Qui, quand, où
Dikembe Mutombo naît le 25 juin 1966 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (le pays s'appelle alors encore Congo, puis Zaïre à partir de 1971). Il mesure à l'âge adulte 2,18 mètres.
Son sport, le basket-ball, se joue à cinq contre cinq : il faut lancer le ballon dans un panier accroché à plus de trois mètres de haut. Le championnat le plus suivi du monde est la NBA, en Amérique du Nord. Mutombo y joue dix-huit saisons, de 1991 à 2009. Il meurt le 30 septembre 2024, à cinquante-huit ans, d'un cancer du cerveau.
Ses exploits
- Quatre fois élu meilleur défenseur de la NBA (en 1995, 1997, 1998 et 2001). En 1998, il est le premier joueur à recevoir ce titre trois fois.
- Huit fois sélectionné pour le match des étoiles de la NBA, qui réunit chaque année les meilleurs joueurs.
- Le deuxième plus grand nombre de contres de toute l'histoire de la NBA. Un contre, c'est quand un défenseur repousse le tir d'un adversaire.
- Son numéro, le 55, est retiré par deux équipes, Denver et Atlanta : plus personne ne le portera chez elles.
- Entré en 2015 au Temple de la renommée du basket, le musée américain qui honore les plus grands joueurs.
- En 2007, il ouvre à Kinshasa l'hôpital Biamba Marie Mutombo.
Comment
En changeant de projet. Mutombo arrive aux États-Unis à vingt et un ans pour étudier à l'université de Georgetown, à Washington. Il veut devenir médecin. Mais l'entraîneur de l'équipe de basket, John Thompson, remarque sa taille et le convainc de jouer. Trois saisons plus tard, en 1991, l'équipe de Denver le choisit en quatrième position parmi tous les jeunes joueurs du pays.
En choisissant la défense. À son époque, le public applaudit surtout ceux qui marquent. Mutombo, lui, se fait une spécialité de l'inverse : empêcher l'autre de marquer. Il apprend à se placer sous le panier, à sauter au bon moment, à ne pas commettre de faute. Il est le joueur qui contre le plus de tirs de toute la ligue cinq saisons de suite.
En durant. Il joue pour six équipes : Denver, Atlanta, Philadelphie, New Jersey, New York et Houston. Il dispute sa dernière saison à quarante-deux ans, un âge où presque tous les joueurs ont arrêté depuis longtemps.
En apprenant les langues des autres. Il parle neuf langues. Cela l'aide à se faire comprendre partout où il va, sur le terrain comme dans ses voyages humanitaires.
Avec d'autres. John Thompson, qui a vu le joueur avant que lui-même n'y croie ; ses coéquipiers, car un contreur n'a de valeur que si l'équipe récupère le ballon ; et sa famille, qui l'a suivi dans ses projets pour la RDC.
Un moment légendaire
Printemps 1994. Dans le tableau final de la NBA, les seize meilleures équipes sont classées de 1 à 8 dans chaque moitié du pays. Denver, classée 8e, affronte Seattle, classée 1re. Personne n'a jamais vu une équipe classée 8e battre une équipe classée 1re.
Denver perd les deux premiers matchs, puis gagne les trois suivants. Au coup de sifflet final du dernier match, Mutombo s'écroule sur le parquet, allongé sur le dos, le ballon serré au-dessus de sa tête, avec un immense sourire. C'est la première fois dans l'histoire de la NBA qu'une équipe classée 8e élimine la 1re. La photo fait le tour du monde.
Et quand il contre un tir, il fait souvent un geste resté célèbre : il agite l'index de gauche à droite, comme pour dire « pas chez moi ».
Pourquoi c'est une légende
Parce qu'il a montré qu'un défenseur peut être une star. Parce qu'il a ouvert la voie aux joueurs africains en NBA : le Camerounais Joel Embiid a dit qu'il était l'un de ses modèles.
Et parce qu'il ne s'est pas arrêté au sport. En 1998, pendant des combats à Kinshasa, sa mère tombe malade ; à cause du couvre-feu imposé par les soldats, elle ne peut pas être conduite à l'hôpital, et elle meurt chez elle. Mutombo crée alors une fondation et fait bâtir un hôpital qui porte son nom, Biamba Marie Mutombo, ouvert en 2007. La NBA a fait de lui son premier ambassadeur mondial.
Ce qu'on peut en retenir
- On peut réussir dans un domaine qu'on n'avait pas prévu : il voulait être médecin, il a aussi soigné, autrement.
- Faire le travail que les autres ne regardent pas (défendre, aider) peut devenir une force.
- Un échec personnel, la mort de sa mère, peut devenir un projet pour les autres.
- Durer demande autant de discipline que gagner.
Pour aller plus loin
- Basket et volley : deux sports de main, pour comprendre les règles du basket.
- Le combat du siècle : Kinshasa, 1974, quand Kinshasa accueillait déjà le sport mondial, huit ans après la naissance de Mutombo.
Le savais-tu ?
- Mutombo est arrivé aux États-Unis pour devenir médecin. C'est l'entraîneur John Thompson qui l'a convaincu de jouer au basket.
- Le soir où les supporters de Denver lui ont rendu hommage après sa mort, en octobre 2024, ils ont applaudi pendant 55 secondes : le numéro de son maillot.
- Il parlait neuf langues.
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