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Amerique du Sud · Andes

Équateur

République de l'Équateur

L'Équateur est le plus petit des pays andins, et le seul à posséder un archipel qui a changé la biologie : les Galápagos. Son sommet le plus élevé, le Chimborazo, est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la planète. En 2008, il est devenu le premier pays au monde à inscrire les droits de la nature dans sa Constitution.

Le Chimborazo (6 263 mètres), vu de Riobamba : à cause de la forme de la Terre, son sommet est le point le plus éloigné du centre de la planète.Eduardo Navas · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Quito
Monnaie
Dollar américain (USD)
Superficie
283 561 km²
Contour du territoire : Équateur

Géographie

Quatre mondes sur un petit territoire

Avec environ 283 000 km², l'Équateur tient dans un quart de la superficie du Pérou voisin. Il réunit pourtant quatre ensembles très différents :

  • la côte (costa), plaines chaudes et fertiles du Pacifique, bananes, cacao, crevettes, et le port de Guayaquil, la plus grande ville du pays ;
  • la sierra, deux rangées de volcans entre lesquelles court un couloir d'altitude où se trouvent Quito (2 850 m) et la plupart des villes historiques ;
  • l'Oriente amazonien, à l'est, forêt dense et pétrole ;
  • les Galápagos, à environ 1 000 km au large.

Le nom du pays vient de la ligne de l'équateur, qui le traverse un peu au nord de Quito. Conséquence pratique : le jour et la nuit y durent douze heures toute l'année, et il n'y a pas d'été ni d'hiver mais une saison des pluies et une saison sèche. L'altitude fait le climat bien plus que la latitude, on parle d'un « printemps perpétuel » à Quito, avec des nuits froides toute l'année.

L'avenue des volcans, et un sommet plus loin du centre que l'Everest

Alexander von Humboldt, qui a parcouru la région en 1802, a appelé le couloir andin l'« avenue des volcans ». Le Cotopaxi (5 897 m) est l'un des volcans actifs les plus élevés du monde ; le Tungurahua et le Sangay entrent régulièrement en éruption.

Le Chimborazo culmine à 6 263 m, moins haut que l'Aconcagua ou l'Everest. Mais la Terre n'est pas une sphère : la rotation la renfle à l'équateur, si bien que le niveau de la mer y est déjà environ 21 km plus loin du centre de la planète qu'aux pôles. Le Chimborazo se trouvant presque sur l'équateur, son sommet est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de la Terre, environ deux kilomètres de plus que le sommet de l'Everest. C'est aussi, pour la même raison, l'endroit où l'on est le plus loin du centre tout en ayant les pieds sur un sol solide.

Les glaciers du Cotopaxi, du Chimborazo et de l'Antisana ont perdu une grande partie de leur surface depuis les années 1960 ; comme ils alimentent les réseaux d'eau de plusieurs villes, leur recul est suivi de près.

Les Galápagos

L'archipel compte une vingtaine d'îles volcaniques nées d'un point chaud, posées sur l'équateur au croisement de trois courants marins. L'isolement et la jeunesse des îles y ont produit des espèces qui n'existent nulle part ailleurs :

  • des tortues géantes, dont la forme de carapace varie d'une île à l'autre ;
  • l'iguane marin, seul lézard au monde qui plonge et broute des algues sous l'eau ;
  • des pinsons dont les becs diffèrent selon la nourriture disponible ;
  • un cormoran qui a perdu l'usage du vol et le seul manchot vivant sous l'équateur.

C'est en comparant ces animaux d'île en île, après son passage en 1835, que Charles Darwin a assemblé une partie du raisonnement de L'Origine des espèces (1859). Les Galápagos ont été en 1978 l'un des douze tout premiers sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial, la même année que le centre historique de Quito.

Le pétrole, la forêt et un référendum

L'Amazonie équatorienne fournit l'essentiel des exportations de pétrole du pays, transportées par des oléoducs qui franchissent les Andes. Le parc national Yasuní y compte parmi les endroits les plus riches en espèces de la planète : on y a compté sur un seul hectare presque autant d'espèces d'arbres que dans toute l'Amérique du Nord. Il abrite aussi des groupes waorani vivant en isolement volontaire.

Le 20 août 2023, un référendum national a décidé de laisser dans le sol le pétrole du bloc ITT, à l'intérieur du Yasuní, un cas rare de vote populaire arrêtant une exploitation pétrolière en cours.

La lagune de Quilotoa, lac formé dans le cratère d’un volcan des Andes.Stitched by Seattle Skier, photos by Martini · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Histoire

Des poteries parmi les plus anciennes des Amériques

Sur la côte, la culture Valdivia (environ 3500-1800 avant notre ère) a produit certaines des plus anciennes céramiques connues du continent américain, dont de petites figurines féminines. Ont suivi les cultures Machalilla, Chorrera, puis la Manteña, dont les navigateurs faisaient commerce sur de grands radeaux à voile le long de la côte, jusqu'au Pérou et peut-être jusqu'à l'Amérique centrale, ils échangeaient notamment la coquille de Spondylus, plus précieuse que l'or dans les Andes.

