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Oceanie · Australasie

Nouvelle-Zélande

Nouvelle-Zélande / Aotearoa

La Nouvelle-Zélande, Aotearoa en langue maori, est un pays de deux grandes îles posé sur la limite de deux plaques de l'écorce terrestre : de là viennent ses montagnes, ses volcans et ses milliers de séismes annuels. Isolée en pleine mer, elle a vu évoluer une faune presque sans mammifères terrestres, où des oiseaux ont perdu l'usage du vol. Les Maori y sont arrivés vers 1250-1300 ; le traité signé en 1840 avec la Couronne britannique, rédigé en deux versions qui ne disent pas la même chose, structure encore la vie politique du pays.

Le pic Mitre au-dessus du Milford Sound, fjord du parc national de Fiordland, dans le sud-ouest de l’île du Sud.Wikikiwiman at English Wikipedia · Domaine public · Wikimedia Commons
Capitale
Wellington
Monnaie
Dollar néo-zélandais (NZD)
Superficie
268 021 km²
Contour du territoire : Nouvelle-Zélande

Géographie

Deux îles sur une couture de la Terre

L'Île du Nord et l'Île du Sud sont séparées par le détroit de Cook, large d'une vingtaine de kilomètres à son goulet. L'archipel chevauche la limite entre la plaque australienne et la plaque pacifique, et c'est cette couture qui dessine tout le relief.

  • Dans l'Île du Sud, les deux plaques se chevauchent le long de la faille alpine et soulèvent les Alpes du Sud, dont le sommet, Aoraki / Mont Cook, culmine à environ 3 724 m. Des glaciers y descendent jusqu'à quelques centaines de mètres d'altitude, et le sud-ouest est découpé en fjords creusés par la glace (Fiordland).
  • Dans l'Île du Nord, une plaque plonge sous l'autre : d'où la zone volcanique de Taupo, avec le Ruapehu, le Tongariro et le Ngauruhoe, des geysers et des sources bouillantes à Rotorua. Le lac Taupo lui-même occupe une caldeira, le creux laissé par une éruption colossale survenue vers 232 de notre ère.

Le pays enregistre chaque année plusieurs milliers de séismes, dont une centaine sont ressentis. Celui du 22 février 2011 a détruit une partie du centre de Christchurch et fait 185 morts.

Une mer partout, des montagnes au milieu

Aucun point du territoire n'est à plus de 130 km environ de la mer. Les vents d'ouest, humides, se heurtent aux Alpes du Sud : la côte ouest reçoit plusieurs mètres de pluie par an, tandis que les plaines de Canterbury, à l'abri derrière la chaîne, sont sèches et irriguées.

Le plus long fleuve, le Waikato (environ 425 km), sort du lac Taupo et actionne une série de barrages hydroélectriques. Les énergies renouvelables, hydraulique, géothermie, vent, fournissent la plus grande part de l'électricité du pays.

L'économie reste très liée à l'herbe : produits laitiers, viande ovine et bovine, laine, kiwi, vin. Les ovins y ont longtemps été plusieurs fois plus nombreux que les habitants.

Des oiseaux à la place des mammifères

Avant l'arrivée des humains, aucun mammifère terrestre ne vivait sur ces îles, à l'exception de quelques chauves-souris. Les niches écologiques habituellement occupées par des mammifères l'ont donc été par des oiseaux, dont beaucoup ont perdu la capacité de voler : le kiwi, nocturne, qui pond l'un des œufs les plus gros par rapport à son corps ; le kakapo, seul perroquet incapable de voler au monde ; le takahe ; et les moa, immenses herbivores dont la plus grande espèce dépassait trois mètres, disparus après l'installation humaine.

Les rats, chats, hermines et opossums introduits après le XVIIIe siècle ont fait de la protection de ces oiseaux une politique nationale : des îles entières sont débarrassées de leurs prédateurs pour y réinstaller des espèces menacées.

L’Aoraki/mont Cook (3 724 mètres), plus haut sommet de Nouvelle-Zélande, dans les Alpes du Sud.W. Bulach · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Histoire

L'arrivée maori, vers 1250-1300

Des navigateurs venus de Polynésie orientale atteignent l'archipel à bord de pirogues doubles, vers 1250-1300. Ils le nomment Aotearoa. Les archéologues datent l'installation par les dépôts de cuisine, les outils de pierre et la disparition rapide des moa.

La société maori s'organise en iwi (grands groupes de descendance) et hapu (sous-groupes), autour du marae, la place où l'on accueille, discute et enterre. Le mana, autorité reconnue, et le tapu, interdit sacré, en règlent les usages. La kumara (patate douce), apportée du Pacifique, est cultivée jusqu'aux limites du climat.

1642-1840 : les navires européens, puis un traité

  • 1642 : le Néerlandais Abel Tasman longe la côte ; l'archipel reçoit sur les cartes le nom de Nouvelle-Zélande.
  • 1769 : James Cook en fait le tour et le cartographie. Suivent chasseurs de phoques, baleiniers, commerçants de bois et missionnaires.
  • 1820-1835 : la diffusion des armes à feu aggrave les conflits entre groupes maori.
  • 6 février 1840 : signature du traité de Waitangi entre des centaines de chefs maori et des représentants de la Couronne britannique.

Le traité existe en deux versions, et c'est le cœur du problème. Le texte anglais dit que les chefs cèdent leur sovereignty, leur souveraineté. Le texte en langue maori, celui que la quasi-totalité des signataires a signé, dit qu'ils cèdent le kawanatanga, le gouvernement, tout en conservant le tino rangatiratanga, la pleine autorité sur leurs terres et leurs biens. Ce ne sont pas les mêmes promesses.

Guerres, spoliations, réparations

Les guerres de Nouvelle-Zélande (1845-1872) et les confiscations qui les suivent font passer l'essentiel des terres aux mains des colons. La population maori diminue fortement jusqu'à la fin du XIXe siècle, puis se redresse.

  • 19 septembre 1893 : la Nouvelle-Zélande devient le premier pays à accorder aux femmes le droit de vote pour des élections nationales, au terme d'une campagne de pétitions menée notamment par Kate Sheppard.
  • 1907 : statut de dominion ; l'indépendance devient complète par étapes jusqu'en 1947.
  • 1975 : création du tribunal de Waitangi, chargé d'examiner les manquements de la Couronne au traité. Des accords de réparation, fonciers et financiers, sont négociés avec les iwi depuis les années 1990.
  • 1987 : le te reo maori devient langue officielle ; la même année, le pays se déclare zone dénucléarisée et interdit l'accès de ses ports aux navires à propulsion ou armement nucléaires.
  • 2017 : la loi Te Awa Tupua reconnaît au fleuve Whanganui la personnalité juridique, avec deux représentants pour parler en son nom.

Culture

Le haka, le marae et la langue

Le haka n'est pas seulement le défi lancé avant un match de rugby : c'est une forme de déclamation collective, avec paroles, rythme et gestes, utilisée pour accueillir, honorer un mort ou marquer une décision. Le Ka Mate, composé au début du XIXe siècle et attribué au chef Te Rauparaha, est le plus connu.

Le te reo maori, longtemps découragé à l'école, a été relancé par les kohanga reo (nids de langue) à partir de 1982 : des lieux où de très jeunes enfants n'entendent que la langue. Le procédé a été repris comme modèle par d'autres peuples autochtones, à Hawaï et au Canada notamment.

Des noms qui ont voyagé

Ernest Rutherford, né à Nelson en 1871, établit que l'atome possède un noyau et réalise la première transmutation d'un élément ; il reçoit le prix Nobel de chimie en 1908. Edmund Hillary atteint le sommet de l'Everest le 29 mai 1953 avec le Sherpa Tenzing Norgay. Le saut à l'élastique commercial naît ici, à Queenstown, en 1988, mais l'idée, elle, vient du Vanuatu.

Des danseurs des îles Cook au festival Pasifika d’Auckland, la plus grande ville polynésienne du monde.Avenue · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Le boil-up, soupe maorie de viande, de pommes de terre et de légumes verts.Matyas Havel · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Un marae, lieu de rassemblement maori, avec sa maison de réunion ornée de sculptures, à Waiwhetū.Stuartyeates · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons