D'où viennent ces idées
Les règles ont longtemps été entourées de silence. Quand on n'en parle pas, les rumeurs prennent la place des connaissances. Selon l'UNESCO, dans de nombreux pays, deux filles sur trois arrivent à la puberté sans savoir ce qui va leur arriver.
Ces croyances existent partout dans le monde, en Afrique comme en Asie, en Europe ou en Amérique. Elles ne disent rien de vrai sur le corps ; elles disent seulement qu'on a manqué d'informations. Voici les plus répandues.
« Pendant les règles, il ne faut pas se laver »
Faux. C'est même le contraire : pendant les règles, l'hygiène compte encore plus. On se lave chaque jour, et même plusieurs fois si besoin, à l'eau et au savon doux. Les Nations unies notent que les traditions qui interdisent de se laver pendant les règles peuvent favoriser les infections et l'inconfort. Dans certaines régions du monde, on croit même que se laver rendrait stérile : c'est faux.
« On ne peut pas faire de sport ni nager »
Faux. Il n'y a vraiment rien qu'une personne qui a ses règles ne puisse pas faire. Courir, danser, nager, travailler, étudier : tout est possible. Des femmes ont participé aux Jeux olympiques, couru des marathons et voyagé dans l'espace pendant leurs règles. Le sport aide même souvent à mieux supporter les crampes.
« Les règles sont une maladie »
Faux. C'est un fonctionnement normal du corps, signe qu'il grandit en bonne santé. Dans une étude menée en RDC en 2018, certaines filles interrogées pensaient pourtant que les règles étaient une maladie : c'est pourquoi en parler à l'école et en famille est si important.
« Le sang des règles est sale, impur ou dangereux »
Faux. Le sang des règles est fait de sang ordinaire et de la paroi de l'utérus. Il n'a aucune propriété dangereuse. Il ne fait faner ni les plantes, ni pourrir la nourriture, ni tomber malade les animaux, contrairement à ce que racontent de vieilles croyances.
Dans certains endroits, des filles doivent dormir hors de la maison, ne pas cuisiner, ne pas toucher certains objets pendant leurs règles. Ce sont des coutumes, pas des règles de santé, et elles peuvent mettre les filles en danger.
« Certains aliments sont interdits »
Faux. On entend qu'il faudrait éviter les aliments froids, acides ou d'autres plats. Aucune recommandation médicale n'interdit un aliment pendant les règles. Se priver peut même manquer au corps, qui a besoin de fer.
« Un tampon peut se perdre dans le corps »
Faux. L'ouverture du col de l'utérus est minuscule, pas plus large qu'une paille. Un tampon reste dans le vagin et se retire par son cordon.
« Les premières règles veulent dire qu'une fille est prête à se marier »
Faux, et dangereux. Les règles montrent que le corps commence à pouvoir porter un bébé, pas qu'une fille est adulte. Les Nations unies rappellent que cette croyance expose des filles au mariage d'enfants, aux violences et aux grossesses précoces. Une fille de 12 ans qui a ses règles reste une enfant.
« Pendant leurs règles, les femmes sont moins capables »
Faux. Ce préjugé a servi pendant des siècles à écarter les femmes de certains métiers ou responsabilités. Des femmes qui ont leurs règles dirigent, jugent des procès, exercent des responsabilités religieuses ou participent aux Jeux olympiques. Certaines ont des sautes d'humeur avant leurs règles, d'autres non ; cela ne retire rien à leurs capacités.
Les règles et l'école
Avoir ses règles n'est pas une raison de manquer l'école. Mais selon l'UNICEF, environ la moitié des écoles des pays à faible revenu manquent d'eau, de toilettes ou d'hygiène suffisantes, et cela pousse des filles à rester chez elles pendant leurs règles. Dans certaines régions d'Afrique subsaharienne, jusqu'à une fille sur trois manque régulièrement l'école pendant ses règles, selon le Fonds des Nations unies pour la population.
Le problème n'est donc pas le corps des filles : c'est le manque d'eau, de toilettes fermées et de protections. Des toilettes propres et séparées font partie des mesures qui gardent le mieux les filles en classe.
La dignité
L'Organisation mondiale de la santé demande que les règles soient vues comme quelque chose de positif et de sain, et non comme une honte. Chaque fille a droit à l'information, à des protections, à de l'eau, à des toilettes, et au respect.
Face à une moquerie, on peut répondre calmement que les règles sont normales et concernent la moitié de l'humanité, puis en parler à un adulte de confiance si cela continue. Et pour toute question sur ses propres règles, une infirmière scolaire, un agent de santé ou un centre de santé donnent des réponses fiables, bien plus que les rumeurs.
Le savais-tu ?
- Selon l'UNESCO, dans de nombreux pays, deux filles sur trois n'ont pas les connaissances dont elles ont besoin quand arrivent la puberté et les premières règles.
- Dans les années 1930, des scientifiques occidentaux ont imaginé que le corps des femmes en règles produisait un poison, les « ménotoxines ». C'était faux : le sang des règles n'a rien de dangereux.
- Selon l'UNICEF, une femme a ses règles pendant environ sept ans au total au cours de sa vie.
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Le corps qui change à la puberté
Vers 8 à 13 ans, le corps d'une fille commence à se transformer : la poitrine pousse, des poils apparaissent, la taille s'allonge, puis viennent les premières règles. Tout cela suit un ordre assez régulier, mais chacune avance à son propre rythme.
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