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Retour à la carteCe pays dans le parcours Magellan

Afrique · Afrique de l'Est

Madagascar

République de Madagascar

Cinquième plus grande île du monde, Madagascar s'est séparée du continent africain il y a des dizaines de millions d'années : environ neuf espèces sur dix qui y vivent n'existent nulle part ailleurs, dont tous les lémuriens. Sa langue, le malgache, n'est pas africaine mais austronésienne : elle est apparentée aux langues de Bornéo, à 7 000 km de là.

L’allée des baobabs, près de Morondava, dans l’ouest de Madagascar : ces arbres géants peuvent vivre plus de 800 ans.NP023 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Antananarivo
Monnaie
Ariary (MGA)
Superficie
587 041 km²
Contour du territoire : Madagascar

Géographie

Une île asymétrique

Madagascar est une île de 1 580 km de long, séparée de l'Afrique par le canal du Mozambique, large de 400 km au plus étroit. Son relief est nettement dissymétrique :

  • à l'est, une falaise tombe presque directement dans l'océan Indien ; les alizés y déversent des pluies abondantes et entretenaient une forêt humide, aujourd'hui très réduite ;
  • au centre, les Hautes Terres, entre 800 et 1 800 m, où se trouve Antananarivo, avec leurs rizières en terrasses et leurs collines de latérite rouge ;
  • à l'ouest, des plateaux et des plaines plus sèches, avec de longs fleuves ;
  • au sud, une zone semi-aride où poussent des forêts épineuses uniques au monde.

Le point culminant, le Maromokotro, atteint 2 876 m.

Une arche de Noé

L'île s'est détachée du bloc africain il y a environ 160 millions d'années et de l'Inde il y a environ 88 millions d'années. Depuis, sa faune et sa flore ont évolué en vase clos. Résultat : un taux d'endémisme parmi les plus élevés de la planète.

  • Les lémuriens, une centaine d'espèces, du microcèbe qui tient dans une main à l'indri qui chante comme une baleine, ne vivent qu'ici.
  • Sur les huit ou neuf espèces de baobabs du monde, six ou sept sont malgaches et n'existent nulle part ailleurs.
  • Les tsingy, plateaux de calcaire découpés en lames tranchantes par la pluie, comme à Bemaraha (patrimoine mondial), forment des paysages qu'on ne trouve pratiquement pas ailleurs.
  • Les caméléons, les fossas, la plupart des orchidées de l'île sont également endémiques.

Cette richesse est fragile : la déforestation, les feux et l'agriculture sur brûlis ont fait reculer les forêts, et les forêts humides de l'Atsinanana sont inscrites au patrimoine mondial en péril.

Riz, vanille, zébus

Le riz est la base de l'alimentation et occupe une grande partie des terres, les Malgaches en sont parmi les plus gros consommateurs par habitant au monde. Madagascar est le premier producteur mondial de vanille, cultivée surtout dans la région de Sava, au nord-est : la fleur doit être pollinisée à la main, une par une, avec une pointe de bambou.

Le zébu, bovin à bosse, est bien plus qu'un animal de trait : il est une richesse, un symbole et un élément central des cérémonies. S'y ajoutent le girofle, le litchi, le graphite, le nickel et les pierres précieuses.

Les Tsingy de Bemaraha : des aiguilles de calcaire tranchantes, sculptées par la pluie, inscrites au patrimoine mondial.My father (who approves of its use) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Histoire

Un peuplement venu de deux directions

Madagascar est l'une des grandes terres habitées le plus tardivement : les premiers occupants s'y installent, selon les recherches actuelles, dans le courant du premier millénaire de notre ère, peut-être un peu avant. Ils viennent d'Asie du Sud-Est insulaire, les données linguistiques rattachent le malgache aux langues barito du sud de Bornéo, et d'Afrique de l'Est. S'y ajoutent ensuite des apports arabes, indiens et comoriens.

Ce peuplement mixte est visible partout : le riz, la pirogue à balancier, la maison sur pilotis et le vocabulaire viennent d'Asie ; le zébu, plusieurs plantes et une partie du patrimoine génétique viennent d'Afrique.

