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Afrique · Afrique centrale

République centrafricaine

Posée au cœur du continent, sans accès à la mer et à plus de mille kilomètres de tout port, la République centrafricaine est un pays de savanes et de forêts partagé entre le bassin du Congo et celui du lac Tchad. Elle est l'un des très rares pays d'Afrique où une langue africaine, le sango, est langue officielle à égalité avec une langue européenne.

Les chutes de la Mbali, à Boali, au nord-ouest de Bangui : hautes d’une cinquantaine de mètres.The EITI from Oslo, Norway · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Bangui
Monnaie
Franc CFA (XAF)
Superficie
622 984 km²
Contour du territoire : République centrafricaine

Géographie

Une ligne de partage des eaux

Le pays est un vaste plateau, entre 600 et 900 m, qui forme la crête séparant deux grands bassins : au sud, les rivières descendent vers l'Oubangui puis vers le fleuve Congo et l'Atlantique ; au nord, elles filent vers le Chari et le lac Tchad. Une goutte de pluie qui tombe de part et d'autre d'une même colline finit donc dans deux endroits du monde entièrement différents.

Les reliefs sont limités : le massif des Bongo à l'est et le mont Ngaoui, 1 420 m, à l'ouest, sur la frontière camerounaise.

De la forêt à la savane sèche

Le sud-ouest porte une forêt dense qui appartient au grand massif du bassin du Congo, le deuxième du monde après l'Amazonie. Plus au nord s'étendent des savanes arborées, puis, vers le Tchad et le Soudan, des savanes sèches.

Les chutes de Boali, sur la Mbali, hautes de plus de 50 m, fournissent l'électricité de Bangui. L'Oubangui, formé par la rencontre du Mbomou et de l'Uele, sert de frontière sud et de voie fluviale vers Brazzaville et Kinshasa.

Dzanga-Sangha et les clairières à éléphants

Au sud-ouest, le complexe de Dzanga-Sangha, inscrit au patrimoine mondial en 2012 avec ses voisins camerounais et congolais, protège des salines forestières où se rassemblent par dizaines les éléphants de forêt, une espèce distincte de l'éléphant de savane, plus petite et aux oreilles arrondies. C'est l'un des rares endroits au monde où on peut les observer en groupe à découvert.

Au nord-est, le parc Manovo-Gounda Saint Floris, également au patrimoine mondial, a beaucoup souffert du braconnage et figure sur la liste du patrimoine en péril.

Diamants, or, bois

Les diamants alluviaux, l'or et le bois font l'essentiel des exportations. L'enclavement, aucun port, un réseau routier réduit, une seule voie fluviale saisonnière, est le frein central de l'économie : une marchandise venue de la mer doit franchir plus de 1 500 km.

Bangui, la capitale, au bord de l’Oubangui : le rond-point du PK0, point de départ de toutes les distances du pays.Alllexxxis · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Des oiseaux dans le parc national du Manovo-Gounda Saint-Floris, inscrit au patrimoine mondial pour sa faune.Garoa larrañeta · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Histoire

Sultanats, migrations, razzias

Avant le XIXe siècle, la région est occupée par des sociétés banda, gbaya, zandé, sara, et par des royaumes à l'est : le sultanat zandé de Bangassou, celui de Rafaï, rattachés aux réseaux commerciaux du haut Nil. Les traditions orales et les recherches archéologiques montrent une longue occupation, avec les mégalithes de Bouar, ces alignements de pierres dressées vieux de plusieurs milliers d'années.

Le XIXe siècle est marqué par les razzias esclavagistes venues du nord et de l'est, qui vident des régions entières : c'est l'un des traumatismes fondateurs de l'histoire du pays, antérieur à la colonisation européenne.

L'Oubangui-Chari

  • 1889 : fondation du poste de Bangui.
  • 1894-1903 : la France organise le territoire de l'Oubangui-Chari, rattaché en 1910 à l'Afrique-Équatoriale française.
  • 1899-1930 : le territoire est largement confié à des sociétés concessionnaires, qui obtiennent le droit d'exploiter caoutchouc et produits forestiers ; le travail forcé et les violences qui l'accompagnent sont dénoncés dès l'époque, notamment par André Gide dans Voyage au Congo (1927).
  • 1928-1931 : la guerre du Kongo-Wara, grande révolte anticoloniale conduite par Karnu, mobilise plusieurs centaines de milliers de personnes.
  • 1946-1959 : Barthélemy Boganda, premier prêtre catholique du territoire devenu député, fonde un mouvement politique, imagine une fédération des « États unis d'Afrique latine » et dessine le drapeau du pays. Il meurt dans un accident d'avion en mars 1959, un an avant l'indépendance.

Depuis 1960

  • 13 août 1960 : indépendance.
  • 1966-1979 : Jean-Bedel Bokassa au pouvoir ; il se proclame empereur en 1976 et organise un couronnement fastueux en 1977, avant d'être renversé en 1979.
  • 1993 : première élection présidentielle pluraliste.
  • 2003, 2013 : changements de pouvoir par la force. À partir de 2013, un conflit armé impliquant de multiples groupes provoque des déplacements massifs de population ; des accords sont signés en 2015, 2019 et les années suivantes, sous médiation régionale, et une mission de l'ONU est déployée.
  • 2016 puis 2020-2021 : élections présidentielles.

Culture

Le sango, une langue devenue nationale

Le sango est né sur le fleuve Oubangui comme langue d'échange entre bateliers et commerçants, à partir d'un parler ngbandi simplifié. Adopté par l'administration, la radio et les églises, il est devenu la langue commune de presque tous les habitants du pays, quelle que soit leur langue maternelle, puis langue officielle à égalité avec le français en 1991, une situation rare en Afrique, où les langues européennes restent le plus souvent seules officielles.

Les polyphonies aka

Les chants des Aka, chasseurs-cueilleurs de la forêt du sud-ouest, sont construits sur une polyphonie où chacun improvise une ligne dans un cadre commun, avec yodel et hoquets. L'UNESCO les a inscrits en 2003 au patrimoine culturel immatériel. Ils ont profondément intéressé des musicologues et des compositeurs du monde entier, parce qu'ils fonctionnent sans chef ni partition.

À cela s'ajoutent la harpe ngombi, les arcs musicaux, les tambours de bois linga et les mégalithes de Bouar, qui restent l'une des grandes énigmes archéologiques de l'Afrique centrale.

Des tambours traditionnels de Centrafrique.adrienblanc · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons
Des sacs et des chapeaux tressés à la main en paille, un artisanat centrafricain.Zakalingba · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons