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Afrique · Afrique du Nord

Sahara occidental

Sahara occidental (territoire non autonome selon l’ONU)

Le Sahara occidental est un territoire désertique de la côte atlantique, inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU, c'est-à-dire des territoires dont le processus de décolonisation n'est pas achevé. Ancienne colonie espagnole, il est aujourd'hui administré pour l'essentiel par le Maroc, revendiqué par le Front Polisario, et son statut définitif n'est pas réglé.

Capitale
Laâyoune (principale ville)
Monnaie
Dirham marocain (MAD) dans la zone administrée par le Maroc
Superficie
266 000 km²
Contour du territoire : Sahara occidental

Géographie

Un désert ouvert sur l'océan

Le territoire s'étend sur environ mille kilomètres de côte atlantique et s'enfonce vers l'intérieur en plateaux caillouteux, les hamadas, coupés de vallées sèches. Le relief reste bas : quelques hauteurs dépassent 400 à 800 m dans l'est.

Les pluies sont parmi les plus faibles du continent, souvent moins de 50 mm par an, et très irrégulières. Il n'existe aucun cours d'eau permanent. En revanche, le brouillard côtier apporte une humidité qui permet à certaines plantes et à des élevages de survivre près du rivage.

Une des mers les plus poissonneuses du monde

Au large, le courant des Canaries provoque une remontée d'eaux froides et riches en nutriments. Le résultat est une zone de pêche exceptionnelle : sardines, sardinelles, poulpes, thons. Les ports de Dakhla et Laâyoune en vivent, et les droits de pêche dans ces eaux font régulièrement l'objet de contentieux juridiques internationaux, précisément parce que le statut du territoire n'est pas tranché.

Le phosphate de Boukraa

Le gisement de phosphate de Boukraa est relié à la côte, à Laâyoune, par un transporteur à bande d'une centaine de kilomètres, l'un des plus longs convoyeurs du monde, visible depuis l'espace comme un fil droit tiré à travers le désert.

Histoire

Les tribus sahariennes et les routes du sel

Avant l'arrivée des Européens, l'espace est parcouru par des confédérations nomades de langue hassaniya, éleveurs de dromadaires et convoyeurs de caravanes entre le Maghreb et les villes du fleuve Niger. Des lettrés et des lignages religieux y tiennent une place importante, comme dans toute la Mauritanie voisine. Au XIe siècle, le mouvement almoravide naît de ces sociétés sahariennes avant de conquérir le Maroc et une partie de l'Espagne.

1884-1976 : la colonie espagnole

  • 1884 : l'Espagne déclare un protectorat sur la côte, à la conférence de Berlin ; le territoire prendra les noms de Río de Oro et Saguia el-Hamra.
  • Années 1930-1950 : occupation effective de l'intérieur, découverte du phosphate.
  • 1963 : l'ONU inscrit le territoire sur sa liste des territoires non autonomes.
  • 1973 : création du Front Polisario, qui prend les armes contre l'Espagne.
  • 1975 : la Cour internationale de justice rend un avis consultatif ; l'Espagne signe avec le Maroc et la Mauritanie les accords de Madrid et se retire en 1976.

Depuis 1976

Le Maroc et la Mauritanie se partagent d'abord le territoire ; la Mauritanie s'en retire en 1979. Le Front Polisario, qui a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique, mène une guerre jusqu'au cessez-le-feu de 1991, assorti de la création d'une mission de l'ONU, la MINURSO, chargée d'organiser un référendum d'autodétermination.

Ce référendum n'a pas eu lieu : les parties ne s'accordent pas sur qui aurait le droit de voter. Le territoire reste séparé par un long dispositif militaire de sable et de pierres ; des camps de réfugiés sahraouis existent depuis 1975 près de Tindouf, en Algérie. Des négociations sous l'égide de l'ONU se poursuivent, et plusieurs États ont exprimé des positions divergentes sur une solution d'autonomie ou d'indépendance.

Culture

Une culture de la parole et du désert

La société sahraouie est de langue hassaniya, un parler arabe qu'elle partage avec la Mauritanie voisine, et sa littérature est d'abord orale : poèmes de louange, de chameau, de sécheresse ou de séparation, composés selon des mètres précis et retenus par cœur. Une école de poésie sahraouie de langue espagnole, née de la scolarisation sous administration coloniale puis dans les camps, existe également : c'est l'une des rares poésies hispanophones du continent africain, avec celle de Guinée équatoriale.

Le thé, la tente, la melhfa

Le service du thé se fait en trois verres successifs, versés de haut pour faire mousser, chacun réputé plus doux que le précédent ; il commande le rythme des visites et des discussions. La tente de laine, la khaïma, se démonte et se remonte selon les pâturages, et les femmes portent la melhfa, longue pièce de tissu coloré enroulée autour du corps et de la tête, devenue un marqueur d'identité reconnaissable dans tout le Sahara occidental.

S'y ajoutent la musique jouée à la tidinit et à la harpe ardin, le travail du cuir et de l'argent, et l'élevage du dromadaire, autour duquel tourne une grande partie du vocabulaire et des proverbes.