Royaumes

Des royaumes se forment à partir du XVIe siècle : les Sakalava à l'ouest, les Betsimisaraka à l'est, les Antemoro au sud-est, qui conservent des manuscrits en malgache écrit en caractères arabes, les sorabe, et les Merina sur les Hautes Terres.

À la fin du XVIIIe siècle, le roi Andrianampoinimerina unifie l'Imerina et énonce une formule restée célèbre : la mer sera la limite de ma rizière. Son fils Radama Ier (1810-1828) étend le royaume sur une grande partie de l'île, adopte l'alphabet latin pour écrire le malgache et fait venir des artisans étrangers. La reine Ranavalona Ire (1828-1861) mène une politique de fermeture aux influences européennes. La colline royale d'Ambohimanga, siège du pouvoir merina, est inscrite au patrimoine mondial.

Colonisation et indépendance

  • 1883-1885 puis 1894-1895 : expéditions françaises ; 1896 : annexion, la monarchie est abolie et la reine Ranavalona III exilée.
  • 1896-1905 : campagnes de « pacification » menées par Gallieni ; travail forcé, réquisitions.
  • 1947 : une insurrection éclate dans l'est du pays ; sa répression fait, selon les estimations, plusieurs dizaines de milliers de morts. C'est l'un des événements fondateurs de la mémoire nationale.
  • 26 juin 1960 : indépendance.

Depuis 1960

Première République jusqu'en 1972, puis une période révolutionnaire sous Didier Ratsiraka (1975-1991), qui nationalise et se rapproche du bloc de l'Est. Les manifestations de 1991 conduisent au multipartisme. Le pays connaît ensuite des crises politiques répétées, 2002, puis 2009, où un changement de pouvoir hors cadre constitutionnel entraîne une suspension de l'Union africaine et une médiation régionale, réglée par les élections de 2013. Élections présidentielles en 2018 et 2023.

Madagascar est régulièrement frappée par des cyclones venus de l'océan Indien, dont plusieurs ont causé des destructions majeures.

L’entrée de la colline royale d’Ambohimanga, ancienne résidence des rois merina, lieu sacré pour les Malgaches.Olivier Lejade · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Culture

Une langue austronésienne en Afrique

Le malgache est parlé dans toute l'île, avec des variantes régionales mutuellement compréhensibles. Il n'appartient pas aux familles linguistiques africaines : c'est une langue austronésienne, de la même famille que l'indonésien, le tagalog ou le maori, et la plus occidentale de cette famille. Les linguistes la rattachent plus précisément aux langues barito du sud de Bornéo.

C'est une preuve vivante d'une des plus longues migrations maritimes de l'histoire humaine : des navigateurs ont traversé l'océan Indien jusqu'à l'Afrique, apportant leur langue, leur riz et leurs pirogues.

Le famadihana, les ancêtres

Sur les Hautes Terres, le famadihana, le « retournement des morts », consiste à sortir périodiquement les corps des ancêtres de leur tombeau, à les envelopper de nouveaux linceuls de soie et à danser avec eux avant de les remettre en place. Ce n'est pas un rite funèbre mais une fête familiale, où l'on parle aux ancêtres et où l'on règle les affaires de la lignée. Il illustre le rôle central des razana, les ancêtres, dans la vie malgache.

Hira gasy, salegy, valiha

Le hira gasy est un spectacle complet, musique, danse, discours moralisant, joué par des troupes des Hautes Terres devant des villages entiers. Le salegy du nord-ouest, rapide et dansant, est devenu la musique populaire nationale et s'écoute dans tout l'océan Indien ; la valiha, cithare tubulaire en bambou, et la guitare de D'Gary en sont les instruments emblématiques.

La soie sauvage landibe, la marqueterie, les lamba portés en écharpe et la poésie brève des hainteny, dont Jean-Joseph Rabearivelo a tiré une œuvre littéraire majeure, complètent ce patrimoine.

Le marché d’Ambositra, ville des Hautes Terres réputée pour ses sculpteurs sur bois.Antonio Canessa · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons
Des jouets en métal recyclé vendus au bord de la route nationale 7 : un artisanat malgache plein d’ingéniosité.Smiley.toerist · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons