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Amerique du Nord · Amerique centrale

Guatemala

République du Guatemala

Le Guatemala est un pays de volcans : une trentaine s'alignent au-dessus de son haut plateau, dont le plus élevé d'Amérique centrale, et trois d'entre eux sont en activité. C'est aussi le pays où les langues mayas sont les plus vivantes : plus d'une vingtaine y sont parlées quotidiennement par des millions de personnes, dans les mêmes montagnes que les cités de Tikal et de Quiriguá. Sa basse plaine du Petén, couverte de forêt tropicale, conserve certaines des plus grandes villes du monde maya classique.

Tikal, ancienne cité maya au cœur de la forêt du Petén, à son apogée entre 200 et 900 apr. J.-C.amslerPIX · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Guatemala
Monnaie
Quetzal (GTQ)
Superficie
108 889 km²
Contour du territoire : Guatemala

Géographie

Trois pays en un

Le territoire se divise en trois ensembles très différents.

Les hautes terres. Une chaîne de montagnes traverse le sud du pays d'ouest en est, entre 1 500 et 3 000 mètres. Le climat y est doux, on parle de « terre tempérée », et c'est là que vit la majeure partie de la population, dans des vallées cultivées en maïs, haricots et café.

La chaîne volcanique. Parallèlement à la côte pacifique s'alignent une trentaine de volcans. Le Tajumulco, environ 4 220 mètres, est le plus haut sommet d'Amérique centrale. Trois sont régulièrement en éruption : le Fuego, le Pacaya et le Santiaguito. Les cendres qu'ils déposent depuis des millénaires font la fertilité des sols du sud du pays.

Le Petén. Au nord, le relief s'efface d'un coup : un tiers du pays est une plaine calcaire basse, chaude, couverte de forêt tropicale et pratiquement sans rivière en surface. C'est là que se trouvent Tikal et la réserve de biosphère maya, l'un des plus grands massifs forestiers d'Amérique centrale.

Le lac Atitlán : un cratère rempli d'eau

Le lac Atitlán, à 1 560 mètres d'altitude, occupe une caldeira : le creux laissé par l'effondrement d'un volcan après une éruption gigantesque, survenue il y a environ 84 000 ans et dont les cendres se retrouvent jusqu'en Floride et en Équateur. Le lac atteint plus de 300 mètres de profondeur ; trois volcans se dressent sur sa rive sud, et une douzaine de villages, où l'on parle kaqchikel et tz'utujil, en occupent les bords.

Deux océans, et des séismes

Le pays touche le Pacifique par une côte droite de sable noir volcanique, et la mer des Caraïbes par une côte courte autour de la baie d'Amatique. Le fleuve Motagua traverse le pays d'ouest en est ; son lit suit la limite entre deux plaques tectoniques, celle de l'Amérique du Nord et celle des Caraïbes, qui glissent l'une contre l'autre. C'est cette faille qui a produit le séisme de 1976.

Le sous-sol de la vallée du Motagua a une autre particularité : c'est l'un des très rares endroits au monde où l'on trouve de la jadéite, la pierre verte dure que les Mayas travaillaient et qui valait chez eux plus que l'or.

Le volcan de Fuego, l’un des volcans les plus actifs d’Amérique centrale, et son voisin l’Acatenango.Scottydude · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Le lac Atitlán, entouré des volcans Atitlán et Tolimán.gringologue from Antigua, Guatemala · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Histoire

Le monde maya, sur place depuis des millénaires

Le Guatemala est l'un des cœurs de la civilisation maya, et il l'est resté : les langues mayas y sont aujourd'hui parlées par une part importante de la population, contrairement à beaucoup d'autres régions du continent.

  • Vers 1000 av. notre ère : premiers villages agricoles importants dans les hautes terres et le Petén.
  • Vers 300 av.-150 de notre ère : El Mirador, dans le nord du Petén, est une cité immense dont la pyramide de la Danta compte parmi les plus volumineuses du monde. Des chaussées surélevées relient les villes à travers le marais.
  • 250-900 : la période classique. Tikal compte des dizaines de milliers d'habitants ; son temple IV s'élève à environ 70 mètres. Les rois font graver sur des stèles leur nom, leur ascendance et des dates au jour près. Quiriguá porte la plus haute stèle sculptée d'Amérique. Les Mayas utilisent un système de numération à base vingt, avec un signe pour le zéro, l'une des rares inventions indépendantes du zéro dans l'histoire.
  • IXe-Xe siècles : les grandes cités du Petén sont abandonnées en quelques décennies, pour des raisons encore discutées (sécheresses prolongées, guerres, épuisement des sols). Les populations ne disparaissent pas : elles se déplacent, notamment vers les hautes terres, où de nouveaux royaumes se forment : celui des K'iche' à Q'umarkaj, celui des Kaqchikel à Iximche'.

