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Les orishas, les divinités de la religion yoruba

Shango et sa foudre, Oshun et ses eaux douces, Ogun le forgeron, Eshu le messager des carrefours : les orishas sont au cœur de la religion des Yoruba, en Afrique de l'Ouest. Ce ne sont pas des récits du passé : cette religion est vivante, au Nigeria et au Bénin comme au Brésil et à Cuba.

13-18 ans

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Un plateau de divination Ifa (opon Ifa), sculpté au début du XXe siècle : le prêtre y trace les signes qui renvoient aux récits d’Ifa (Brooklyn Museum).Brooklyn Museum · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

D'où viennent ces récits

Les Yoruba sont aujourd'hui plusieurs dizaines de millions, surtout dans le sud-ouest du Nigeria, au Bénin et au Togo. Leur religion traditionnelle est l'une des plus connues d'Afrique. Ses récits ont été transmis oralement pendant des siècles, et il en existe donc plusieurs versions.

Une précaution importante : cette religion est vivante. Des millions de personnes honorent aujourd'hui les orishas, en Afrique et dans les Amériques. Cette fiche décrit donc des croyances respectées, de l'extérieur, comme on décrirait celles d'une autre religion : « selon la tradition yoruba », « les fidèles honorent ». La fiche Les religions traditionnelles africaines présente le cadre général : un dieu suprême, des divinités intermédiaires, les ancêtres.

Olodumare et les orishas

Au sommet se trouve Olodumare, l'être suprême, parfois appelé Olorun. Selon la tradition, il est trop immense pour que l'esprit humain le saisisse. Les orishas en sont des émanations : chacun reçoit un domaine de la nature ou de la vie humaine.

On dit qu'ils sont « 400 plus un », une façon de dire qu'ils sont innombrables : même si l'on croit tous les connaître, il en reste toujours un. Une poignée sont les plus populaires :

  • Eshu (ou Elegba), le messager, gardien des carrefours et des portes, un peu farceur ;
  • Obatala, lié à la création et à la pureté, souvent associé au blanc ;
  • Ogun, le dieu du fer, des forgerons et de ceux qui travaillent le métal ;
  • Shango, le dieu de la foudre et du tonnerre ;
  • Oshun, la déesse des eaux douces, de l'amour et de la fécondité, protectrice de la rivière Osun ;
  • Yemoja (Yemaya dans les Amériques), liée à l'eau et aux mères ;
  • Oya, liée aux transformations, à la renaissance et au fleuve Niger.

Les orishas ne sont pas parfaits : les récits les montrent colériques, impatients ou jaloux, mais aussi courageux. Ils servent d'intermédiaires entre les humains et Olodumare.

Des récits de création

Selon une version, Olodumare envoie l'orisha Obatala séparer la terre des eaux, puis dix-sept orishas pour achever le travail. Seize sont des hommes, et ils ignorent la plus jeune, Oshun, parce qu'elle est une femme. Ils échouent. Olodumare leur explique que seule Oshun peut réussir : ils reviennent s'excuser, et c'est avec elle que la création s'achève.

Selon une autre version, c'est Oduduwa qui crée le monde et les Yoruba à Ife, la ville sacrée, qui devient le berceau de la royauté.

Un récit plus malicieux raconte comment les orishas, voulant se débarrasser d'Olodumare, cachent des souris dans une case pour l'effrayer. Eshu, oublié du complot, avale toutes les souris et dénonce les coupables. Il reçoit en récompense une grande liberté d'action.

Ifa, une bibliothèque orale

Les Yoruba consultent Ifa, un système de divination. Le prêtre, appelé babalawo, utilise des noix de palme sacrées et une chaîne divinatoire pour obtenir l'un des 256 signes, les odu. Chaque signe renvoie à des centaines de vers poétiques, les ese, que le prêtre récite de mémoire et qui contiennent l'histoire, les récits et la sagesse yoruba. L'UNESCO a inscrit Ifa au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Mythe et histoire

Les récits de création parlent du sens du monde, pas de dates. Mais Ife est une ville historique : elle a prospéré entre le XIe et le XVe siècle, dans l'actuel Nigeria. Ses artistes ont produit des têtes en laiton et en terre cuite d'une grande finesse. Quand les Européens les ont découvertes, certains ont refusé de croire que des Africains les avaient faites : un préjugé que les historiens ont depuis démonté.

D'autres préjugés ont touché la religion elle-même. Des missionnaires ont décrit Olodumare comme un dieu lointain qui ne s'occupe pas des humains, ce que les récits yoruba ne disent pas.

Pendant la traite atlantique, des Yoruba réduits en esclavage ont emporté leur religion dans les Amériques. Pour continuer à la pratiquer, ils ont souvent associé chaque orisha à un saint catholique. Ainsi sont nés le candomblé au Brésil et la santería à Cuba.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Près d'Osogbo, au Nigeria, la forêt sacrée d'Osun, demeure de la déesse Oshun, est inscrite au patrimoine mondial. Chaque année, en juillet et en août, une grande procession de douze jours y renouvelle le lien entre la déesse et les habitants. Les orishas inspirent aussi les musiques, les peintures et les fêtes de Salvador de Bahia à La Havane.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le système de divination Ifa compte 256 signes, et chacun renvoie à des centaines de vers que les prêtres récitent de mémoire ; l'UNESCO l'a inscrit au patrimoine immatériel de l'humanité.
  • On dit que les orishas sont « 400 plus un » : une façon de dire qu'ils sont innombrables, et qu'il en reste toujours un que l'on ne connaît pas.
  • Chaque année, la procession de la forêt sacrée d'Osun, à Osogbo, dure douze jours, en juillet et en août.

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