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Étape 35 sur 35 prêtes · 35 pays en Amériques

Drapeau : Venezuela

Venezuela

République bolivarienne du Venezuela

Le Venezuela abrite la plus haute chute d'eau du monde, le Salto Ángel, qui tombe d'environ 979 m du rebord d'une montagne-table. Son sous-sol contient les plus grandes réserves de pétrole déclarées de la planète, concentrées dans la ceinture de l'Orénoque. Depuis le milieu des années 2010, le pays traverse une crise économique profonde qui a conduit plusieurs millions de personnes à émigrer.

Le Salto Ángel, la plus haute chute d’eau du monde (979 mètres), dans le parc national Canaima.Paulo Capiotti · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Capitale : Caracas

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L’explorateur en Liqui liqui
Liqui liquiLe liqui liqui, veste à col droit et pantalon assorti, souvent blancs ou crème, est le costume national des hommes du Venezuela, porté pour les mariages et les grandes fêtes.Source : Wikipédia (en), Liqui liqui
Mon explorateur

Histoire

Avant 1498

La côte et les Llanos étaient peuplés de groupes de langues caribes et arawak. Dans les Andes de Mérida, les Timoto-Cuicas cultivaient en terrasses irriguées et stockaient l'eau dans des réservoirs. Dans le delta de l'Orénoque, les Warao, « gens de l'eau », bâtissaient leurs maisons sur pilotis au-dessus des bras du fleuve ; ils y vivent toujours. Au nord-ouest, les Wayuu de la péninsule de La Guajira, partagée avec la Colombie, n'ont jamais été soumis par la Couronne espagnole et forment aujourd'hui le plus grand peuple autochtone des deux pays.

1498-1810.

  • 1498 : des navires espagnols longent le delta de l'Orénoque.
  • 1499 : une expédition remarque sur le lac de Maracaibo des villages de maisons sur pilotis. Le nom du pays viendrait de là : Venezuela, « petite Venise ».
  • XVIe-XVIIIe siècles : la colonie vit du cacao, exporté vers le Mexique et l'Europe, puis du café. Des dizaines de milliers d'Africains déportés y travaillent les plantations. Une compagnie basque, la Guipuzcoana, en détient le monopole commercial de 1728 à 1785, ce qui provoque des révoltes.

1810-1830 : Bolívar

  • 19 avril 1810 : Caracas destitue le capitaine général espagnol.
  • 5 juillet 1811 : déclaration d'indépendance ; la date est la fête nationale.
  • 26 mars 1812 : un séisme détruit Caracas et une partie des villes tenues par les indépendantistes ; la première république s'effondre.
  • Simón Bolívar, né à Caracas en 1783, reprend la guerre depuis la Nouvelle-Grenade et les Llanos. La victoire de Carabobo, le 24 juin 1821, assure l'indépendance du Venezuela.
  • Bolívar fonde la Grande Colombie (Venezuela, Nouvelle-Grenade, Équateur, Panama) et rêve d'une union des républiques hispano-américaines. Elle se défait de son vivant : le Venezuela s'en sépare en 1830, l'année de sa mort.
  • 1854 : abolition de l'esclavage.
  • 1859-1863 : guerre fédérale, l'un des conflits internes les plus meurtriers du XIXe siècle sur le continent.

1908-1998 : le pétrole et la démocratie de Punto Fijo

  • 1908-1935 : gouvernement autoritaire de Juan Vicente Gómez, pendant lequel les concessions pétrolières sont accordées aux compagnies étrangères. En 1929, le pays est déjà l'un des premiers exportateurs mondiaux de pétrole.
  • 1958 : après la chute d'une dictature militaire, le pacte de Punto Fijo organise l'alternance entre deux grands partis. Le Venezuela devient l'une des démocraties les plus stables de la région, ce qui attire une immigration importante venue d'Europe et des pays voisins.
  • 1976 : nationalisation de l'industrie pétrolière et création de PDVSA.
  • 27-28 février 1989 : le Caracazo, émeutes consécutives à un plan d'ajustement économique, est réprimé et fait plusieurs centaines de morts.
  • 1992 : deux tentatives de coup d'État militaire échouent ; l'une est menée par le lieutenant-colonel Hugo Chávez, qui est emprisonné puis amnistié.

