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Eliud Kipchoge, double champion olympique du marathon

Le Kényan Eliud Kipchoge a gagné le marathon olympique en 2016 et en 2021, battu deux fois le record du monde et couru en 2019, à Vienne, un marathon en moins de deux heures, dans des conditions qui ne permettaient pas de l'homologuer. Son record de 2022 a été battu depuis, et la barrière des deux heures est tombée officiellement en 2026, à Londres.

13-18 ans

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Eliud Kipchoge au marathon de Berlin, le 27 septembre 2015, qu’il a remporté.Denis Barthel · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Eliud Kipchoge naît le 5 novembre 1984 à Kapsisiywa, dans le comté de Nandi, sur les hauts plateaux de l'ouest du Kenya.

Il commence par le 5 000 mètres sur piste (douze tours et demi de stade), puis passe au marathon, une course sur route de 42,195 kilomètres. Pour se représenter sa vitesse : lors de son record de 2018, il court la seconde moitié de la course à environ 4 minutes 37 secondes par mile (1,6 kilomètre), une allure que peu de coureurs amateurs tiennent même sur un seul kilomètre.

Ses exploits

  • Champion du monde du 5 000 mètres en 2003, à 18 ans, devant l'Éthiopien Kenenisa Bekele.
  • Médaille de bronze (2004) puis d'argent (2008) aux Jeux olympiques sur 5 000 mètres.
  • Champion olympique du marathon à Rio en 2016, avec 70 secondes d'avance, puis à Tokyo (épreuve courue en 2021, les Jeux ayant été repoussés d'un an).
  • Record du monde du marathon en 2018 à Berlin (2 h 01 min 39 s), puis de nouveau en 2022 à Berlin (2 h 01 min 09 s). Ce record est battu en 2023 par son compatriote Kelvin Kiptum (2 h 00 min 35 s).
  • Le 12 octobre 2019, à Vienne, il court 42,195 kilomètres en 1 h 59 min 40 s, première fois qu'un humain passe sous les deux heures, mais pas en course officielle (voir plus bas).

Comment

Avec un mentor fidèle. Adolescent, il reçoit son premier plan d'entraînement de Patrick Sang, un ancien coureur de 3 000 mètres steeple. Sang reste son entraîneur pendant toute sa carrière : c'est dans ses bras qu'il saute après son record de 2018.

En changeant de distance. Après deux médailles olympiques sur piste, il se lance sur route. Le marathon demande une autre patience : des semaines de longues sorties et une gestion très fine de l'effort.

En courant seul quand il le faut. À Berlin en 2018, deux de ses trois lièvres (des coureurs chargés d'imposer le rythme) abandonnent peu après le 15e kilomètre. Il court les 17 derniers kilomètres seul, et bat malgré tout le record de 78 secondes.

Avec une devise. Après Vienne, il dit espérer avoir montré que « aucun être humain n'est limité » (traduit de l'anglais), une phrase devenue sa marque.

Un moment légendaire

Vienne, 12 octobre 2019, sur la grande avenue du parc du Prater. Kipchoge a 34 ans. Il court derrière une voiture qui projette au sol un laser vert indiquant l'allure à tenir. Autour de lui, une trentaine de lièvres, d'excellents coureurs, entrent et sortent de la course à tour de rôle pour l'aider à garder le rythme. À mi-course, il passe en 59 min 35 s : il est dans les temps. Il franchit la ligne en 1 h 59 min 40 s. « Je suis l'homme le plus heureux », dit-il (traduit de l'anglais).

Pourquoi c'est une légende

Parce qu'il a dominé le marathon pendant près de dix ans, avec deux titres olympiques et deux records du monde, et parce que la barrière des deux heures, longtemps jugée impossible, est devenue grâce à lui un objectif crédible. En 2016, il n'était que le deuxième Kényan champion olympique du marathon, après Sammy Wanjiru en 2008. Aux Jeux de Paris en 2024, à 39 ans, il abandonne : même les plus grands finissent par trouver plus forts qu'eux.

Zones d'ombre et débats

Un exploit qui n'est pas un record. À Vienne, la voiture qui ouvre la route et les lièvres qui se relaient sont interdits par le règlement des courses officielles. L'organisateur, le groupe chimique Ineos, n'a même pas demandé l'homologation. C'était une expérience, pas une compétition.

Des records qui passent. Le record de 2022 tombe en octobre 2023 à Chicago, couru par Kelvin Kiptum, 23 ans. Kiptum meurt en février 2024, à 24 ans, dans un accident de la route au Kenya, quelques jours après la ratification de son record. Puis, le 26 avril 2026, à Londres, le Kényan Sabastian Sawe court en 1 h 59 min 30 s et devient le premier à passer sous les deux heures dans une course officielle.

La part de la technologie. Les chaussures de course, de plus en plus légères et rebondissantes, aident les coureurs d'aujourd'hui. Pour Londres 2026, l'équipe de Sawe mettait en avant des chaussures de 97 grammes, les plus légères de l'histoire. Mesurer ce qui revient à l'athlète et ce qui revient au matériel fait débat.

Ce qu'on peut en retenir

  • Un bon entraîneur peut accompagner toute une vie de sportif : Patrick Sang l'a suivi depuis l'adolescence.
  • On peut changer de chemin et réussir encore mieux : la piste, puis la route.
  • Un exploit et un record ne sont pas la même chose : un record se court selon des règles communes.
  • Les records sont faits pour être battus, et c'est une bonne nouvelle pour le sport.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • À Berlin en 2018, ses lièvres ont abandonné tôt : il a couru seul les 17 derniers kilomètres, et a quand même battu le record du monde de 78 secondes.
  • À Vienne en 2019, une voiture projetait un laser vert au sol pour lui indiquer l'allure à tenir.
  • Il a été champion du monde du 5 000 mètres à 18 ans, en 2003, avant de devenir marathonien.

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