Afrique · Afrique de l'Est
Comores
Union des Comores
Archipel volcanique du canal du Mozambique, les Comores sont le premier producteur mondial d'ylang-ylang, cette fleur dont l'essence entre dans de nombreux parfums. C'est aussi dans leurs eaux qu'a été retrouvée, en 1952, la population de cœlacanthes, un poisson que l'on croyait disparu depuis des dizaines de millions d'années.
- Capitale
- Moroni
- Monnaie
- Franc comorien (KMF)
- Superficie
- 1 861 km²
Géographie
Quatre îles, un différend
L'archipel comorien compte quatre îles principales : Grande Comore (Ngazidja), Anjouan (Ndzuwani), Mohéli (Mwali) et Mayotte (Maore). Les trois premières forment l'Union des Comores ; Mayotte est administrée par la France, qui l'a conservée après le référendum de 1974, et est revendiquée par les Comores, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté plusieurs résolutions sur ce différend, toujours ouvert.
Les îles se sont formées successivement du sud-est vers le nord-ouest : Mayotte est la plus ancienne et la plus érodée, entourée d'un grand lagon ; la Grande Comore est la plus jeune et la plus abrupte.
Un volcan très actif
Le Karthala, sur la Grande Comore, culmine à 2 361 m et possède l'un des plus grands cratères actifs du monde, large de trois à quatre kilomètres. Il est entré en éruption une vingtaine de fois depuis le XIXe siècle, notamment en 2005 et 2006.
La roche volcanique récente est si poreuse qu'il n'y a presque aucun cours d'eau permanent sur la Grande Comore : l'eau de pluie s'infiltre immédiatement. Les habitants ont longtemps dépendu de citernes.
Parfums, vanille, girofle
Les Comores vivent de trois cultures d'exportation appelées « les trois plantes à parfum » : l'ylang-ylang, dont le pays est le premier producteur mondial et dont les fleurs sont distillées pour la parfumerie ; la vanille ; et le clou de girofle. S'y ajoutent la pêche et les transferts de la diaspora.
Le parc national de Mohéli protège des plages de ponte de tortues vertes parmi les plus importantes de l'océan Indien, et des dugongs.
Histoire
Sultanats et océan Indien
L'archipel est peuplé depuis le premier millénaire par des populations venues d'Afrique de l'Est, d'Austronésie et, plus tard, du monde arabo-persan. Il devient une escale du grand commerce de l'océan Indien : céramique chinoise, perles, textiles indiens, or de Sofala.
Du XVe au XIXe siècle, chaque île est divisée en sultanats rivaux, dont les souverains se disent parfois « chirazi », c'est-à-dire d'origine persane, revendication de prestige commune à toute la côte swahilie. Ils construisent des médinas de corail, comme celle de Moroni, dont la mosquée du Vendredi date de 1427.
Le shikomori, langue bantoue proche du swahili et fortement enrichie d'arabe, s'écrit d'abord en caractères arabes.
Colonisation
- 1841 : la France obtient Mayotte du sultan Andriantsoly.
- 1886 : protectorat sur les trois autres îles ; 1912 : colonie française, rattachée administrativement à Madagascar jusqu'en 1946.
- Économie de plantation : canne, sisal, puis plantes à parfum, avec de grandes sociétés concessionnaires.
Depuis 1975
- décembre 1974 : référendum d'autodétermination ; les trois îles votent massivement pour l'indépendance, Mayotte non.
- 6 juillet 1975 : indépendance proclamée pour l'ensemble de l'archipel.
- 1975-1995 : une longue série de coups d'État, plusieurs impliquant des mercenaires étrangers, vaut au pays le surnom d'« archipel aux sultans batailleurs ».
- 1997 : Anjouan et Mohéli proclament leur séparation ; la crise se règle par l'accord de Fomboni (2001) et une nouvelle constitution qui crée l'Union des Comores, avec une présidence tournante entre les îles.
- 2001-2019 : alternances et réformes constitutionnelles ; les élections présidentielles se succèdent, avec des contestations.
Le nom du pays vient de l'arabe qumr, la lune ; les Comores sont souvent appelées « îles de la Lune ».
Culture
Le cœlacanthe
En 1938, un poisson étrange est pêché au large de l'Afrique du Sud : un cœlacanthe, groupe que l'on croyait éteint depuis environ 70 millions d'années. Aucun autre n'apparaît pendant quatorze ans, jusqu'à ce qu'en décembre 1952, un spécimen soit identifié à Anjouan, où les pêcheurs le connaissaient sous le nom de gombessa et le trouvaient peu comestible.
On comprend alors que les Comores abritent une population permanente de ces poissons, qui vivent entre 150 et 400 m de profondeur dans les grottes des pentes volcaniques. Ils ont des nageoires charnues articulées et mettent au monde des petits déjà formés. L'archipel est devenu le lieu de référence pour leur étude.
Le grand mariage
Le anda, ou grand mariage, est une institution comorienne : une série de cérémonies coûteuses, étalées parfois sur des années, qui fait accéder l'homme au rang des notables et lui donne le droit de parler dans la place publique du village. Il structure les échanges, l'épargne, les relations avec la diaspora, et il a fait l'objet de nombreuses études d'anthropologie économique.
Twarab, portes sculptées, poésie
Le twarab comorien, musique de luth et de violon héritée des échanges de l'océan Indien, accompagne les fêtes ; le deba est chanté par des chœurs de jeunes femmes. L'artisanat comorien est réputé pour ses portes de bois sculpté, ses bijoux d'or et ses sièges tressés.
L'écrivain Mohamed Toihiri a signé le premier roman comorien, et le poète Salim Hatubou a fait connaître les contes de l'archipel hors de ses frontières.