Depuis 1999

  • 1999 : Hugo Chávez, élu président en décembre 1998, fait adopter par référendum une nouvelle Constitution ; l'État prend le nom de « République bolivarienne ». Les recettes pétrolières élevées des années 2000 financent des programmes sociaux de grande ampleur, santé, alphabétisation, logement.
  • 11-13 avril 2002 : un coup d'État renverse le président pendant deux jours avant son retour.
  • 2013 : à la mort de Chávez, Nicolás Maduro lui succède.
  • À partir de 2014 : la chute des prix du pétrole, la baisse de la production, les difficultés de PDVSA et les mesures de change conduisent à une contraction économique de grande ampleur et à une hyperinflation ; des sanctions économiques sont imposées par les États-Unis et d'autres États à partir de 2017. Les agences des Nations unies recensent plusieurs millions de Vénézuéliens partis vivre à l'étranger, principalement en Colombie, au Pérou, au Brésil, au Chili et en Équateur : c'est le plus grand mouvement de population enregistré dans l'histoire récente du continent.
  • Les élections de 2018 et de 2024 ont été contestées par une partie de l'opposition et par plusieurs États ; la situation politique reste disputée.
  • Un différend ancien oppose par ailleurs le Venezuela au Guyana au sujet de la région de l'Essequibo ; il est porté devant la Cour internationale de justice depuis 2018.

Géographie

Quatre pays en un, autour d'un fleuve

Le territoire se lit à partir de l'Orénoque, qui le traverse d'ouest en est sur environ 2 140 km et forme un delta immense avant la mer.

  • Au nord-ouest, les Andes s'achèvent dans la cordillère de Mérida, avec le pic Bolívar (4 978 m), point culminant du pays.
  • Au nord, la cordillère côtière et une côte caraïbe longue de plus de 2 800 km, où vivent la plupart des habitants ; Caracas est dans une vallée derrière cette barrière, à une vingtaine de kilomètres de la mer.
  • Au centre, les Llanos, savanes plates partagées avec la Colombie : inondées en saison des pluies, craquelées en saison sèche, domaine de l'élevage extensif, des caïmans et des capybaras.
  • Au sud de l'Orénoque, la Guyane vénézuélienne, un socle rocheux parmi les plus anciens de la planète, couvert de forêt et hérissé de montagnes-tables.

Les tepuys et la plus haute chute du monde

Les *tepuys*, le mot vient du pemón et signifie « maison des dieux », sont des plateaux de grès aux parois verticales, isolés les uns des autres comme des îles au-dessus de la forêt. Le grès dont ils sont faits s'est déposé il y a plus d'un milliard et demi d'années. Leurs sommets, battus par la pluie et pauvres en nutriments, portent des plantes carnivores et des espèces qu'on ne trouve que sur un seul tepuy : ce sont des laboratoires d'évolution en vase clos. Le plus connu est le mont Roraima, à la jonction avec le Brésil et le Guyana.

Du rebord de l'Auyán-tepui, dans le parc national Canaima (patrimoine mondial depuis 1994), le Salto Ángel, Kerepakupai Vená en pemón, tombe d'environ 979 m, dont plus de 800 m d'un seul jet : c'est la plus haute chute d'eau du monde. L'eau tombe de si haut qu'une grande partie se disperse en brume avant d'atteindre le sol, surtout en saison sèche.

Le lac de Maracaibo et l'éclair du Catatumbo

Au nord-ouest, le lac de Maracaibo est la plus grande étendue d'eau intérieure d'Amérique du Sud, environ 13 000 km². Relié à la mer par un détroit, il est saumâtre dans sa partie nord. C'est là qu'en 1922 un puits a jailli de façon incontrôlée pendant plusieurs jours, ouvrant l'ère pétrolière du pays.

Au-dessus de son embouchure sud, là où se jette la rivière Catatumbo, se produit un phénomène rare : des orages presque quotidiens une bonne partie de l'année, avec l'une des densités d'éclairs les plus fortes mesurées sur Terre. Les vents chargés d'humidité venus du lac butent contre trois chaînes de montagnes et sont forcés de monter ; les nuages d'orage se reforment nuit après nuit au même endroit.

Le pétrole

Le Venezuela déclare les plus grandes réserves prouvées de pétrole du monde, un peu plus de 300 milliards de barils. L'essentiel n'est pas du pétrole ordinaire : c'est le brut extra-lourd de la ceinture de l'Orénoque, visqueux comme du goudron, qui doit être chauffé, dilué ou transformé avant d'être raffiné, coûteux, et rentable seulement quand les prix sont élevés.

Ce pétrole a fait du pays un membre fondateur de l'OPEP en 1960 et l'un des plus riches d'Amérique latine au milieu du XXe siècle. Il a aussi rendu l'économie dépendante d'un seul produit : la production a fortement baissé depuis 2015. Les glaciers du pays, eux, ont disparu : le dernier, le glacier Humboldt de la Sierra Nevada de Mérida, a été déclassé en simple champ de glace en 2024.

Le lagon de Canaima et ses chutes, au pied des tepuys, montagnes à sommet plat parmi les plus vieilles roches du monde.Tyraelux · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Le pic Bolívar (4 978 mètres), plus haut sommet du Venezuela, dans la cordillère de Mérida.Fernando Cuartero · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Caracas, la capitale, dans une vallée au pied du mont Ávila.Olga Berrios · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Culture

El Sistema : apprendre la musique en orchestre

En 1975, l'économiste et musicien José Antonio Abreu réunit onze jeunes dans un parking de Caracas. De là est né El Sistema, un réseau public d'orchestres et de chœurs d'enfants où l'on apprend en jouant ensemble dès le premier jour, gratuitement, sans sélection préalable. Des centaines de milliers de jeunes y sont passés. Le chef d'orchestre Gustavo Dudamel en est issu, comme des instrumentistes aujourd'hui dans les grands orchestres du monde. Le modèle a été repris dans plus de soixante pays, sur tous les continents.

Le joropo, la harpe et les Llanos

Le *joropo* est la musique des plaines, jouée à la harpe (ou au bandola), au cuatro, une petite guitare à quatre cordes, et aux maracas, avec un chant improvisé où deux interprètes se répondent. Le savoir-faire des chants de travail des vachers des Llanos, qui calment le bétail la nuit, est inscrit depuis 2017 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, conjointement avec la Colombie. Les diablos danzantes de Corpus Christi, masques de diables qui dansent devant l'église pour finir par s'incliner, ont été inscrits en 2012.

Écrire, peindre, faire bouger l'œil

Doña Bárbara (1929) de Rómulo Gallegos, roman des Llanos, est l'un des grands livres du continent ; son auteur est devenu président de la République en 1948.

Le Venezuela a compté parmi les foyers de l'art cinétique, celui où l'œuvre change quand le spectateur bouge : Jesús Soto et ses volumes suspendus qui semblent vibrer, Carlos Cruz-Diez et ses bandes de couleur qui fabriquent des teintes inexistantes. Leurs œuvres sont dans l'espace public de Caracas, dans les aéroports et dans les musées du monde entier. L'université centrale du Venezuela, dessinée par Carlos Raúl Villanueva, est inscrite au patrimoine mondial depuis 2000 pour cette intégration de l'art et de l'architecture.

Le cacao criollo de la côte, notamment celui de Chuao, est considéré parmi les plus fins du monde, et l'arepa, galette de maïs fendue et garnie, est partie avec les émigrés dans les cuisines de tout le continent.

Une arepa, galette de maïs, au petit déjeuner : le plat de tous les jours au Venezuela.Wilfredor · CC0 (domaine public) · Wikimedia Commons

Le quiz : Venezuela

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