Qui, quand, où
Léonard de Vinci, Leonardo da Vinci en italien, naît le 15 avril 1452 près de Vinci, un bourg de Toscane, dans l'actuelle Italie. Il meurt le 2 mai 1519 à Amboise, en France.
Son père, ser Piero, est notaire. Sa mère s'appelle Caterina ; ses parents ne sont pas mariés, et l'on sait très peu de chose sur son enfance.
C'est l'époque qu'on appellera la Renaissance. Dans les villes d'Italie, comme Florence ou Milan, de riches familles et des princes paient des artistes et des ingénieurs pour embellir leurs palais, leurs églises et défendre leurs villes.
Ce qu'il a accompli
- Il peint des œuvres parmi les plus célèbres du monde, comme La Cène, à Milan, et La Joconde, aujourd'hui au musée du Louvre, à Paris.
- Il remplit des carnets de milliers de pages de dessins et de notes : corps humain, oiseaux, eau, machines, cartes.
- Il dessine le corps humain de l'intérieur avec une précision jamais vue à son époque.
- Il réalise l'une des premières cartes vues d'en haut mesurées avec exactitude, celle de la ville d'Imola, en 1502.
- Il travaille comme ingénieur pour des princes : ponts, canaux, fortifications, machines de guerre.
Comment
En apprenant un métier. Adolescent, Léonard entre dans l'atelier d'Andrea del Verrocchio, à Florence. Un atelier, c'est une petite entreprise : on y broie les couleurs, on prépare les panneaux de bois, on sculpte, on peint à plusieurs. Léonard y apprend pendant des années avant de travailler pour son compte.
En observant tout. Il regarde l'eau qui tourbillonne, les oiseaux qui volent, les visages dans la rue, et il dessine. Il écrit de droite à gauche, en miroir. Pour cacher ses idées, ou simplement parce qu'il était gaucher et que c'était plus commode ? Les spécialistes en discutent.
En se vendant bien. Vers 1482, il écrit au maître de Milan, Ludovic Sforza, pour lui proposer ses services. Dans cette lettre, il se présente d'abord comme ingénieur militaire, sur neuf points ; il ne parle de peinture et de sculpture qu'à la fin. Il obtient le poste et reste à Milan près de vingt ans.
En cherchant à comprendre. Pour peindre le corps juste, il veut savoir comment il fonctionne. Pendant l'hiver 1510-1511, il travaille avec un professeur d'anatomie de l'université de Pavie, Marcantonio della Torre, et dissèque des corps humains. Il prépare un grand livre d'anatomie. Mais della Torre meurt de la peste en 1511, et le livre ne sera jamais terminé.
En échouant, parfois. On lui commande une immense statue de cheval en bronze. Il en fait un modèle en terre, grandeur nature. Mais le bronze sert finalement à fabriquer des canons pour la guerre, et en 1499, quand l'armée française prend Milan, des soldats s'amusent à tirer sur le modèle, qui est détruit. Pour La Cène, il essaie une technique nouvelle, sur un mur sec : la peinture commence à s'abîmer peu après.
Avec d'autres. Son maître Verrocchio l'a formé. Ses élèves, comme Salaì et Francesco Melzi, l'ont aidé pendant des années ; Melzi l'a suivi jusqu'en France et a hérité de ses carnets. À la fin de sa vie, le roi de France François Ier l'invite à Amboise, lui donne une maison et une pension.
Ce que l'on sait, ce que l'on raconte
On connaît Léonard par ses carnets, conservés en partie à Milan, à Londres, à Paris ou à Windsor ; par des documents de son temps, comme des contrats et des lettres ; et par une biographie écrite par le peintre Giorgio Vasari en 1550, trente ans après sa mort.
Vasari aime les belles histoires. Il raconte que Léonard serait mort dans les bras du roi François Ier. D'après les documents de la cour, le roi se trouvait ailleurs ce jour-là : la scène est sans doute une légende.
Beaucoup de phrases célèbres qu'on lui prête sur Internet ne se trouvent dans aucun de ses carnets. Avant de citer Léonard, il faut vérifier.
Zones d'ombre et débats
Des projets inachevés. Léonard commençait beaucoup et finissait peu. Des œuvres commandées sont restées à l'état d'ébauche, et il a gardé La Joconde près de lui pendant des années, sans la livrer à celui qui l'avait commandée.
Des machines restées sur le papier. On présente souvent Léonard comme l'inventeur de l'hélicoptère ou du char d'assaut. Il a dessiné des machines étonnantes, mais la plupart n'ont jamais été construites, et ses carnets, restés cachés longtemps, n'ont guère servi aux savants de son temps.
Au service de la guerre. En 1502, il devient ingénieur de César Borgia, fils du pape, un chef de guerre qui conquiert par la force des villes d'Italie centrale. La carte d'Imola, si remarquable, devait l'aider à tenir cette ville.
Des questions sans réponse. On ne sait presque rien de sa mère. En 2023, un chercheur italien, Carlo Vecce, a proposé qu'elle ait été une jeune esclave venue du Caucase, affranchie après sa naissance. D'autres spécialistes jugent l'idée possible mais non prouvée.
Pourquoi on s'en souvient
Parce que ses peintures et ses dessins font partie des œuvres les plus admirées au monde, et parce que ses carnets montrent un esprit qui passe sans cesse de l'art à la science. En 1999, un cheval de bronze réalisé d'après ses dessins a enfin été installé à Milan, cinq cents ans après la destruction de son modèle.
Ce qu'on peut en retenir aujourd'hui
- Le talent se travaille. Léonard a passé des années dans un atelier avant de devenir un maître.
- Dessiner, c'est apprendre à voir. Ses carnets montrent qu'observer longtemps fait comprendre.
- Un échec n'efface pas le reste. Il a raté des projets, et ses réussites restent immenses.
- Admirer n'oblige pas à tout croire. Le « génie universel » est aussi en partie une légende construite après lui.
Pour aller plus loin
- La méthode scientifique, pour voir ce qui sépare l'observation de Léonard de la science moderne.
- Lire une carte, pour comprendre ce qu'a d'extraordinaire sa carte d'Imola.
- Les os et les muscles, ce qu'il cherchait à comprendre en disséquant.
Le savais-tu ?
- Dans sa lettre de candidature au maître de Milan, vers 1482, Léonard se présente d'abord comme ingénieur militaire et ne parle de peinture qu'à la toute fin. Il l'avait fait recopier par un copiste professionnel.
- Le grand cheval de bronze qu'il n'a jamais pu fondre a finalement été réalisé d'après ses dessins et installé à Milan en 1999, grâce au projet lancé par un pilote de ligne américain, Charles Dent.
- Pour sa carte d'Imola, en 1502, Léonard a sans doute mesuré les rues avec une boussole et un odomètre, un instrument qui compte la distance parcourue : c'est l'une des premières cartes à montrer exactement une ville vue d'en haut.
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