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L’Empire perse : de Cyrus à Darius

Vers 550 avant notre ère, un roi venu du sud de l'actuel Iran, Cyrus, fonde en quelques années le plus vaste empire que le monde ait connu jusque-là. Ses successeurs le gouvernent avec des routes, des provinces, une monnaie commune, et en laissant chaque peuple prier ses propres dieux.

13-18 ans

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Où et quand

Le cœur de l'Empire perse se trouve dans le sud-ouest de l'actuel Iran, une région que les Grecs appelaient la Perse. On parle de l'Empire achéménide, du nom de la famille royale, qui règne d'environ 550 à 330 avant notre ère.

À son plus grand, sous le roi Darius Ier, l'empire va de l'Égypte et de la Turquie actuelle jusqu'à la vallée de l'Indus, dans l'actuel Pakistan. Il réunit pour la première fois les trois grands foyers de civilisation de l'époque : la Mésopotamie, la vallée du Nil et la vallée de l'Indus.

Cyrus, le fondateur

En 553 avant notre ère, Cyrus II, roi d'une petite région perse, se révolte contre son suzerain, le roi des Mèdes, et prend sa capitale. Il épargne le roi vaincu. Puis il conquiert la Lydie, en Turquie actuelle, le royaume du riche Crésus, et en 539 il entre dans Babylone.

Cyrus se présente comme un roi qui respecte les coutumes des peuples conquis : il rend aux temples leurs statues de dieux et leurs prêtres. La Bible raconte qu'il permit aux Juifs exilés à Babylone de rentrer à Jérusalem et d'y reconstruire leur temple. Il meurt en 530 et repose dans un tombeau de pierre à Pasargades, sa capitale.

Le cylindre de Cyrus, écrit après la prise de Babylone en 539 av. J.-C. (British Museum, Londres).Mike Peel · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Darius, l'organisateur

Le fils de Cyrus, Cambyse, conquiert l'Égypte. Puis Darius Ier, roi à partir de 522, donne à l'empire son organisation :

  • Des provinces. Darius divise l'empire en une vingtaine de satrapies. Chacune est dirigée par un gouverneur, le satrape, et paie un tribut fixe. Un chef militaire distinct, qui ne répond qu'au roi, surveille le satrape.
  • Des routes. Une route royale relie Suse, en Perse, à Sardes, près de la mer Égée. Des relais placés à une journée de cheval les uns des autres permettent aux messagers royaux de changer de monture et de porter les nouvelles très vite.
  • Une monnaie commune, qui facilite le commerce d'un bout à l'autre de l'empire.
  • Une langue d'administration, l'araméen, comprise dans une grande partie du Proche-Orient.

Darius fait aussi construire une nouvelle capitale de cérémonie, Persépolis, à partir de 518 environ. Sur les murs de ses escaliers, des sculptures montrent des délégations de tous les peuples de l'empire apportant leurs cadeaux au roi.

Les rois perses honorent Ahura Mazda, le grand dieu de la religion enseignée par le prophète Zarathoustra, le zoroastrisme. Cette religion insiste sur le choix entre le bien et le mal et sur l'obligation de dire la vérité. Mais les rois n'imposent pas leur religion aux autres peuples.

La guerre contre les Grecs, puis la fin

Darius puis son fils Xerxès tentent de soumettre les cités grecques. Ils échouent à Marathon en 490 et à Salamine en 480. Un siècle et demi plus tard, Alexandre le Grand envahit l'empire, bat le roi Darius III et, en 330, incendie Persépolis.

L'histoire perse ne s'arrête pas là : d'autres empires iraniens suivent, comme celui des Sassanides (224 à 651 de notre ère), grand rival de Rome puis de Byzance, avant la conquête arabe.

Ce qu'il en reste aujourd'hui

  • Une façon de gouverner un très grand territoire : des provinces, des gouverneurs contrôlés, des routes et des relais de poste. Les Romains et bien d'autres l'ont imitée.
  • L'idée qu'un empire peut laisser vivre ses peuples avec leurs langues et leurs religions, tant qu'ils paient l'impôt et obéissent au roi.
  • La langue persane, le farsi, parlée aujourd'hui en Iran, et sous d'autres formes en Afghanistan et au Tadjikistan.
  • Persépolis, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979, près de la ville de Chiraz.

On présente parfois le cylindre de Cyrus, un texte en argile écrit après la prise de Babylone, comme la « première déclaration des droits humains ». Les historiens sont plus prudents : c'est d'abord un texte de propagande royale, qui reprend la façon dont les rois de Babylone parlaient d'eux-mêmes.

Zones d'ombre

La tolérance perse avait des limites. L'empire s'est construit par la guerre, et les peuples qui se révoltaient étaient durement réprimés : Darius a fait graver sur une falaise, à Behistun, le récit des rebelles qu'il avait vaincus et punis. Le tribut pesait lourd sur les provinces.

L'empire connaissait aussi l'esclavage et le travail forcé, comme toutes les grandes puissances de l'époque. Et une grande partie de ce que nous savons vient des Grecs, ses ennemis : leur récit n'est pas neutre.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • Pour vaincre la cavalerie du roi Crésus, Cyrus aurait placé des dromadaires devant son armée : leur odeur effrayait les chevaux.
  • Sur les escaliers de Persépolis, on voit défiler des délégations de nombreux peuples de l'empire, chacun avec ses vêtements et ses cadeaux.
  • Les Perses ont eu une monnaie commune utilisée d'un bout à l'autre de leur empire, de l'Égypte à l'Indus.

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