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Afrique · Afrique centrale

Guinée équatoriale

République de Guinée équatoriale

La Guinée équatoriale est le seul pays d'Afrique dont l'espagnol est langue officielle, héritage de trois siècles de présence espagnole. Sa capitale n'est pas sur le continent mais sur l'île de Bioko, à une trentaine de kilomètres des côtes camerounaises, et son territoire comprend une île, Annobón, située dans l'hémisphère sud.

Le pico Basilé, volcan de l’île de Bioko et plus haut sommet de la Guinée équatoriale (3 011 mètres).Serge Moons · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Malabo
Monnaie
Franc CFA (XAF)
Superficie
28 051 km²
Contour du territoire : Guinée équatoriale

Géographie

Un pays en morceaux

Le territoire se compose de plusieurs ensembles séparés par la mer :

  • le Río Muni, un rectangle continental coincé entre le Cameroun et le Gabon, qui représente l'essentiel de la superficie ;
  • l'île de Bioko, volcanique, au nord-ouest, où se trouve la capitale Malabo, plus proche du Cameroun que du reste du pays ;
  • Annobón, petite île volcanique à près de 600 km au sud-ouest, au sud de l'équateur ;
  • Corisco et les Elobey, îlots de l'estuaire du Muni.

Malgré son nom, le pays n'est pas traversé par l'équateur : la ligne passe juste au sud du Río Muni, et seule Annobón se trouve dans l'hémisphère austral.

Volcans et forêt

Bioko et Annobón appartiennent à la ligne du Cameroun, cet alignement de volcans qui va de l'Atlantique à l'intérieur du continent. Le pic Basilé, à Bioko, atteint 3 011 m ; la Grande Caldeira du sud de l'île, très arrosée, est l'une des zones les plus humides d'Afrique.

Cet isolement produit de l'endémisme : Bioko abrite sept espèces de primates dont plusieurs sous-espèces propres à l'île, notamment le drill, grand singe au visage coloré, et ses plages du sud sont parmi les plus importants sites de ponte de tortues luths du golfe de Guinée.

Le continent est couvert de forêt dense, avec le parc de Monte Alén.

Le pétrole, et ce qu'il a changé

Jusqu'aux années 1990, le pays vivait du cacao de Bioko et du bois. La découverte de gisements pétroliers en mer, exploités à partir de 1996, a multiplié le produit intérieur brut par habitant jusqu'à en faire l'un des plus élevés d'Afrique, un chiffre moyen qui masque de fortes inégalités, régulièrement relevées par les institutions internationales. Une nouvelle capitale, Ciudad de la Paz (anciennement Oyala), est en construction à l'intérieur du Río Muni.

Histoire

Bubi, Fang, Ndowé

L'île de Bioko est peuplée par les Bubi, venus du continent sans doute au premier millénaire, organisés en chefferies et longtemps hostiles aux navires de passage. Le littoral continental est occupé par les Ndowé, et l'intérieur par les Fang, qui migrent vers le sud-ouest à partir du XVIIIe-XIXe siècle et dont les reliquaires byeri, bustes de bois gardant les crânes des ancêtres, ont marqué l'histoire de l'art.

Portugal, puis Espagne

  • 1472 : un navigateur portugais atteint l'île, qui prendra son nom (Fernando Pó) jusqu'en 1973.
  • 1778 : par le traité d'El Pardo, le Portugal cède à l'Espagne Bioko, Annobón et des droits sur la côte, en échange de territoires en Amérique du Sud. C'est ainsi que l'espagnol arrive dans le golfe de Guinée.
  • XIXe siècle : l'Espagne, peu présente, loue un temps Bioko aux Britanniques, qui y installent une base contre la traite ; des affranchis de Sierra Leone et du Liberia s'y établissent, d'où la langue créole pichinglis.
  • 1900 : le traité de Paris fixe les frontières du Río Muni ; la conquête de l'intérieur se poursuit jusqu'aux années 1920.
  • Première moitié du XXe siècle : Bioko devient une grande productrice de cacao, avec de la main-d'œuvre recrutée au Nigeria et au Liberia.

Depuis 1968

  • 12 octobre 1968 : indépendance ; Francisco Macías Nguema devient président.
  • 1969-1979 : son régime provoque l'exil ou la mort d'une part importante de la population et l'effondrement de l'économie ; il est renversé en août 1979.
  • depuis 1979 : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est au pouvoir ; le multipartisme est formellement instauré en 1991.
  • 1996 : début de la production pétrolière offshore.
  • 2010-2011 : adhésion à la Communauté des pays de langue portugaise, d'où l'ajout du portugais comme troisième langue officielle ; le français avait été ajouté en 1998 dans le cadre de l'intégration régionale.
La cathédrale Sainte-Isabelle de Malabo, la capitale, sur l’île de Bioko, construite au début du XXe siècle.Denis Barthel · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Culture

Une langue espagnole en Afrique

Le pays est le seul du continent où l'espagnol est langue officielle et langue d'école. Il possède donc une littérature hispano-africaine, étudiée dans les universités d'Amérique latine et d'Espagne : les romans de Donato Ndongo-Bidyogo et de María Nsué Angüe, la poésie de Juan Balboa Boneke. À Bioko, le pichinglis, créole à base anglaise, cohabite avec l'espagnol et le bubi.

Le byeri fang et le balélé

Les reliquaires byeri des Fang, bustes d'une grande sobriété, ont été parmi les premiers objets africains collectionnés par les artistes européens du début du XXe siècle : leur géométrie a nourri l'histoire de la sculpture moderne.

Le balélé de Bioko, danse au tambour, et les chants bubi des cérémonies du bötuku restent des pratiques vivantes. La harpe-cithare ngombi et l'arc-en-bouche accompagnent les récits fang, dont l'épopée du mvet, longue récitation chantée qui peut durer une nuit entière.

Du poulet à la sauce d’arachide, un plat de Guinée équatoriale.Miguel Obono · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Des petits tambours à manche de Guinée équatoriale, exposés au musée.19Tarrestnom65 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
La fête traditionnelle des Bengas, sur l’île de Corisco.Rafael Toledano · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons