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La mythologie celte : druides, dieux des sources et héros irlandais

Des centaines de dieux liés aux rivières, aux forêts et aux sources, des druides qui transmettaient leur savoir de mémoire, et des héros irlandais comme Cú Chulainn : les récits des Celtes sont fascinants, mais difficiles à connaître, car les Celtes de l'Antiquité n'ont presque rien écrit. Ce que l'on sait vient surtout de l'archéologie, des Romains et de moines irlandais du Moyen Âge.

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Un dieu cornu, souvent appelé Cernunnos, sur le chaudron d’argent de Gundestrup, fabriqué il y a environ 2 100 ans et retrouvé dans une tourbière (Musée national du Danemark).Nationalmuseet, Roberto Fortuna et Kira Ursem · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

D'où viennent ces récits

On appelle Celtes des peuples qui parlaient des langues proches et qui vivaient dans une grande partie de l'Europe de l'Ouest et du centre, en gros de 700 avant notre ère à 400 de notre ère : en Gaule, l'actuelle France, mais aussi dans les îles Britanniques, en Espagne, en Europe centrale. Ils ne formaient pas un seul peuple ni un seul pays.

Leur religion est mal connue, pour trois raisons :

  • les Celtes de l'Antiquité écrivaient très peu : leurs savants transmettaient tout de mémoire ;
  • les auteurs grecs et romains qui les ont décrits, comme Jules César, étaient souvent leurs ennemis, et comparaient tout à leurs propres dieux ;
  • les grands récits irlandais et gallois ont été écrits au Moyen Âge, par des moines chrétiens, qui ont pu en changer le sens.

Il faut donc croiser ces textes avec ce que révèle l'archéologie : statues, inscriptions, offrandes retrouvées dans les rivières.

Les druides et les lieux sacrés

Les druides étaient les spécialistes de la religion. Ils dirigeaient les rituels, conseillaient les chefs, rendaient la justice, connaissaient les plantes médicinales, comme le gui. Leur savoir passait oralement des anciens aux élèves. Selon Jules César, ils ne payaient pas d'impôts et ne partaient pas à la guerre.

Les Celtes honoraient surtout des lieux naturels : les sources, les rivières, les lacs, les marais, les collines, les grands arbres. On y déposait des offrandes précieuses. Près de la source de la Seine, dans un sanctuaire appelé Sequana, du nom celte du fleuve, les archéologues ont retrouvé près de 200 sculptures en bois. Des objets de grande valeur ont aussi été repêchés dans la Tamise, en Angleterre.

Plus de 400 dieux

On connaît les noms de plus de 400 divinités celtes, souvent par une seule inscription. Beaucoup n'étaient honorées que dans une région. Quelques-unes sont mieux connues :

  • Lugh (ou Lugus), le dieu « lumineux », habile dans tous les arts, à la lance redoutable ;
  • Cernunnos, un dieu à bois de cerf, lié à la nature et à l'abondance ;
  • Brigit, une déesse de l'Irlande ancienne, fille du Dagda ;
  • le Dagda, le « bon dieu » des récits irlandais, père puissant de nombreuses divinités.

Le célèbre chaudron de Gundestrup, un grand bol d'argent doré découvert en 1891 dans une tourbière du Danemark, montre un personnage à bois de cerf que beaucoup identifient à Cernunnos.

Les héros irlandais

Les récits irlandais du Moyen Âge racontent les aventures de dieux et de héros. Le plus célèbre est Cú Chulainn, dont le nom veut dire « le chien de Culann ». Enfant, appelé Sétanta, il tue en se défendant le chien de garde du forgeron Culann. Pour réparer, il promet de garder lui-même les troupeaux du forgeron jusqu'à ce qu'un autre chien soit dressé, et reçoit son surnom.

Dans la grande épopée de la Razzia des vaches de Cooley, mise par écrit vers les VIIe et VIIIe siècles, il défend seul la province d'Ulster contre une armée venue voler un taureau sacré.

Mythe et histoire

Cú Chulainn, Lugh et le Dagda sont des personnages de récits. Les druides, eux, ont bien existé, mais on sait peu de choses sûres sur eux : l'image célèbre des druides cueillant le gui la nuit avec une serpe d'or vient surtout d'un auteur romain, Pline l'Ancien, et elle a beaucoup marqué l'imagination.

Les récits anciens parlent aussi de sacrifices, y compris humains. Les historiens les prennent au sérieux, mais rappellent que les auteurs qui les décrivent étaient souvent des ennemis des Celtes, et qu'il faut lire leurs récits avec prudence.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

Les langues celtiques, comme l'irlandais, le gallois et le breton, sont encore parlées. En irlandais, novembre se dit Samhain, du nom d'une grande fête celte où, croyait-on, la frontière entre le monde des vivants et celui des esprits s'ouvrait : beaucoup y voient un ancêtre de Halloween. Les druides, le gui et Cú Chulainn vivent aussi dans les bandes dessinées, les romans et les jeux.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Près de la source de la Seine, les archéologues ont retrouvé près de 200 sculptures en bois déposées en offrande dans un sanctuaire celte appelé Sequana.
  • Le chaudron de Gundestrup, un bol d'argent doré couvert de figures de dieux, a été découvert en 1891 par des ouvriers qui coupaient de la tourbe au Danemark.
  • Le héros irlandais Cú Chulainn doit son nom, « le chien de Culann », à une promesse d'enfant : remplacer le chien de garde qu'il avait tué en se défendant.

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