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Étape 7 sur 35 prêtes · 35 pays en Amériques

Drapeau : Brésil

Brésil

République fédérative du Brésil

Le Brésil occupe près de la moitié de l'Amérique du Sud et touche dix de ses voisins : c'est le plus vaste pays du continent et le cinquième du monde. Il porte le fleuve qui rejette le plus d'eau à la mer, l'Amazone, mais aussi la savane du Cerrado et la plaine inondable du Pantanal, deux milieux qu'on lui associe moins souvent. C'est le pays qui a reçu le plus grand nombre d'Africains déportés par la traite atlantique, et le dernier du continent à abolir l'esclavage, en 1888.

Rio de Janeiro, entre mer et montagnes : au premier plan, la statue du Christ Rédempteur sur le Corcovado ; au fond, le Pain de Sucre.Rafael Rabello de Barros · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Capitale : Brasilia

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L’explorateur en Tenue de baiana
Tenue de baianaÀ Salvador de Bahia, les baianas, vendeuses de beignets d'acarajé, portent une blouse et une grande jupe blanches brodées, un turban et des colliers ; leur métier est reconnu comme patrimoine de Bahia. Le Brésil a beaucoup d'autres tenues selon les régions.Source : Wikipédia (pt), Baiana de acarajé
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Histoire

Avant 1500 : des villes de terre et une forêt jardinée

L'île de Marajó, à l'embouchure de l'Amazone, portait entre 400 et 1400 de notre ère une société qui élevait des buttes artificielles de plusieurs mètres et produisait une céramique peinte de grande qualité.

Dans toute l'Amazonie, on trouve la *terra preta, « terre noire » : un sol enrichi pendant des siècles par des charbons, des tessons et des déchets domestiques, et resté fertile jusqu'à aujourd'hui alors que les sols voisins sont pauvres. C'est le signe d'un peuplement dense et durable. Le manioc*, aliment de base aujourd'hui pour des centaines de millions de personnes en Afrique, en Asie et en Amérique, a été domestiqué dans le sud-ouest de l'Amazonie il y a environ dix mille ans.

1500-1822 : sucre, or et traite atlantique

  • 22 avril 1500 : la flotte de Pedro Álvares Cabral débarque sur la côte de l'actuel Bahia.
  • 1530-1650 : les plantations de canne à sucre du Nord-Est font de la colonie le premier producteur mondial. Salvador est la capitale de 1549 à 1763.
  • Le Brésil devient la principale destination de la traite atlantique : environ 4,8 millions d'Africains déportés y sont débarqués, soit près de quatre sur dix de tous ceux qui ont traversé l'Atlantique, davantage que dans n'importe quel autre pays.
  • Des communautés d'esclaves en fuite, les *quilombos, s'organisent en villages autonomes. Le plus grand, Palmares, tient près d'un siècle dans le Nord-Est ; il est détruit en 1694 et son dernier chef, Zumbi*, tué le 20 novembre 1695. Cette date est aujourd'hui un jour férié national, la Journée de la conscience noire.
  • Vers 1695 : de l'or est trouvé dans le Minas Gerais ; une ruée s'ensuit et la capitale est transférée à Rio de Janeiro en 1763.
  • 1808 : la cour portugaise, fuyant l'invasion du Portugal par les troupes de Napoléon, s'installe à Rio, cas unique d'une capitale d'empire européen déplacée dans une colonie.

1822-1889 : un empire, puis la fin de l'esclavage

  • 7 septembre 1822 : Pedro, fils du roi de Portugal, proclame l'indépendance ; le Brésil devient un empire et non une république, ce qui le distingue de tous ses voisins.
  • 1865-1870 : guerre de la Triple Alliance contre le Paraguay, aux côtés de l'Argentine et de l'Uruguay.
  • 13 mai 1888 : la Lei Áurea abolit l'esclavage, la dernière abolition du continent américain. Aucune mesure d'accès à la terre ou à l'école n'accompagne le texte.
  • 15 novembre 1889 : un coup d'État militaire met fin à l'empire et proclame la république.

Le XXe siècle : caoutchouc, café, Brasilia, dictature

  • 1879-1912 : le boom du caoutchouc amazonien enrichit Manaus et Belém, avant que des plants emportés en Asie du Sud-Est ne cassent les prix.
  • 1930-1945 puis 1951-1954 : gouvernements de Getúlio Vargas ; industrialisation et première législation du travail.
  • 21 avril 1960 : inauguration de Brasilia, capitale bâtie de toutes pièces sur le plateau central, plan de Lúcio Costa, bâtiments d'Oscar Niemeyer. L'objectif est de déplacer le centre du pays vers l'intérieur.
  • 1er avril 1964 - 15 mars 1985 : régime militaire. Censure, torture et disparitions sont documentées par la Commission nationale de la vérité, qui rend son rapport en 2014.
  • 1985-1988 : retour des civils au pouvoir et nouvelle Constitution (5 octobre 1988), qui reconnaît les droits territoriaux des peuples autochtones et des communautés quilombolas.
  • 1994 : le plan Real met fin à une inflation qui avait dépassé 2 000 % par an.
Brasília, la capitale, construite de 1956 à 1960 au milieu du pays par l’architecte Oscar Niemeyer et l’urbaniste Lúcio Costa.Arturdiasr · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Géographie

Un fleuve qui pèse un cinquième de l'eau douce du monde

L'Amazone ne se mesure pas comme les autres fleuves. Son débit moyen à l'embouchure, de l'ordre de 200 000 mètres cubes par seconde, représente environ un cinquième de toute l'eau douce que les fleuves de la planète rejettent dans les océans, plus que les six fleuves suivants réunis. Son bassin couvre à peu près sept millions de kilomètres carrés, répartis sur huit pays et un territoire.

