Le go
Entourer des territoires avec des pierres noires et blanches : un jeu né en Chine il y a plus de 2 500 ans.
Les leçons
- 1Poser une pierre et compter ses libertésLe goban, les intersections, et ce qui fait respirer une pierre.Premiers pas · 5 étapes
- 2Capturer des pierresBoucher la dernière liberté, et pourquoi le suicide est interdit.Premiers pas · 4 étapes
- 3L’atariMenacer de capturer, choisir le bon côté, et le double atari.Premiers pas · 3 étapes
- 4Se défendreAllonger, relier, capturer pour se sauver, et se méfier de l’échelle.Premiers pas · 4 étapes
- 5Le koPourquoi on ne peut pas reprendre tout de suite, et comment on gagne un ko.Pour progresser · 3 étapes
- 6Les yeux et la vie d’un groupeUn œil, deux yeux : ce qui sépare un groupe vivant d’un groupe mort.Pour progresser · 4 étapes
- 7Le territoire et le décompteComment finit une partie, les pierres mortes, l’aire et le komi.Pour progresser · 4 étapes
- 8Les premiers coups : coins, bords, centreOù jouer au début de la partie, et pourquoi.Pour progresser · 4 étapes
- 9L’échelle et le filetDeux techniques pour capturer une pierre qui s’enfuit.Pour aller loin · 3 étapes
Un jeu né en Chine il y a plus de 2 500 ans
Le go est probablement né en Chine, il y a plus de 2 500 ans. Les plus anciens textes qui en parlent datent de l’époque de Confucius, qui le cite lui-même. Les Chinois l’appellent weiqi, ce qui veut dire à peu près « le jeu d’encerclement ».
Le jeu est arrivé en Corée vers le Ve siècle, où on l’appelle baduk, puis au Japon, où il devient igo, ou simplement go. En 701, un décret de l’impératrice Jitō autorise les nobles japonais à y jouer.
Le matériel est très simple : un plateau quadrillé, le goban, et des pierres noires et blanches. Mais le nombre de parties possibles est immense, bien plus grand que celui des échecs.
Weiqi
Chine
Le nom chinois du jeu : « le jeu d’encerclement ».
Baduk
Corée
Le nom coréen. La Corée compte aujourd’hui parmi les plus forts pays de go.
Igo
Japon
Le nom japonais, d’où vient le mot « go » utilisé dans le monde entier.
Le Japon et ses grandes écoles
Au Japon, des moines fondent à Kyoto l’école Hon’inbō, la plus célèbre des écoles de go. Sous les shoguns Tokugawa, quatre grandes maisons rivalisent pour former les meilleurs joueurs, et les plus forts jouent chaque année devant le shogun.
C’est au Japon que le go moderne prend sa forme : on y abandonne, au XVe siècle, l’habitude de commencer avec quatre pierres déjà posées.
De grands joueurs
Le go a ses légendes, comme les échecs ont les leurs. Voici quelques joueurs que les amateurs du monde entier admirent encore.
Hon’inbō Shūsaku
Japon, 1829-1862
Invaincu en 19 parties devant le shogun. Son « coup qui fit rougir les oreilles », en 1846, est resté célèbre.
Go Seigen
Chine et Japon, 1914-2014
Né en Chine, il part au Japon à 14 ans. Avec son ami Kitani Minoru, il invente en 1933 une nouvelle façon d’ouvrir la partie.
Lee Chang-ho
Corée du Sud
Considéré comme le meilleur joueur du monde dans les années 1990.
Lee Sedol
Corée du Sud
Un des plus forts joueurs de sa génération, resté célèbre pour son match contre AlphaGo en 2016.
Shin Jin-seo
Corée du Sud, né en 2000
Numéro un du classement officiel coréen sans interruption depuis janvier 2020.
AlphaGo, 2016 : une machine bat un champion
Pendant longtemps, on a pensé qu’aucun ordinateur ne battrait un grand joueur de go : il y a trop de coups possibles pour tout calculer. Puis, du 9 au 15 mars 2016, à Séoul, le programme AlphaGo, créé par l’entreprise DeepMind (Google), affronte le Coréen Lee Sedol.
AlphaGo gagne 4 parties sur 5. Son 37e coup de la deuxième partie surprend tous les experts : aucun professionnel ne l’aurait joué. Mais Lee Sedol gagne la quatrième partie grâce à un coup génial, son 78e, que des commentateurs ont appelé un « coup divin ». L’année suivante, AlphaGo bat aussi Ke Jie, le meilleur joueur chinois, en trois parties.
Depuis, les joueurs professionnels étudient avec ces programmes. L’ordinateur de cette page est bien plus modeste, mais il utilise une idée proche : jouer des milliers de parties au hasard pour voir quels coups gagnent le plus souvent.
Le go dans le monde et en Afrique
Plus de quarante millions de personnes jouent au go aujourd’hui, surtout en Asie de l’Est, mais aussi environ un million en Europe. La Fédération internationale de go réunit 79 pays membres.
En Afrique, le go est encore jeune. Trois pays sont membres de la Fédération internationale : l’Afrique du Sud, avec la South African Go Association fondée en 1993, qui organise des tournois nationaux et un classement, et Madagascar et le Maroc, dont les associations datent de 1999.
Les règles tiennent en quelques lignes et le matériel peut se fabriquer avec un carton et des capsules : le go peut se jouer partout, à l’école comme à la maison.