalcóatl, le serpent à plumes

Quetzalcóatl, le « serpent à plumes », est l'un des dieux les plus anciens et les plus importants. Le temple qui lui est consacré à Teotihuacan, une cité bâtie entre le Ier et le VIIe siècle, compte parmi les monuments les plus célèbres du site. Chez les Mayas, une figure semblable s'appelle Kukulcán.

Chez les Aztèques, Quetzalcóatl est lié au vent qui amène les nuages de pluie, à l'étoile du matin, Vénus, au savoir et aux arts. Selon un récit, pour créer les humains de la nouvelle époque, il descend dans Mictlán, le monde des morts, et ruse avec ses maîtres pour en rapporter les os des anciens humains. Il trébuche et les os se brisent ; une déesse les mélange avec du maïs et le sang de Quetzalcóatl pour façonner les nouveaux humains.

Les Aztèques pensaient vivre au temps du cinquième soleil : selon leurs récits, deux dieux se sont sacrifiés pour donner naissance au soleil et à la lune de cette époque. Leur dieu protecteur, Huitzilopochtli, était le dieu du soleil et de la guerre.

Quetzalcóatl, le « serpent à plumes », dans le Codex Borbonicus, un livre aztèque peint au XVIe siècle.Auteur aztèque inconnu · Domaine public · Wikimedia Commons

Le Popol Vuh, le livre des Mayas k'iche'

Le Popol Vuh raconte la création du monde selon les Mayas k'iche' du Guatemala. Les dieux veulent des êtres qui les honorent. Ils façonnent d'abord des humains en boue, qui se défont ; puis en bois, mais ces êtres sans cœur ni mémoire sont détruits par un déluge. Enfin, ils réussissent avec du maïs, la plante qui nourrit toute la Mésoamérique.

Le livre raconte aussi les aventures des jumeaux héros, Hunahpu et Xbalanque, qui descendent dans Xibalba, le monde souterrain, affrontent les seigneurs de la mort au jeu de balle et triomphent d'eux par la ruse. À la fin, ils deviennent le soleil et la lune.

Mythe et histoire

Un livre sauvé de justesse. En 1562, l'évêque espagnol Diego de Landa a fait brûler les livres mayas du Yucatán qu'il a pu trouver. Le Popol Vuh a été épargné parce qu'il venait d'une autre région. Il a été mis par écrit en langue k'iche', en alphabet latin, au XVIe siècle, à partir de la tradition orale. Un religieux, Francisco Ximénez, l'a recopié et traduit au début du XVIIIe siècle ; ce manuscrit est aujourd'hui conservé à la Newberry Library de Chicago.

Une légende sur Cortés. On a longtemps raconté que l'empereur aztèque Moctezuma avait pris le conquérant Hernán Cortés pour le dieu Quetzalcóatl de retour. Les historiens d'aujourd'hui rejettent cette idée : elle a été inventée après la conquête, pour l'expliquer. C'est un bon exemple de mythe moderne qui se fait passer pour de l'histoire.

Les sacrifices. Les Aztèques et d'autres peuples de Mésoamérique pratiquaient des sacrifices humains, ce que confirment à la fois les textes et l'archéologie. Selon leurs croyances, ces offrandes entretenaient la marche du soleil et du monde.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Teotihuacan et Chichén Itzá sont inscrites au patrimoine mondial et accueillent des visiteurs du monde entier. Les Mayas n'ont pas disparu : des millions de personnes parlent aujourd'hui des langues mayas, au Guatemala et au Mexique, et le Popol Vuh fait partie de leur patrimoine. Le serpent à plumes reste un symbole puissant de l'identité mexicaine.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Selon le Popol Vuh, les dieux ont d'abord fait des humains en boue, puis en bois, avant de réussir avec le maïs.
  • Le manuscrit du Popol Vuh copié par Francisco Ximénez au début du XVIIIe siècle est aujourd'hui conservé à la Newberry Library de Chicago.
  • L'idée que Moctezuma a pris Cortés pour le dieu Quetzalcóatl est rejetée par les historiens actuels : elle a été inventée après la conquête.

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