Afrique · Afrique centrale
Angola
République d'Angola
L'Angola est l'un des rares pays du monde dont une province est séparée du reste du territoire par un pays étranger : l'enclave pétrolière de Cabinda est coupée de l'Angola par l'embouchure du fleuve Congo. Héritier du royaume du Kongo et du royaume de Ndongo, il a connu trente années de guerre après son indépendance de 1975 et vit aujourd'hui surtout du pétrole et du diamant.
- Capitale
- Luanda
- Monnaie
- Kwanza (AOA)
- Superficie
- 1 246 700 km²
Géographie
Une marche d'escalier au bord de l'Atlantique
Le pays se lit en trois bandes parallèles à la côte :
- une plaine littorale étroite et sèche, où se trouvent Luanda, Lobito et Benguela ;
- une escarpe abrupte qui monte en quelques dizaines de kilomètres ;
- un vaste plateau intérieur, entre 1 000 et 1 800 m, qui porte l'essentiel des terres cultivées et des villes de l'intérieur ; le mont Moco culmine à 2 620 m.
Cette escarpe explique beaucoup : elle a longtemps rendu la pénétration difficile, et elle capte la pluie, laissant la côte aride.
Un désert et une plante qui vit mille ans
Au sud-ouest, le désert du Namibe prolonge le Namib namibien. On y trouve la Welwitschia mirabilis, plante à deux feuilles qui ne cessent de pousser et dont certains individus dépassent mille ans d'âge. Le courant froid de Benguela longe la côte : il refroidit l'air, empêche la pluie et nourrit une pêcherie très riche.
Cabinda, et l'eau
La province de Cabinda, au nord, est séparée du reste du pays par une bande de territoire de la République démocratique du Congo, large d'une soixantaine de kilomètres. Elle produit une grande partie du pétrole angolais, extrait en mer.
L'Angola est un château d'eau régional : le Cubango (Okavango), qui y prend sa source, va se perdre dans le désert du Botswana en formant l'un des deltas intérieurs les plus célèbres du monde ; le Zambèze et le Kasaï, affluent majeur du fleuve Congo, y naissent également. Les chutes de Kalandula, sur la Lucala, tombent d'une centaine de mètres sur plus de 400 m de largeur.
Histoire
Le Kongo, le Ndongo, la reine Njinga
Le territoire portait, bien avant l'arrivée des Portugais, des États étendus :
- le royaume du Kongo, fondé vers le XIVe siècle, dont la capitale Mbanza Kongo est inscrite au patrimoine mondial ; il avait ses provinces, ses impôts, sa monnaie de coquillages (nzimbu), et enverra des ambassades jusqu'au Vatican ;
- le royaume de Ndongo, dont le titre du souverain, ngola, a donné le nom du pays ;
- le royaume de Matamba, et les États lunda et tchokwe à l'est.
En 1482, le navigateur portugais Diogo Cão atteint l'embouchure du fleuve Congo. Le roi du Kongo Nzinga a Nkuwu, puis son fils Afonso Ier, se convertissent au christianisme et entretiennent une correspondance diplomatique avec Lisbonne, dans laquelle Afonso proteste contre l'enlèvement de ses sujets.
La reine Njinga (Nzinga Mbande), souveraine de Ndongo puis de Matamba de 1624 à 1663, mène quarante ans de guerre et de négociation contre l'expansion portugaise, en changeant d'alliances, notamment avec les Néerlandais. Elle est aujourd'hui une figure nationale.
Le port de la traite
Luanda, fondée en 1576, devient le principal port d'embarquement de la traite atlantique : une part très importante des personnes déportées vers le Brésil sont parties d'Angola et de Benguela. Cette histoire explique la place des langues et des cultes d'origine angolaise dans la culture brésilienne.
La colonisation effective de l'intérieur est tardive : elle n'est achevée qu'au début du XXe siècle, après la conquête des royaumes du plateau.
Guerre de libération, indépendance, guerre civile
- 4 février 1961 : début de la lutte armée ; trois mouvements, MPLA, FNLA, UNITA, combattent le régime colonial portugais.
- avril 1974 : révolution au Portugal ; accords d'Alvor en janvier 1975.
- 11 novembre 1975 : indépendance.
- 1975-2002 : guerre civile entre le MPLA et l'UNITA, alimentée par des soutiens extérieurs dans le cadre de la guerre froide, avec l'intervention de troupes cubaines et sud-africaines. Les accords de 1991 et 1994 échouent ; la guerre s'achève en avril 2002.
- 1988-1991 : les négociations sur l'Angola sont liées à l'indépendance de la Namibie voisine.
- Depuis 2002 : reconstruction, essor pétrolier, élections en 2008, 2012, 2017 et 2022 ; le pays reste l'un des plus grands producteurs de pétrole du continent.
Le déminage occupe encore le pays : des millions de mines ont été posées pendant le conflit, et de vastes zones n'ont été dépolluées qu'après 2002.
Culture
Du semba à la samba, du kuduro aux platines
L'Angola a fourni au Brésil une part de son vocabulaire musical. On rattache souvent la samba brésilienne au semba angolais, danse de couple dont le nom désigne un mouvement de ventre ; la capoeira et le berimbau ont aussi des racines centrafricaines.
Dans les années 1990, Luanda invente la kizomba, danse lente devenue mondiale, puis le kuduro, musique électronique rapide née dans les quartiers populaires et dansée avec des mouvements saccadés. Ces genres s'écoutent aujourd'hui de Lisbonne à Tokyo.
Une littérature de langue portugaise
Agostinho Neto, premier président et poète ; José Eduardo Agualusa et Pepetela, traduits dans des dizaines de langues, ont fait de l'Angola l'un des trois grands foyers de la littérature africaine de langue portugaise, avec le Mozambique et le Cap-Vert.
Les masques mwana pwo et la figure du cikunza tchokwe, ainsi que les dessins sur le sable sona, étudiés par les mathématiciens pour leurs propriétés géométriques, appartiennent au même héritage.