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Amerique du Sud · Plateau des Guyanes

Suriname

République du Suriname

Le Suriname est le plus petit pays d'Amérique du Sud. Ancienne colonie néerlandaise, c'est le seul pays des Amériques dont la langue officielle est le néerlandais. La forêt tropicale couvre plus de 90 % de son territoire, l'une des proportions les plus élevées du monde. Ses habitants ont des origines africaines, indiennes, javanaises, chinoises, européennes et amérindiennes, et parlent une vingtaine de langues.

La réserve naturelle du Suriname central, qui protège l’une des plus grandes forêts tropicales intactes du monde.David Evers · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Paramaribo
Monnaie
Dollar du Suriname (SRD)
Superficie
163 820 km²
Contour du territoire : Suriname

Géographie

La côte et la forêt

Une étroite plaine côtière, faite d'argile et de marais, longe l'Atlantique. C'est là que se trouvent la capitale, Paramaribo, et la plupart des villes. Au sud, la forêt tropicale du plateau des Guyanes couvre presque tout le pays, traversée par de grands fleuves (Suriname, Coppename, Maroni à la frontière de la Guyane française).

Une réserve immense

La réserve naturelle du Suriname central, inscrite au patrimoine mondial en 2000, protège environ 11 % du territoire : une forêt primaire sans routes, avec des inselbergs, des dômes de granit qui dépassent de la canopée. Le point culminant du pays, le Julianatop, y atteint environ 1 230 mètres. Parce que ses forêts absorbent plus de gaz carbonique que le pays n'en rejette, le Suriname fait partie des rares pays au bilan carbone négatif.

Un grand lac artificiel

En 1964, un barrage sur le fleuve Suriname a créé le lac de Brokopondo, l'un des plus grands lacs de barrage du monde, pour fournir l'électricité d'une usine d'aluminium. La bauxite, minerai de l'aluminium, puis l'or et le pétrole ont fait l'économie du pays.

Histoire

Une colonie échangée contre New York

Des peuples amérindiens, comme les Kalinas et les Lokonos, vivaient là bien avant les Européens. Des colons anglais s'installent vers 1650. En 1667, à la paix de Breda, les Néerlandais gardent le Suriname, qu'ils viennent de conquérir, et laissent aux Anglais la Nouvelle-Amsterdam, en Amérique du Nord, qui deviendra New York.

Plantations et peuples marrons

  • Les plantations de sucre, de café et de cacao reposent sur le travail d'Africains réduits en esclavage, soumis à une grande violence.
  • Beaucoup s'enfuient dans la forêt et y fondent des sociétés libres, les Marrons : Ndyukas, Saamakas, Matawais, Alukus et d'autres. Dès 1760 et 1762, la colonie doit signer des traités de paix avec eux, un siècle avant l'abolition.
  • 1er juillet 1863 : abolition de l'esclavage, fêtée chaque année sous le nom de Keti Koti, « les chaînes brisées ».
  • De 1873 à 1916, des travailleurs sous contrat arrivent d'Inde, puis, de 1890 à 1939, de Java, en Indonésie, alors colonie néerlandaise.

L'indépendance

Le Suriname devient indépendant le 25 novembre 1975. En 1980, un coup d'État militaire porte au pouvoir Dési Bouterse. En décembre 1982, quinze opposants sont exécutés à Paramaribo ; de 1986 à 1992, une guerre oppose l'armée à des rebelles marrons dans l'intérieur. Des gouvernements civils sont élus depuis 1991. En 2025, Jennifer Geerlings-Simons devient la première femme présidente du pays.

Le centre historique de Paramaribo, la capitale, avec ses maisons de bois coloniales inscrites au patrimoine mondial.Rafaeljantz · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
La grande mosquée de Paramaribo, voisine de la synagogue Neve Shalom : un symbole de la coexistence des religions au Suriname.Brokopondo · Domaine public · Wikimedia Commons

Culture

Une mosquée à côté d'une synagogue

Dans la Keizerstraat, au centre de Paramaribo, une mosquée et une synagogue se dressent côte à côte. Le centre historique de la ville, avec ses maisons de bois blanches du XVIIIe siècle, est inscrit au patrimoine mondial depuis 2002. Hindous, musulmans, chrétiens et juifs y fêtent chacun leurs jours saints, souvent ensemble.

Langues et cuisine

Le néerlandais sert à l'école et à l'administration, mais dans la rue on parle le sranan tongo, une langue créole comprise par presque tous. La cuisine mélange les héritages : le roti indien, le bami javanais, et le pom, un gratin de racine de taro et de poulet. De nombreux footballeurs de l'équipe des Pays-Bas, comme Ruud Gullit ou Clarence Seedorf, ont des racines surinamaises.

Le tjauw min, nouilles sautées d’origine chinoise : la cuisine du Suriname mêle traditions africaines, indiennes, javanaises et chinoises.Takeaway · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
La kotomisi, costume traditionnel des femmes créoles du Suriname, avec sa coiffe en tissu nouée qui transmet des messages.Ymnes · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

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