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La Mésopotamie : Sumer, Babylone et le code d’Hammourabi

Entre deux fleuves, le Tigre et l'Euphrate, sont nées parmi les toutes premières villes du monde, l'une des premières écritures et l'un des plus anciens recueils de lois. C'était il y a plus de cinq mille ans, dans l'actuel Irak.

8-12 ans

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Où et quand

Le mot Mésopotamie vient du grec et veut dire « le pays entre les fleuves ». Ces deux fleuves sont le Tigre et l'Euphrate. Ils coulent de la Turquie actuelle jusqu'au golfe Persique. La plus grande partie de la Mésopotamie se trouve dans l'actuel Irak, avec des morceaux de la Syrie et de la Turquie.

Son histoire couvre environ trois mille ans, d'à peu près 3500 avant notre ère jusqu'à la prise de Babylone par les Perses, en 539 avant notre ère. Plusieurs peuples s'y sont succédé : les Sumériens, les Akkadiens, les Babyloniens, les Assyriens.

Les premières villes

La terre entre les deux fleuves est fertile, mais il pleut peu. Pour cultiver, il faut creuser des canaux et partager l'eau. Ce travail demande de s'organiser à plusieurs, sous l'autorité de chefs et de prêtres.

Vers 3500 avant notre ère, des villages grandissent et deviennent des villes. La plus célèbre est Uruk, au sud de l'Irak : elle aurait compté plusieurs dizaines de milliers d'habitants, ce qui en fait l'une des plus grandes villes du monde de son temps. Au centre des villes s'élève une ziggourat, une haute tour à étages en briques, surmontée d'un temple.

Les Sumériens comptaient par soixante. C'est d'eux que nous vient l'habitude de couper une heure en 60 minutes et un cercle en 360 degrés.

La ziggourat d’Ur, près de Nassiriya (Irak), bâtie vers 2100 av. J.-C. et en partie restaurée.Alli Khalil · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

L'écriture, d'abord pour compter

Vers 3200 avant notre ère, à Uruk, des scribes commencent à tracer des signes sur des tablettes d'argile humide avec un roseau taillé. Les signes ont la forme de petits clous : on appelle cette écriture le cunéiforme, du latin cuneus, « clou ».

Au début, on écrit surtout pour compter : des sacs d'orge, des moutons, des impôts. Puis on écrit des lettres, des contrats, des prières, et des récits. L'Épopée de Gilgamesh, l'histoire d'un roi d'Uruk qui cherche à ne pas mourir, est l'un des plus anciens récits écrits du monde.

Une tablette de comptabilité de la fin du IVe millénaire av. J.-C., l’une des plus anciennes formes d’écriture (Institut oriental de Chicago).Original: Daderot Derivative work : Zunkir · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Babylone et le code d'Hammourabi

Vers 2300 avant notre ère, Sargon d'Akkad réunit plusieurs villes sous son autorité : on le considère souvent comme le fondateur du premier empire de l'histoire.

Plus tard, la ville de Babylone devient la capitale d'un grand royaume. Son roi le plus célèbre, Hammourabi, règne de 1792 à 1750 avant notre ère environ. Il fait graver sur une grande pierre noire, une stèle de basalte de 2,25 mètres, un ensemble de 282 lois. En haut de la stèle, un relief montre le roi debout devant Shamash, le dieu du Soleil et de la justice.

Ces lois prévoient des punitions pour les vols, les coups, les contrats non respectés, les maisons mal construites. Beaucoup suivent le principe : celui qui crève l'œil d'un autre aura l'œil crevé. Ce n'est pas le premier code de lois connu, mais c'est le plus complet qui nous soit parvenu de cette époque.

Mille ans plus tard, le roi Nabuchodonosor II embellit Babylone. La célèbre porte d'Ishtar, couverte de briques bleues décorées de lions et de dragons, date de son règne.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

  • Les villes : vivre à des milliers dans un même lieu, avec des rues, des temples, des marchés et une administration, c'est une invention qui a été faite ici, et aussi ailleurs, en Égypte, dans la vallée de l'Indus, en Chine.
  • L'écriture : le cunéiforme a servi pendant environ trois mille ans à écrire plusieurs langues.
  • La loi écrite : graver la loi sur une pierre exposée, c'est dire que tout le monde peut la connaître et que le roi lui-même la promet. L'idée a traversé les siècles.
  • Nos heures et nos minutes, comptées par soixante.

La stèle d'Hammourabi a été retrouvée en 1901-1902 à Suse, dans l'actuel Iran, où un roi ennemi l'avait emportée comme butin. Elle est aujourd'hui au musée du Louvre, à Paris. Le site de Babylone est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2019.

Zones d'ombre

La Mésopotamie était une société très inégale. Il y avait des esclaves, souvent des prisonniers de guerre ou des personnes endettées. Le code d'Hammourabi ne punissait pas tout le monde de la même façon : la peine dépendait de qui était la victime, un homme libre, un dépendant ou un esclave.

Les rois se vantaient aussi de leurs conquêtes, de villes détruites et de populations déplacées. Les Assyriens en particulier ont fait graver des scènes de guerre très violentes.

Enfin, ce patrimoine a beaucoup souffert de notre époque : le musée de Bagdad a été pillé en 2003, pendant la guerre en Irak, et des sites antiques ont été détruits volontairement par des groupes armés dans les années 2010.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • La stèle d'Hammourabi n'a pas été retrouvée en Irak mais en Iran, à Suse : un roi ennemi l'avait emportée comme trophée, environ six cents ans après qu'elle a été gravée.
  • Si une heure compte 60 minutes, c'est grâce aux Sumériens, qui comptaient par soixante.
  • Les scribes mésopotamiens écrivaient avec un simple roseau taillé, enfoncé dans l'argile encore molle.

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