S'entraîner : fatiguer le corps pour qu'il s'adapte
L'entraînement repose sur une idée simple : le corps s'adapte à ce qu'on lui demande. Quand on court, nage ou soulève une charge un peu plus que d'habitude, les muscles, le cœur et les poumons sont légèrement « abîmés » et fatigués. Pendant le repos, ils se reconstruisent un peu plus forts qu'avant. Les spécialistes parlent de surcompensation.
Trois principes en découlent :
- la progressivité : augmenter la charge peu à peu, sinon le corps se blesse au lieu de s'adapter ;
- la spécificité : on progresse dans ce qu'on travaille. Un marathonien ne s'entraîne pas comme un sprinteur ;
- la récupération : sans repos, pas d'adaptation. C'est pendant le repos qu'on devient plus fort.
Les entraîneurs mesurent aujourd'hui tout ce qu'ils peuvent : la fréquence cardiaque, la vitesse, la distance parcourue grâce au GPS, la quantité d'oxygène que le corps peut utiliser à l'effort, qu'on appelle la VO2 max. Ces données aident à doser l'effort au plus juste.
Récupérer : le sommeil, l'arme la moins chère
Le sommeil est le moment où le corps répare les muscles et où le cerveau fixe ce qu'il a appris, y compris les gestes techniques. Les athlètes de haut niveau dorment souvent davantage que la moyenne. Manquer de sommeil augmente le risque de blessure et fait baisser les performances.
Manger et boire
Les muscles fonctionnent surtout avec des glucides (riz, manioc, pâtes, pain, fruits) pendant l'effort ; les protéines (haricots, œufs, poisson, viande) servent à les reconstruire ; et l'eau compense la sueur. Il n'y a pas d'aliment miracle : ce qui compte, c'est la régularité et la quantité adaptée à l'effort. Les compléments vendus en ligne sont rarement utiles et parfois dangereux, car certains contiennent des substances interdites.
L'altitude, un entraînement naturel
En montagne, l'air contient moins d'oxygène à chaque inspiration. Le corps réagit en fabriquant davantage de globules rouges, qui transportent l'oxygène. Redescendu au niveau de la mer, l'athlète en a plus que ses adversaires, pendant quelques semaines. C'est l'une des raisons, parmi d'autres, des succès des coureurs qui vivent et s'entraînent sur les hauts plateaux du Kenya et d'Éthiopie.
La technologie : aide ou triche ?
Le matériel change les performances, et les fédérations doivent sans cesse fixer des limites.
- En natation, des combinaisons en polyuréthane, qui faisaient flotter les nageurs, ont provoqué une avalanche de records en 2008 et 2009. Elles ont été interdites en 2010.
- En course à pied, de nouvelles chaussures à plaque de carbone et à mousse épaisse ont fait tomber de nombreux records. En 2020, World Athletics a imposé une limite : une semelle de 40 millimètres au plus sur route.
La question est toujours la même : le sport doit-il récompenser le meilleur athlète ou le meilleur équipement ?
Le dopage
Le dopage consiste à prendre des produits interdits pour améliorer ses performances. C'est une triche, et c'est dangereux : certains produits abîment le cœur, le foie ou les hormones, parfois pour toujours.
L'Agence mondiale antidopage (AMA) a été créée en 1999, après un grand scandale de dopage dans le cyclisme en 1998. Elle publie chaque année la liste des produits interdits, et les athlètes peuvent être contrôlés à tout moment, même à l'entraînement. Les échantillons sont conservés des années : on peut les analyser de nouveau quand les techniques progressent, et retirer des médailles longtemps après.
Les records : jusqu'où ira le corps humain ?
- En 1954, le Britannique Roger Bannister court le mile, environ 1 609 mètres, en moins de quatre minutes, un exploit qu'on croyait impossible.
- Au 1er octobre 2026, le record du 100 mètres appartient toujours au Jamaïcain Usain Bolt, en 9 s 58, depuis 2009.
- Le 26 avril 2026, le Kényan Sabastian Sawe a couru le premier marathon homologué en moins de deux heures.
Les records progressent de moins en moins vite, mais ils progressent encore. Les chercheurs y voient l'effet combiné d'un plus grand nombre de pratiquants dans le monde, d'un meilleur entraînement, d'une meilleure nutrition et, parfois, du matériel. Une chose est sûre : chaque fois qu'une limite a été déclarée infranchissable, quelqu'un a fini par la franchir.
Et pour toi ?
Pas besoin de viser un record. L'Organisation mondiale de la santé recommande aux jeunes de 5 à 17 ans au moins une heure d'activité physique par jour en moyenne. Pourtant, selon elle, 80 % des adolescents du monde n'en font pas assez.
Pour aller plus loin
- Les muscles, les os et ce qui les fait bouger : Les os et les muscles
- Ce que dit la science sur le repos : Le sommeil
- Comment on sait qu'une affirmation est vraie : La méthode scientifique
- Le record du marathon raconté : Le marathon et les courses de fond
Le savais-tu ?
- Le corps devient plus fort pendant le repos qui suit l'entraînement, pas pendant l'effort lui-même.
- Les combinaisons de natation en polyuréthane ont provoqué tant de records en 2008 et 2009 qu'elles ont été interdites en 2010.
- Selon l'Organisation mondiale de la santé, 80 % des adolescents du monde ne font pas assez d'activité physique.
Teste ce que tu viens de lire
Chaque réponse est expliquée, juste ou fausse. C’est là qu’on apprend le plus.
À lire ensuite
Le football et les Léopards
Deux titres continentaux et la première participation d'une équipe d'Afrique subsaharienne à une Coupe du monde : l'histoire du football congolais commence par des premières fois.
8-12 ans
Les règles du football, expliquées simplement
Le hors-jeu fait l'objet de plus de disputes que tout le reste du règlement réuni. Pourtant, une fois qu'on a compris à quoi il sert, il devient limpide.
8-12 ans
S’échauffer et éviter les blessures
La plupart des blessures de terrain ne viennent pas d'un mauvais sort mais de trois causes évitables : pas d'échauffement, trop d'intensité d'un coup, pas assez de récupération.
8-12 ans
L’athlétisme : courir, sauter, lancer
Le sport le plus ancien du monde se résume à trois gestes que tout le monde sait faire. Toute la difficulté est de les faire mieux, et de comprendre pourquoi.
8-12 ans
Basket et volley : deux sports de main
Deux sports collectifs qui demandent peu d'espace, et où la République démocratique du Congo a produit des joueurs reconnus bien au-delà du continent.
8-12 ans
Les jeux traditionnels : le nzango, l’awalé et les autres
Ils ne coûtent rien, se jouent partout, et développent exactement ce qu'on cherche à l'école : calcul, anticipation, rythme et mémoire.
8-12 ans