1524-1821 : la Capitainerie générale

En 1524, une expédition espagnole conduite par Pedro de Alvarado entre dans les hautes terres et s'appuie sur les rivalités entre royaumes mayas. Le dernier État maya indépendant, celui des Itzá à Nojpetén, dans le Petén, ne tombe qu'en 1697, cent soixante-treize ans plus tard.

Les épidémies venues d'Europe réduisent fortement la population au XVIe siècle. La région devient la Capitainerie générale du Guatemala, qui administre toute l'Amérique centrale. Sa capitale, Santiago de los Caballeros, aujourd'hui Antigua, est détruite par un séisme en 1773 ; la ville est alors déplacée sur le site actuel de Guatemala. Antigua est inscrite au patrimoine mondial depuis 1979.

Indépendance et XXe siècle

  • 15 septembre 1821 : l'Amérique centrale se sépare de l'Espagne. La date est fête nationale au Guatemala, au Salvador, au Honduras, au Nicaragua et au Costa Rica.
  • 1823-1838 : les cinq provinces forment les Provinces-Unies d'Amérique centrale, une fédération qui se défait.
  • Fin du XIXe siècle : le café devient la principale exportation ; les terres communales indigènes sont en grande partie redistribuées à de grandes propriétés, et des lois obligent au travail sur ces domaines.
  • 1944-1954 : une période de réformes, code du travail, sécurité sociale, réforme agraire de 1952, s'achève en juin 1954 par le renversement du gouvernement, à l'issue d'une opération à laquelle participe la CIA, comme les archives américaines déclassifiées l'ont établi.
  • 1960-1996 : un conflit armé interne oppose l'armée et des guérillas. Une commission d'enquête soutenue par les Nations unies, dont le rapport est publié en 1999, a établi un bilan d'environ 200 000 morts et disparus, dont une grande majorité de civils mayas, et documenté la destruction de centaines de villages dans les hautes terres au début des années 1980.
  • 29 décembre 1996 : les accords de paix sont signés. Ils prévoient notamment la reconnaissance officielle des langues et des droits des peuples autochtones ; la loi sur les langues nationales est adoptée en 2003.
  • 1992 : Rigoberta Menchú, militante k'iche', reçoit le prix Nobel de la paix.

Culture

Le Popol Vuh

Le Popol Vuh est le livre du conseil des K'iche'. Il raconte la création du monde et les exploits de deux frères jumeaux face aux seigneurs du monde souterrain. Transmis oralement, il a été écrit en langue k'iche' avec l'alphabet latin au XVIe siècle, puis recopié et traduit au début du XVIIIe. C'est l'un des rares grands textes mésoaméricains parvenus jusqu'à nous, et il est étudié dans les universités du monde entier.

Le textile comme carte d'identité

Le huipil, tunique tissée sur un métier de ceinture, porte des motifs qui indiquent le village d'origine de celle qui le porte : chaque commune a ses couleurs et ses figures. Une centaine de variantes coexistent. Le tissage se fait avec un métier tendu entre un arbre et la taille de la tisseuse, une technique antérieure à l'arrivée des Espagnols.

Des instruments et des rites

La marimba, grand xylophone de bois joué à plusieurs, est l'instrument national ; ses ancêtres sont africains, adaptés sur place avec des bois et des caisses de résonance locales. Le Rabinal Achí, drame dansé en langue achi' joué depuis le XVe siècle, est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Le chocolat et le mot cacao viennent de cette aire culturelle, où les fèves servaient de monnaie et de boisson rituelle.

Les cerfs-volants géants de Sumpango, faits de papier de soie pour la Toussaint, le 1er novembre.SantiagoGG · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Un huipil, blouse brodée des femmes mayas, et des tissus tissés à la main : chaque village a ses motifs.Hermann Luyken · Domaine public · Wikimedia Commons