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Le sport et la science : s’entraîner, récupérer, battre des records

Un record ne tombe pas seulement grâce au talent. Derrière chaque performance, il y a des principes d'entraînement, de la nutrition, du sommeil, des mesures et parfois des chaussures nouvelles. Et il y a aussi la tentation de tricher, que la science aide à combattre. Où s'arrêtera le corps humain ?

13-18 ans

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Un test d’effort sur tapis roulant : le masque mesure l’oxygène consommé, pour connaître la capacité d’endurance du coureur.Cpl. William Smith · Domaine public · Wikimedia Commons

S'entraîner : fatiguer le corps pour qu'il s'adapte

L'entraînement repose sur une idée simple : le corps s'adapte à ce qu'on lui demande. Quand on court, nage ou soulève une charge un peu plus que d'habitude, les muscles, le cœur et les poumons sont légèrement « abîmés » et fatigués. Pendant le repos, ils se reconstruisent un peu plus forts qu'avant. Les spécialistes parlent de surcompensation.

Trois principes en découlent :

  • la progressivité : augmenter la charge peu à peu, sinon le corps se blesse au lieu de s'adapter ;
  • la spécificité : on progresse dans ce qu'on travaille. Un marathonien ne s'entraîne pas comme un sprinteur ;
  • la récupération : sans repos, pas d'adaptation. C'est pendant le repos qu'on devient plus fort.

Les entraîneurs mesurent aujourd'hui tout ce qu'ils peuvent : la fréquence cardiaque, la vitesse, la distance parcourue grâce au GPS, la quantité d'oxygène que le corps peut utiliser à l'effort, qu'on appelle la VO2 max. Ces données aident à doser l'effort au plus juste.

Récupérer : le sommeil, l'arme la moins chère

Le sommeil est le moment où le corps répare les muscles et où le cerveau fixe ce qu'il a appris, y compris les gestes techniques. Les athlètes de haut niveau dorment souvent davantage que la moyenne. Manquer de sommeil augmente le risque de blessure et fait baisser les performances.

Manger et boire

Les muscles fonctionnent surtout avec des glucides (riz, manioc, pâtes, pain, fruits) pendant l'effort ; les protéines (haricots, œufs, poisson, viande) servent à les reconstruire ; et l'eau compense la sueur. Il n'y a pas d'aliment miracle : ce qui compte, c'est la régularité et la quantité adaptée à l'effort. Les compléments vendus en ligne sont rarement utiles et parfois dangereux, car certains contiennent des substances interdites.

L'altitude, un entraînement naturel

En montagne, l'air contient moins d'oxygène à chaque inspiration. Le corps réagit en fabriquant davantage de globules rouges, qui transportent l'oxygène. Redescendu au niveau de la mer, l'athlète en a plus que ses adversaires, pendant quelques semaines. C'est l'une des raisons, parmi d'autres, des succès des coureurs qui vivent et s'entraînent sur les hauts plateaux du Kenya et d'Éthiopie.

La technologie : aide ou triche ?

Le matériel change les performances, et les fédérations doivent sans cesse fixer des limites.

  • En natation, des combinaisons en polyuréthane, qui faisaient flotter les nageurs, ont provoqué une avalanche de records en 2008 et 2009. Elles ont été interdites en 2010.
  • En course à pied, de nouvelles chaussures à plaque de carbone et à mousse épaisse ont fait tomber de nombreux records. En 2020, World Athletics a imposé une limite : une semelle de 40 millimètres au plus sur route.

La question est toujours la même : le sport doit-il récompenser le meilleur athlète ou le meilleur équipement ?

Le dopage

Le dopage consiste à prendre des produits interdits pour améliorer ses performances. C'est une triche, et c'est dangereux : certains produits abîment le cœur, le foie ou les hormones, parfois pour toujours.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a été créée en 1999, après un grand scandale de dopage dans le cyclisme en 1998. Elle publie chaque année la liste des produits interdits, et les athlètes peuvent être contrôlés à tout moment, même à l'entraînement. Les échantillons sont conservés des années : on peut les analyser de nouveau quand les techniques progressent, et retirer des médailles longtemps après.

Les records : jusqu'où ira le corps humain ?

  • En 1954, le Britannique Roger Bannister court le mile, environ 1 609 mètres, en moins de quatre minutes, un exploit qu'on croyait impossible.
  • Au 1er octobre 2026, le record du 100 mètres appartient toujours au Jamaïcain Usain Bolt, en 9 s 58, depuis 2009.
  • Le 26 avril 2026, le Kényan Sabastian Sawe a couru le premier marathon homologué en moins de deux heures.

Les records progressent de moins en moins vite, mais ils progressent encore. Les chercheurs y voient l'effet combiné d'un plus grand nombre de pratiquants dans le monde, d'un meilleur entraînement, d'une meilleure nutrition et, parfois, du matériel. Une chose est sûre : chaque fois qu'une limite a été déclarée infranchissable, quelqu'un a fini par la franchir.

Et pour toi ?

Pas besoin de viser un record. L'Organisation mondiale de la santé recommande aux jeunes de 5 à 17 ans au moins une heure d'activité physique par jour en moyenne. Pourtant, selon elle, 80 % des adolescents du monde n'en font pas assez.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le corps devient plus fort pendant le repos qui suit l'entraînement, pas pendant l'effort lui-même.
  • Les combinaisons de natation en polyuréthane ont provoqué tant de records en 2008 et 2009 qu'elles ont été interdites en 2010.
  • Selon l'Organisation mondiale de la santé, 80 % des adolescents du monde ne font pas assez d'activité physique.

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