Un nom qui dit « à côté »
Le mot paralympique vient du grec para, qui signifie « à côté de ». Les Jeux paralympiques ne sont pas une version secondaire des Jeux olympiques : ce sont des Jeux parallèles, qui ont lieu dans la même ville, quelques semaines après, dans les mêmes stades, avec le même niveau d'exigence.
Ils concernent environ une personne sur six dans le monde : selon l'Organisation mondiale de la santé, 1,3 milliard de personnes vivent avec un handicap important.
Un hôpital, une idée
Tout commence en Angleterre, à l'hôpital de Stoke Mandeville, qui accueille des soldats blessés à la colonne vertébrale pendant la Seconde Guerre mondiale. Le médecin Ludwig Guttmann, un neurologue juif qui a fui l'Allemagne nazie, est convaincu que le sport aide à guérir le corps et à reprendre confiance.
Le 29 juillet 1948, le jour de l'ouverture des Jeux olympiques de Londres, il organise une compétition pour athlètes en fauteuil roulant : les Jeux de Stoke Mandeville. Le mouvement grandit, et les premiers Jeux paralympiques ont lieu à Rome en 1960, avec 400 athlètes venus de 23 pays. Les Jeux paralympiques d'hiver suivent à partir de 1976.
Depuis les Jeux de Séoul en 1988, les deux compétitions se déroulent dans les mêmes villes et les mêmes installations. Le Comité international paralympique (IPC) a été fondé en 1989.
La classification, pour que la compétition soit juste
Un athlète amputé d'une jambe et un athlète aveugle ne peuvent pas courir la même course à armes égales. C'est pourquoi chaque athlète passe par la classification : des spécialistes évaluent comment son handicap influence sa pratique, puis le placent dans une classe avec des athlètes comparables.
Il existe aujourd'hui sept types de déficience admissibles : cinq déficiences physiques, la déficience visuelle et la déficience intellectuelle. Le but est que la victoire dépende de l'entraînement, du talent et de la tactique, pas du handicap. Le système fait parfois débat, car classer des corps humains est difficile, et il est régulièrement révisé.
Des sports, et des sports à part
La plupart des sports olympiques ont leur version paralympique : athlétisme, natation, basket en fauteuil, tennis en fauteuil, judo pour athlètes malvoyants. Les coureurs aveugles courent reliés à un guide par un lien au poignet.
D'autres sports n'existent qu'aux Jeux paralympiques :
- le goalball, joué par des athlètes malvoyants, les yeux bandés, avec un ballon qui contient des grelots : il faut l'entendre arriver ;
- la boccia, proche de la pétanque, pour des athlètes atteints de handicaps lourds ;
- le rugby en fauteuil, si engagé que les fauteuils sont renforcés pour encaisser les chocs.
Des performances qui changent le regard
En 2016, aux Jeux paralympiques de Rio, l'Algérien Abdellatif Baka gagne le 1 500 mètres de la catégorie T13, pour athlètes malvoyants, en 3 min 48 s 29. C'est 1,71 seconde plus vite que le champion olympique américain, sur la même piste, trois semaines plus tôt. Les quatre premiers de la course, dont l'Éthiopien Tamiru Demisse et le Kényan Henry Kirwa, ont tous battu le temps du vainqueur olympique.
Les chiffres au 1er octobre 2026
- Les Jeux paralympiques de Paris 2024 ont réuni environ 4 400 athlètes dans 22 sports, pour 549 épreuves : bien loin des 400 athlètes de Rome en 1960.
- Aux Jeux paralympiques d'hiver de Milan-Cortina, en mars 2026, un record de 611 athlètes de 55 pays ont participé, et la Chine a terminé en tête avec 44 médailles.
- Les prochains Jeux paralympiques d'été auront lieu à Los Angeles en 2028.
Ce qui reste à gagner
Les Jeux paralympiques ont fait progresser l'image du handicap, mais beaucoup reste à faire. Dans de nombreux pays, les enfants handicapés ont du mal à accéder à l'école, aux transports et aux terrains de sport. Un fauteuil de course ou une prothèse de sprint coûte très cher, ce qui avantage les pays riches. Et la couverture médiatique reste bien plus faible que celle des Jeux olympiques.
L'enjeu dépasse le sport : rendre un stade accessible, c'est aussi rendre une ville accessible.
Pour aller plus loin
- Les Jeux olympiques, dont les Jeux paralympiques sont le frère : Les Jeux olympiques
- La course sur piste, de l'Olympe au Paralympique : L'athlétisme
- Les droits de chacun, sans exception : Les droits humains
Le savais-tu ?
- Au goalball, sport paralympique pour athlètes malvoyants, le ballon contient des grelots : les joueurs doivent l'entendre arriver.
- En 2016, à Rio, les quatre premiers du 1 500 mètres paralympique T13 ont couru plus vite que le champion olympique de la même distance.
- Les premiers Jeux de Stoke Mandeville, ancêtres des Jeux paralympiques, se sont ouverts le même jour que les Jeux olympiques de Londres 1948.
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