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La Grèce antique : cités, démocratie et Alexandre le Grand

La Grèce antique n'était pas un pays mais un ensemble de cités indépendantes, souvent rivales. Athènes y a inventé une forme de démocratie, ses penseurs ont posé des questions qu'on se pose encore, et un roi de Macédoine, Alexandre, a porté la langue grecque jusqu'à l'Indus.

13-18 ans

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Où et quand

La Grèce antique s'étend autour de la mer Égée : la Grèce actuelle, ses îles, la côte ouest de la Turquie, et des colonies fondées tout autour de la Méditerranée et de la mer Noire, jusqu'à Marseille ou au sud de l'Italie.

Les historiens découpent son histoire en grandes périodes : l'époque archaïque (vers 800 à 480 avant notre ère), l'époque classique (480 à 323) et l'époque hellénistique, qui commence à la mort d'Alexandre le Grand en 323 et se termine quand Rome prend l'Égypte, en 30 avant notre ère.

Des centaines de cités

Les Grecs parlaient la même langue, honoraient les mêmes dieux, Zeus, Athéna, Apollon, et se retrouvaient aux mêmes fêtes. Mais ils vivaient dans des centaines de cités indépendantes, appelées poleis (au singulier polis). Chaque cité avait ses lois, son armée, sa monnaie.

Deux cités sont restées célèbres pour leurs différences :

  • Sparte, une cité de soldats. Les garçons citoyens étaient entraînés à la guerre dès l'enfance. Le travail de la terre était fait par les hilotes, une population soumise et durement contrôlée.
  • Athènes, une cité de marins, de commerçants et d'artistes, qui a inventé un régime nouveau : la démocratie.

Tous les quatre ans, les cités se retrouvaient à Olympie pour des jeux en l'honneur de Zeus. La tradition fait commencer ces Jeux olympiques en 776 avant notre ère.

La démocratie athénienne

Vers 508 avant notre ère, un Athénien nommé Clisthène réorganise la cité. Le pouvoir n'appartient plus à quelques grandes familles mais au dêmos, le peuple : c'est le sens du mot démocratie, « pouvoir du peuple ».

Concrètement, les citoyens se réunissent en assemblée sur une colline, la Pnyx, pour voter les lois, la guerre ou la paix. Un conseil de 500 membres, tirés au sort chaque année, prépare les décisions. Beaucoup de juges et de magistrats sont aussi tirés au sort : les Athéniens pensaient que n'importe quel citoyen devait pouvoir gouverner. Par l'ostracisme, l'assemblée pouvait même exiler pour dix ans un homme jugé trop puissant.

Au Ve siècle, sous l'influence de Périclès, Athènes est à son sommet. Sur l'Acropole, on construit le Parthénon, temple dédié à Athéna. C'est aussi le siècle des tragédies, des comédies, de l'historien Hérodote, du médecin Hippocrate, et de Socrate, qui interroge ses concitoyens dans les rues jusqu'à sa condamnation à mort en 399.

Des tessons de poterie portant le nom de Thémistocle : pour voter l’ostracisme, chaque citoyen gravait un nom (musée de l’Agora, Athènes).Dorieo · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Guerres contre la Perse, guerres entre Grecs

Au début du Ve siècle, l'Empire perse veut soumettre les cités grecques. Les Grecs l'emportent à Marathon (490), puis à Salamine (480), une bataille navale. Mais ensuite, Athènes et Sparte se disputent la première place. La guerre du Péloponnèse (431 à 404) se termine par la défaite d'Athènes et épuise toute la Grèce.

Alexandre le Grand

Au nord, le royaume de Macédoine profite de cette faiblesse. Son roi Philippe II domine les cités. Son fils Alexandre, né en 356, élève du philosophe Aristote, devient roi en 336 à vingt ans.

En une dizaine d'années, il conquiert l'Empire perse, l'Égypte, où il fonde Alexandrie, et avance jusqu'à l'Indus, dans l'actuel Pakistan. Ses soldats, épuisés, refusent d'aller plus loin. Il meurt à Babylone en 323, à trente-deux ans. Ses généraux se partagent son empire : la famille de l'un d'eux, Ptolémée, règne sur l'Égypte jusqu'à Cléopâtre.

Alexandre le Grand sur une mosaïque de Pompéi (Italie), vers 100 av. J.-C. (musée archéologique de Naples).Bosunkaye · CC0 (domaine public) · Wikimedia Commons

Ce qu'il en reste aujourd'hui

  • Des mots et des idées : démocratie, politique, philosophie, histoire, théâtre, géographie sont des mots grecs.
  • La démocratie, même si la nôtre est très différente : elle élit des représentants et elle a étendu la citoyenneté à toutes et à tous.
  • La philosophie et les sciences : Platon, Aristote, Euclide, Pythagore sont encore étudiés.
  • Les Jeux olympiques, relancés en 1896 à Athènes.
  • L'alphabet grec, d'où viennent l'alphabet latin, que tu lis ici, et l'alphabet cyrillique.

Zones d'ombre

La démocratie athénienne était réservée à une minorité : seuls les hommes adultes, libres, nés de parents athéniens étaient citoyens. Les femmes, les étrangers installés à Athènes et les esclaves, très nombreux, n'avaient pas le droit de voter.

L'esclavage était partout en Grèce, dans les maisons, les ateliers, les mines d'argent. Aristote lui-même pensait que certaines personnes étaient esclaves « par nature ».

Athènes démocratique était aussi une puissance qui imposait sa loi à ses alliés. En 416, ses soldats ont massacré les hommes de l'île de Mélos, qui refusait de se soumettre, et vendu les femmes et les enfants comme esclaves. Les conquêtes d'Alexandre ont fait des dizaines de milliers de morts : la ville de Thèbes a été rasée, et le palais de Persépolis incendié.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • À Athènes, beaucoup de responsables étaient tirés au sort, pas élus : on pensait que tout citoyen devait pouvoir gouverner.
  • Le mot « ostracisme » vient des morceaux de poterie, les *ostraka*, sur lesquels les Athéniens écrivaient le nom de celui qu'ils voulaient exiler.
  • Alexandre le Grand a eu pour professeur le philosophe Aristote.

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