Les échecs
Le grand jeu de stratégie né en Inde il y a environ 1 500 ans. Deux armées, un roi à protéger, et des millions de parties possibles.
Les leçons
- 1Le plateau et les piècesLes 64 cases, leur nom, et la place de chaque pièce au départ.Premiers pas · 5 étapes
- 2La tourElle file en ligne droite, aussi loin qu’elle veut.Premiers pas · 3 étapes
- 3Le fouIl glisse en diagonale et ne change jamais de couleur.Premiers pas · 3 étapes
- 4La dame et le roiLa pièce la plus puissante, et la plus précieuse.Premiers pas · 4 étapes
- 5Le cavalierIl saute en forme de L, par-dessus les autres pièces.Premiers pas · 3 étapes
- 6Le pionIl avance tout droit, mais il prend en diagonale.Premiers pas · 3 étapes
- 7L’échec au roiQuand le roi est attaqué : fuir, s’interposer ou prendre.Premiers pas · 3 étapes
- 8Échec et matLe roi attaqué qui ne peut plus s’échapper : la partie est gagnée.Premiers pas · 3 étapes
- 9Le roqueUn coup spécial pour mettre le roi à l’abri et sortir une tour.Pour progresser · 3 étapes
- 10La prise en passant et la promotionLes deux coups spéciaux du pion.Pour progresser · 3 étapes
- 11La valeur des piècesCompter pour savoir si un échange est bon.Pour progresser · 3 étapes
- 12Bien commencer une partieLe centre, les pièces qui sortent, le roi à l’abri.Pour progresser · 5 étapes
- 13Les mats simplesGagner avec un roi et une dame, ou un roi et une tour.Pour aller loin · 4 étapes
- 14Fourchettes et clouagesAttaquer deux pièces à la fois, ou en immobiliser une.Pour aller loin · 4 étapes
D’où viennent les échecs ?
Les échecs sont nés en Inde. Vers le 6e ou le 7e siècle, sous l’empire Gupta, on y jouait au chaturanga, un mot sanskrit qui veut dire « les quatre parties » : les quatre corps d’une armée, l’infanterie, la cavalerie, les chars et les éléphants. On le jouait sur un plateau de 8 cases sur 8, et le but était déjà de prendre au piège le roi adverse.
Le jeu passe ensuite en Perse, où il devient le chatrang, puis le shatranj. C’est de là que vient l’expression « échec et mat » : en persan, « shâh » veut dire « roi », et « shâh mât » signifie à peu près « le roi est vaincu ». Le monde musulman adopte ensuite le jeu : la plus ancienne partie dont on a gardé les coups a été jouée à Bagdad, au 10e siècle.
Au 10e siècle, les marchands et les savants musulmans l’ont déjà porté en Afrique du Nord, en Sicile et en Espagne : c’est par là qu’il entre en Europe. Les pièces étaient alors lentes : le conseiller ne bougeait que d’une case en diagonale. Vers 1475, en Espagne et en Italie, il devient la dame toute puissante d’aujourd’hui, et le fou gagne ses longues diagonales. Les parties deviennent rapides et spectaculaires : ce sont les échecs modernes.
Le jeu a aussi des cousins nés du même ancêtre indien : le xiangqi en Chine, le shogi au Japon, le janggi en Corée. Aujourd’hui, la Fédération internationale des échecs (FIDE) réunit des fédérations du monde entier, et des millions de personnes jouent chaque jour, autour d’un plateau ou sur un téléphone.
De grands joueurs
Depuis 1886, un championnat du monde désigne le meilleur joueur de la planète. Quelques noms ont marqué l’histoire, chacun à sa façon.
Wilhelm Steinitz
Autriche, puis États-Unis
Premier champion du monde officiel, en 1886. Il a montré qu’on gagne en accumulant de petits avantages, pas seulement par des attaques folles.
Garry Kasparov
Union soviétique, Russie
Champion du monde de 1985 à 2000, célèbre pour son jeu d’attaque. En 1997, il perd un match contre l’ordinateur Deep Blue : un moment historique.
Judit Polgár
Hongrie
Grand maître à 15 ans, en 1991, plus jeune que Bobby Fischer avant elle. Seule femme à être entrée dans les dix meilleurs joueurs du monde : 8e en 2004.
Magnus Carlsen
Norvège
Champion du monde de 2013 à 2023. En 2014, il atteint 2882 points au classement Elo, le record de tous les temps.
Gukesh Dommaraju
Inde
En décembre 2024, à 18 ans, il bat Ding Liren et devient le plus jeune champion du monde de l’histoire. Le jeu est revenu dans son pays d’origine.
Ahmed Adly
Égypte
Grand maître en 2005, puis champion du monde junior en 2007 : le premier joueur d’un pays africain à gagner un grand titre mondial.
Les échecs en Afrique
Depuis 1998, la FIDE organise un championnat d’Afrique. La première édition s’est jouée au Caire, en Égypte. L’Égypte et l’Algérie y brillent souvent : l’Égyptien Ahmed Adly l’a gagné quatre fois, son compatriote Bassem Amin plusieurs fois aussi. Le vainqueur gagne sa place dans la course au titre mondial.
Au sud du Sahara, le Zambien Amon Simutowe est devenu en 2009 le premier grand maître d’Afrique subsaharienne. Le Sud-Africain Kenny Solomon l’a suivi : en gagnant le championnat d’Afrique fin 2014, il est devenu le premier grand maître de son pays.
En Ouganda, Phiona Mutesi a appris à jouer enfant dans le quartier pauvre de Katwe, à Kampala. Elle a représenté son pays à quatre olympiades d’échecs, et son histoire est racontée dans le film « Queen of Katwe » (Disney, 2016).
En RD Congo, une fédération nationale organise un championnat et des compétitions entre écoles à Kinshasa. En mars 2026, la FIDE a présenté un projet pour introduire les échecs dans environ 200 écoles du pays.