Trois conséquences concrètes :

  • l'eau douce reste détectable dans l'Atlantique à des centaines de kilomètres des côtes ;
  • il n'existe aucun pont sur le cours principal du fleuve en aval de Manaus : on circule en bateau, et le fleuve est la route ;
  • la marée remonte le cours sur des centaines de kilomètres et provoque, à l'embouchure, une vague déferlante appelée pororoca.

Les « fleuves volants »

La forêt ne se contente pas de recevoir la pluie : elle la fabrique. Un grand arbre amazonien peut rejeter plusieurs centaines de litres d'eau par jour dans l'air par ses feuilles. Cette vapeur forme des masses d'humidité que les vents poussent vers l'ouest, butent contre les Andes et redirigent vers le sud : on les appelle les fleuves volants (rios voadores).

C'est de cette humidité que dépendent en partie les pluies du centre et du sud du pays, donc son agriculture et son électricité. Autrement dit, ce qui arrive à la forêt du nord se lit dans les récoltes du sud.

Deux milieux qu'on oublie derrière la forêt

  • Le Cerrado, vaste savane arbustive du plateau central, couvre environ deux millions de kilomètres carrés. Ses arbres tordus ont une écorce épaisse qui résiste au feu et des racines qui plongent à plusieurs mètres, d'où son surnom de « forêt à l'envers ». C'est la savane la plus riche en espèces de plantes du monde, et le château d'eau du pays : plusieurs grands bassins y prennent leur source.
  • Le Pantanal, au sud-ouest, est l'une des plus grandes plaines inondables de la planète. Chaque année, la crue l'étale sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, puis se retire ; le bétail et la faune suivent l'eau. C'est aussi l'endroit d'Amérique où l'on observe le plus facilement le jaguar.

Au sud-est court la Serra do Mar, une muraille verte qui tombe presque droit dans l'océan et sépare la côte du plateau intérieur. La forêt atlantique qui la couvrait a été défrichée depuis le XVIe siècle ; il en reste des fragments, parmi les milieux les plus menacés du continent.

Des ressources et un littoral de 7 400 km

Le pays est l'un des tout premiers producteurs mondiaux de minerai de fer (Carajás, dans le Pará), de soja, de café, de sucre, de viande bovine et de jus d'orange. Son électricité vient pour l'essentiel de l'eau : le barrage d'Itaipu, partagé avec le Paraguay, et celui de Belo Monte comptent parmi les plus puissants du monde.

La population, elle, se tient surtout près de la mer : la côte, longue d'environ 7 400 km, concentre les plus grandes villes, São Paulo et Rio de Janeiro en tête, tandis que l'intérieur amazonien compte parmi les espaces les moins densément habités de la planète.

Les chutes d’Iguaçu, à la frontière avec l’Argentine : plus de 250 cascades sur près de trois kilomètres.Mariordo (Mario Roberto Durán Ortiz) · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Les Lençóis Maranhenses : des dunes de sable blanc où la pluie forme chaque année des centaines de lagunes.Julius Dadalti · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Culture

Une langue et des musiques

Le portugais du Brésil est la langue la plus parlée de tout l'hémisphère Sud. Le pays a donné au monde une série de musiques nées du croisement des héritages africains, portugais et autochtones :

  • la samba, formée à Rio au début du XXe siècle à partir de rythmes venus de Bahia ;
  • la bossa nova, plus retenue, qui sort en 1958-1962 des mains de João Gilberto, Antônio Carlos Jobim et Vinícius de Moraes, Garota de Ipanema est l'un des morceaux les plus repris de l'histoire de la chanson ;
  • le forró du Nord-Est, la música sertaneja de l'intérieur, et la tropicália de Caetano Veloso et Gilberto Gil à la fin des années 1960.

La capoeira, à la fois lutte, danse et jeu, est née parmi les esclaves et leurs descendants ; elle a été inscrite en 2014 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Écrire, bâtir, enseigner

Machado de Assis, fils d'un peintre en bâtiment mulâtre et petit-fils d'affranchis, est devenu au XIXe siècle l'un des grands romanciers de langue portugaise. Clarice Lispector et Jorge Amado ont été traduits dans des dizaines de langues.

Oscar Niemeyer a fait de la courbe en béton une signature reconnaissable de Brasilia à Niterói ; il a travaillé jusqu'à plus de cent ans. Paulo Freire, éducateur du Nord-Est, a publié en 1968 Pédagogie des opprimés : l'idée qu'on apprend à lire en partant des mots de sa propre vie a été reprise dans des campagnes d'alphabétisation sur tous les continents.

Le pays est aussi le seul à avoir remporté cinq fois la Coupe du monde de football (1958, 1962, 1970, 1994, 2002), mais il serait faux de le résumer à cela : il exporte tout autant ses agronomes, ses avions de ligne moyens-courriers et ses chercheurs en maladies tropicales.

Une baiana à Salvador de Bahia, en jupe blanche, turban et colliers, devant l’église Saint-François : un costume hérité de la culture afro-brésilienne.Pierre André Leclercq · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le quiz : Brésil

5 questions sur ce que tu viens de lire. 4 bonnes réponses valident le pays et posent son tampon dans ton passeport.