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L’Acropole d’Athènes et le Parthénon

Au Vᵉ siècle avant notre ère, les Athéniens ont couronné le rocher qui domine leur ville de temples de marbre, dont le Parthénon, dédié à la déesse Athéna. Abîmé par les guerres et dispersé entre plusieurs musées, il reste au cœur d'une dispute entre la Grèce et le Royaume-Uni.

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L’Acropole d’Athènes (Grèce), vue depuis la colline de Philopappos ; au sommet, le Parthénon, achevé en 432 av. J.-C.A.Savin · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Où, quand, par qui

L'Acropole est un rocher aux flancs abrupts, au milieu d'Athènes, la capitale de la Grèce. En grec, le mot veut dire « ville haute ». On y vénérait Athéna, la déesse protectrice de la cité.

Ses monuments les plus célèbres datent du Vᵉ siècle avant notre ère, à l'époque où Athènes, dirigée par l'homme politique Périclès, est l'une des cités les plus puissantes de la Méditerranée. Le Parthénon, le grand temple d'Athéna, est construit de 447 à 432 avant notre ère. Suivent l'entrée monumentale (les Propylées), le petit temple d'Athéna Nikè et l'Érechthéion, commencé en 421 avant notre ère, avec son portique soutenu par des statues de jeunes femmes, les caryatides.

Le sculpteur Phidias dirigeait la décoration du Parthénon, et il a sculpté pour l'intérieur une immense statue d'Athéna en or et en ivoire, aujourd'hui disparue.

Comment on l'a construite

Une montagne de marbre. Les bâtisseurs ont extrait environ 100 000 tonnes de marbre d'une carrière située à une vingtaine de kilomètres d'Athènes, le mont Pentélique. Les blocs, dont certains pèsent plus de dix tonnes, montaient sur des chariots puis étaient hissés sur le rocher.

Presque aucune ligne droite. Le sol du Parthénon est légèrement bombé au centre. Ses 46 colonnes extérieures, hautes d'une dizaine de mètres, sont un peu renflées au milieu et légèrement penchées. Ces courbes, calculées au millimètre, donnent au temple son allure vivante. Les blocs étaient reliés par des agrafes de fer, et les joints sont presque invisibles.

Des citoyens, des étrangers et des esclaves. On connaît les ouvriers grâce aux comptes du chantier de l'Érechthéion, gravés dans la pierre entre 409 et 405 avant notre ère et conservés au musée de l'Acropole. Ils nomment des citoyens athéniens, des métèques (des étrangers installés à Athènes) et des esclaves, désignés par le nom de leur maître, qui creusaient par exemple les cannelures des colonnes. La « démocratie » athénienne excluait les femmes, les étrangers et les esclaves, et ces derniers ont aussi bâti ses monuments.

La façade ouest du Parthénon : des colonnes de marbre du mont Pentélique, légèrement renflées pour paraître parfaitement droites.Eusebius · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

Ce qu'elle raconte

L'Acropole est un sanctuaire religieux, mais aussi une vitrine politique. Une génération plus tôt, les Athéniens et leurs alliés grecs avaient repoussé les envahisseurs perses. Avec ces temples, Athènes affiche sa richesse et sa puissance, et ce sont ses citoyens qui ont voté leur financement. Sur la frise du Parthénon, une longue bande sculptée, défile une grande procession.

Son histoire est faite de transformations. Après la conquête de la Grèce par l'Empire ottoman, au XVᵉ siècle, il est devenu une mosquée, avec un minaret, et l'Acropole une garnison. En 1687, pendant une guerre entre Venise et les Ottomans, ceux-ci y stockaient de la poudre. Un boulet vénitien la fait exploser : le centre du temple s'effondre.

Morosini, le chef vénitien, a ainsi causé en un jour plus de dégâts que deux mille ans d'histoire. Quelques années plus tard, des soldats cassaient encore des blocs du temple pour construire leurs cabanes.

Ce que l'on sait, ce que l'on raconte

Que montre la frise ? Plusieurs spécialistes pensent que la procession sculptée représente les Grandes Panathénées, la fête de « tous les Athéniens », organisée tous les quatre ans en l'honneur d'Athéna. C'est l'explication la plus répandue, mais aucune inscription ne le confirme, et d'autres lectures existent.

Lord Elgin avait-il le droit d'emporter les sculptures ? En 1801, l'ambassadeur britannique auprès du sultan ottoman, Lord Elgin, obtient un document, un firman, qui permet à ses hommes de dessiner et de mouler les sculptures. Il l'interprète comme une autorisation de les emporter. Ses ouvriers démontent 15 métopes (des panneaux sculptés), près de la moitié de la frise, une caryatide de l'Érechthéion et d'autres pièces. Le Parlement britannique les achète en 1816 pour le British Museum. En 1967, l'historien britannique William St Clair a conclu que le sultan n'avait pas autorisé ce départ ; les défenseurs d'Elgin répondent qu'il a sauvé ces œuvres des destructions. Le débat dure encore.

La protéger aujourd'hui

L'Acropole est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987. Depuis les années 1970, un grand chantier de restauration remplace les agrafes de fer rouillées, qui faisaient éclater le marbre, par du titane, et remet en place les blocs tombés en 1687. Des tailleurs de pierre formés dans l'île de Tinos y travaillent avec des outils proches de ceux des Anciens.

En 2009, Athènes a ouvert au pied du rocher un nouveau musée de l'Acropole, conçu par l'architecte Bernard Tschumi. Une salle y attend les sculptures conservées à Londres. La Grèce demande leur retour ; le British Museum, tenu par une loi britannique de 1963 qui l'empêche de céder ses collections, propose plutôt des partenariats. Des discussions ont eu lieu à partir de 2021, sans accord à ce jour.

Le chantier de restauration du Parthénon, mené pierre par pierre depuis les années 1980.Jebulon · CC0 (domaine public) · Wikimedia Commons

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Le Parthénon n'a presque aucune ligne droite : son sol est bombé et ses colonnes sont légèrement renflées.
  • En 1687, le Parthénon servait de dépôt de poudre : un boulet vénitien l'a fait exploser.
  • Les comptes du chantier de l'Érechthéion, gravés dans le marbre, donnent les noms et la paie de ses ouvriers, citoyens, étrangers et esclaves.

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