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Amerique du Nord · Caraibes

République dominicaine

La République dominicaine occupe les deux tiers orientaux d'Hispaniola, l'île qu'elle partage avec Haïti. Elle réunit sur un petit territoire le plus haut sommet des Caraïbes, le Pico Duarte, et le point le plus bas de la région, un lac salé situé sous le niveau de la mer. Sa capitale, fondée à la fin du XVe siècle, est la plus ancienne ville d'origine européenne encore habitée du continent, et son histoire s'est jouée entre l'Espagne, Haïti et une indépendance conquise en deux temps, en 1844 puis en 1865.

La ville coloniale de Saint-Domingue, fondée en 1498 : la plus ancienne ville européenne des Amériques.Mariordo (Mario Durán & German Valverde) · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Saint-Domingue
Monnaie
Peso dominicain (DOP)
Superficie
48 671 km²
Contour du territoire : République dominicaine

Géographie

Quatre chaînes et deux records

Le pays est bâti autour de chaînes parallèles orientées nord-ouest/sud-est, séparées par des vallées fertiles.

  • La Cordillère centrale est l'épine dorsale. Elle porte le Pico Duarte, environ 3 098 mètres : le plus haut sommet de toutes les Caraïbes. Il y gèle la nuit en hiver, à 19 degrés de latitude nord.
  • La Cordillère septentrionale longe la côte atlantique.
  • La Sierra de Bahoruco, au sud-ouest, se prolonge en Haïti sous le nom de massif de la Selle.
  • Entre la Cordillère centrale et la Cordillère septentrionale s'ouvre la vallée du Cibao, l'une des plaines agricoles les plus productives de la Caraïbe : cacao, tabac, riz, bananes.

À l'autre extrême, le lac Enriquillo, au sud-ouest, est un lac salé installé à environ 40 mètres sous le niveau de la mer, le point le plus bas des Antilles. Il occupe un ancien détroit marin qui reliait les deux côtes lorsque l'île était coupée en deux ; on y trouve encore des crocodiles américains et des coquillages marins fossiles.

Deux versants, deux climats

Les alizés soufflent du nord-est et se vident sur les versants qui leur font face : le nord-est est vert et arrosé, tandis que le sud-ouest, à l'abri des montagnes, est sec, planté de cactus et de bayahondes. On passe de la forêt humide au semi-désert en moins de 200 kilomètres.

Les sommets de la Cordillère centrale portent des forêts de pins d'une espèce propre à l'île, et alimentent la plupart des rivières du pays, dont le Yaque del Norte (environ 300 kilomètres).

Une île, deux histoires du sol

Hispaniola est une seule île, mais on lit sur les images satellites une ligne où la couverture forestière change : plus dense à l'est. Les raisons sont datées et terrestres, des colonisations différentes (espagnole d'un côté, française de l'autre), un peuplement plus tardif et moins dense à l'est, la création dès les années 1930 puis l'extension d'un réseau de parcs nationaux, et le recours massif au gaz plutôt qu'au charbon de bois pour la cuisine. Aujourd'hui environ un cinquième du territoire dominicain est classé en aire protégée.

Des côtes et du calcaire

Le pays a près de 1 600 kilomètres de côtes : plages de sable blanc sur corail à l'est (Punta Cana), falaises au nord, baie de Samaná où des baleines à bosse viennent mettre bas chaque hiver après un trajet depuis l'Atlantique nord. Le sous-sol calcaire de l'est est percé de grottes, dont plusieurs conservent des milliers de dessins et gravures taïnos.

Le parc national de Los Haitises : des collines de calcaire couvertes de forêt et des mangroves au bord de la baie de Samaná.Anton Bielousov · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Histoire

L'île taïno et la première ville

Avant 1492, Hispaniola est le cœur du monde taïno : cinq chefferies, des villages de plusieurs milliers d'habitants, des terrains de jeu de balle, une agriculture de manioc sur buttes.

  • 5 décembre 1492 : les navires de Colomb abordent l'île, la première où les Espagnols établissent une présence durable.
  • 1496 : fondation de Saint-Domingue (Santo Domingo), qui devient la base de départ des expéditions vers Cuba, le Mexique et la Terre ferme. C'est la plus ancienne ville d'origine européenne encore habitée des Amériques : elle a la première cathédrale (achevée en 1540) et la première université (1538) du continent. Sa ville coloniale est inscrite au patrimoine mondial depuis 1990.
  • 1500-1550 : travail forcé dans les mines d'or, épidémies et violences font s'effondrer la population taïno. Dès 1502, des Africains sont déportés sur l'île ; la première révolte d'esclaves documentée des Amériques y éclate en 1521.
  • 1586-1700 : l'île perd son rôle central au profit du Mexique et du Pérou. La colonie s'appauvrit, ses campagnes se vident, et des Français s'installent à l'ouest.

1795-1865 : l'indépendance en plusieurs temps

  • 1795 : l'Espagne cède la partie orientale à la France par le traité de Bâle.
  • 1809-1821 : retour à l'Espagne, puis une première proclamation d'indépendance en novembre 1821.
  • 1822-1844 : toute l'île est administrée depuis Port-au-Prince ; l'esclavage est aboli sur l'ensemble du territoire.
  • 27 février 1844 : un mouvement conduit par Juan Pablo Duarte, Francisco del Rosario Sánchez et Ramón Matías Mella proclame la République dominicaine, séparée d'Haïti. C'est la fête nationale.
  • 1861-1865 : le pays est de nouveau rattaché à l'Espagne, puis la guerre de la Restauration rétablit l'indépendance en 1865.

Le XXe siècle

  • 1916-1924 : occupation militaire par les États-Unis.
  • 1930-1961 : Rafael Trujillo gouverne le pays. En octobre 1937, des milliers d'Haïtiens et de Dominicains d'origine haïtienne sont tués dans la zone frontalière. En 1960, l'assassinat des sœurs Mirabal, opposantes au régime, marque durablement le pays : le 25 novembre, date de leur mort, est devenu la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, proclamée par les Nations unies en 1999.
  • 1961-1966 : fin du régime, guerre civile en 1965 et intervention étrangère.
  • Depuis les années 1970 : le pays devient l'une des premières destinations touristiques de la Caraïbe, et les envois d'argent de sa diaspora, très présente à New York, deviennent une ressource majeure.
L’Alcázar de Colón, palais bâti vers 1510 pour Diego Colomb, fils de Christophe Colomb.Martin Falbisoner · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Culture

Le merengue et la bachata

Deux musiques nées dans le pays sont aujourd'hui jouées dans le monde entier, toutes deux inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO : le merengue (inscrit en 2016), rapide, mené par l'accordéon, le tambora et le güira, et la bachata (2019), née dans les campagnes autour d'une guitare et longtemps méprisée avant de devenir un genre international.

Le baseball

Aucun pays au monde ne fournit autant de joueurs professionnels de baseball par habitant. La ville de San Pedro de Macorís, en particulier, en a produit des dizaines. Les académies de formation installées dans le pays alimentent les ligues nord-américaines et japonaises.

Les carnavals et l'héritage taïno

Le carnaval de La Vega et ses masques de diablos cojuelos mobilisent la ville entière chaque février. Et la langue quotidienne garde des mots taïnos que le monde entier utilise sans le savoir : maíz, canoa, hamaca, huracán.

Les « diables » du carnaval de Barahona : en février, chaque ville défile avec ses masques colorés.LucasMPerez · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Un couple de danseurs de merengue en tenue traditionnelle : le merengue dominicain est inscrit au patrimoine de l’UNESCO.Matti Blume · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons