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Carl Lewis, neuf fois champion olympique de sprint et de saut en longueur

L'Américain Carl Lewis a gagné neuf médailles d'or olympiques de 1984 à 1996, dont quatre aux mêmes Jeux, comme Jesse Owens avant lui, et quatre titres de suite au saut en longueur. Son nom est aussi lié à deux affaires de dopage : celle de Ben Johnson, qui lui a valu l'or de 1988, et la sienne, révélée en 2003 et jugée sans faute par la fédération internationale.

13-18 ans

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Carl Lewis à Washington en 1996, l’année de sa neuvième médaille d’or olympique.Kingkongphoto & www.celebrity-photos.com from Laurel Maryland, USA · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Qui, quand, où

Frederick Carlton Lewis, dit Carl Lewis, naît le 1er juillet 1961 à Birmingham, dans l'Alabama, dans le sud des États-Unis.

Il pratique deux familles d'épreuves de l'athlétisme. Le sprint : le 100 mètres, le 200 mètres et le relais 4 x 100 mètres, où quatre coureurs se passent un bâton. Et le saut en longueur, où l'on court vers une planche puis on saute le plus loin possible dans un bac de sable.

Ses exploits

  • Neuf médailles d'or olympiques et une d'argent, à quatre Jeux de suite.
  • Quatre titres aux Jeux de Los Angeles en 1984 : 100 m, 200 m, relais 4 x 100 m et saut en longueur. Ce sont exactement les quatre victoires de Jesse Owens à Berlin, en 1936.
  • Quatre titres olympiques de suite au saut en longueur : 1984, 1988, 1992 et 1996.
  • Huit titres de champion du monde.
  • Deux fois recordman du monde du 100 mètres (1988 et 1991, records battus depuis), et membre de six équipes de relais qui ont battu le record du monde du 4 x 100 mètres.

Comment

En étant polyvalent. Rares sont les athlètes qui gagnent à la fois en sprint et en saut. Lewis s'appuie sur sa vitesse de course pour sauter loin : au saut en longueur, plus on arrive vite à la planche, plus on peut s'envoler.

En durant. Entre ses premiers titres mondiaux de 1983 et son dernier titre olympique de 1996, il reste au plus haut niveau pendant treize ans. À Atlanta, à 35 ans, il gagne encore le saut en longueur.

En faisant changer le métier d'athlète. Selon Olympedia, beaucoup d'athlètes lui attribuent la hausse des sommes versées aux coureurs pour participer aux réunions.

Un moment légendaire

Tokyo, 1991, finale du saut en longueur des championnats du monde. Carl Lewis est le grand favori. En face de lui, son compatriote Mike Powell. Lewis réalise la plus belle série de sa vie : un saut à 8,91 mètres, plus loin que le record du monde de Bob Beamon (8,90 m, établi en 1968), mais avec trop de vent dans le dos pour être homologué, puis 8,87 mètres, son meilleur saut officiel. Et pourtant, Powell s'envole à 8,95 mètres : nouveau record du monde, battu pour la première fois depuis vingt-trois ans. Lewis termine deuxième de ce qu'Olympedia appelle « le plus grand duel de l'histoire du saut en longueur ».

Pourquoi c'est une légende

Parce qu'Olympedia le considère comme « le plus grand athlète de l'histoire de l'athlétisme » aux yeux de beaucoup, avec dix médailles olympiques. Parce qu'il a égalé Jesse Owens en 1984, quarante-huit ans après Berlin, et l'Américain Al Oerter, champion olympique du disque quatre fois de suite, en gagnant quatre fois le saut en longueur. Pourtant, note Olympedia, il n'a jamais été très populaire auprès du public américain.

Zones d'ombre et débats

L'or de Séoul. Aux Jeux de Séoul en 1988, le Canadien Ben Johnson bat Lewis au 100 mètres en battant le record du monde. Le lendemain, Johnson est disqualifié : il est contrôlé positif à un stéroïde, un produit dopant. Lewis reçoit la médaille d'or et le record du monde.

Les contrôles de 1988. En 2003, un ancien responsable du comité olympique américain, le docteur Wade Exum, publie des documents : Lewis a été contrôlé positif trois fois aux sélections américaines de juillet 1988, à des traces de stimulants qu'on trouve dans des médicaments contre le rhume. Le comité olympique américain avait jugé l'usage « involontaire » et l'avait laissé courir avec un simple avertissement. Lewis a reconnu ces contrôles. En mai 2003, la fédération internationale d'athlétisme a déclaré que le comité avait suivi les règles de l'époque et que Lewis n'avait commis aucune infraction de dopage. Le président de l'Agence mondiale antidopage, Dick Pound, a pourtant jugé la situation « très grave » (traduit de l'anglais). Le débat montre combien les règles antidopage étaient moins strictes à l'époque.

Ce qu'on peut en retenir

  • Être bon dans deux domaines différents est possible quand ils reposent sur une même qualité, ici la vitesse.
  • On peut perdre en réalisant la meilleure performance de sa vie : c'est ce qui rend le duel de Tokyo si beau.
  • Un record ou une médaille obtenus grâce à la disqualification d'un tricheur restent mérités, mais ils rappellent le poids du dopage.
  • Les règles changent avec le temps ; on juge une action selon les règles de son époque, tout en se demandant si elles étaient justes.

Pour aller plus loin

Le savais-tu ?

  • En 1984, Carl Lewis a gagné les quatre mêmes épreuves que Jesse Owens en 1936 : 100 m, 200 m, relais 4 x 100 m et saut en longueur.
  • À Tokyo en 1991, il a sauté 8,87 mètres, le meilleur saut de sa carrière, et il a pourtant perdu : Mike Powell a battu le record du monde avec 8,95 mètres.
  • Il a gagné le saut en longueur à quatre Jeux olympiques de suite, de 1984 à 1996.

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