Dans le couloir andin, les seigneuries Quitu, Cara, Puruhá et Cañari s'organisaient en confédérations. L'incorporation à l'empire inca se fait tardivement, vers 1460-1500, au terme d'une résistance longue ; Quito devient un second centre de l'empire, et c'est de cette moitié nord qu'Atahualpa tire son appui pendant la guerre de succession de 1529-1532.

1534-1822

  • 6 décembre 1534 : fondation espagnole de Quito.
  • 1563 : création de l'Audience royale de Quito, qui administre la région. Les ateliers de peinture et de sculpture qui s'y développent, l'« école de Quito », produisent pendant deux siècles des œuvres exportées dans tout l'empire.
  • 1736-1744 : une expédition scientifique française et espagnole, menée par Charles Marie de La Condamine, mesure un arc de méridien près de Quito. Comparée à une mesure faite en Laponie, elle établit que la Terre est aplatie aux pôles. Le pays a donc servi de référence à la forme même de la planète, et le mètre, défini plus tard, descend en partie de ces travaux.
  • 10 août 1809 : première junte autonome à Quito ; la date est la fête nationale.
  • 24 mai 1822 : la bataille de Pichincha, sur les pentes du volcan qui domine Quito, met fin à la domination espagnole dans la région.

1822-2000

  • 1822-1830 : la région fait partie de la Grande Colombie de Bolívar, puis s'en sépare le 13 mai 1830 et prend le nom d'Équateur.
  • 1861-1875 : gouvernement de Gabriel García Moreno ; routes, écoles et lien étroit entre État et Église.
  • 1895 : révolution libérale d'Eloy Alfaro ; séparation de l'Église et de l'État, chemin de fer Guayaquil-Quito, qui franchit les Andes par des lacets célèbres.
  • 1941 puis 1995 : conflits frontaliers avec le Pérou en Amazonie ; un traité de paix définitif est signé à Brasilia en 1998.
  • Années 1970 : le pétrole amazonien change l'économie ; le pays entre à l'OPEP.
  • 1999-2000 : crise bancaire et effondrement de la monnaie nationale, le sucre. En janvier 2000, l'Équateur adopte le dollar américain comme monnaie officielle. Il n'a donc plus de banque centrale émettrice ni de politique monétaire propre : un choix rare et lourd de conséquences.

La Constitution de 2008

Approuvée par référendum le 28 septembre 2008, elle fait de l'Équateur le premier pays au monde à reconnaître des droits à la nature elle-même (articles 71 à 74) : la Pachamama y a « droit au respect de son existence, au maintien et à la régénération de ses cycles vitaux », et toute personne peut saisir la justice en son nom, sans avoir à démontrer un préjudice personnel. Des tribunaux équatoriens ont depuis rendu des décisions sur ce fondement, notamment en faveur de rivières et de forêts. Plusieurs pays et collectivités s'en sont inspirés depuis.

L’église Saint-François de Quito, la capitale, l’une des premières villes inscrites au patrimoine mondial (1978).Photography, Scan and postprocessing by Hubertl · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Culture

Peindre, sculpter, chanter

L'école de Quito a produit du XVIe au XVIIIe siècle une statuaire polychrome d'une qualité technique remarquable, où les artisans autochtones et métis ont introduit leurs propres visages et leurs propres couleurs dans une imagerie venue d'Europe.

Au XXe siècle, Oswaldo Guayasamín peint des mains et des visages étirés pour dire la douleur et la dignité ; sa série L'Âge de la colère a été exposée sur plusieurs continents. Le pasillo, valse lente et mélancolique, est la chanson nationale ; Julio Jaramillo l'a diffusée dans tout le monde hispanophone.

Ce qui part des champs équatoriens

  • Le cacao dit arriba nacional, variété aromatique cultivée sur la côte depuis le XVIIIe siècle, est recherché par les chocolatiers du monde entier ; le pays a été longtemps le premier exportateur mondial de cacao et reste le premier producteur de cacao fin.
  • L'Équateur est le premier exportateur mondial de bananes.
  • Les roses coupées d'altitude, cultivées à 2 800 m près de Quito où la lumière équatoriale est intense toute l'année, partent par avion vers les marchés de l'hémisphère Nord.

La marimba et les tambours de la côte

Sur la côte nord, à Esmeraldas, les communautés afro-équatoriennes jouent la marimba de bois de palmier, accompagnée de tambours et de chants ; cette musique est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2010, dans un dossier étendu en 2015 à la Colombie et à l'Équateur ensemble.

Une femme en tenue traditionnelle de la communauté de Cacha, dans la province du Chimborazo.Pablo Vega 97 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Un marché aux chapeaux à Alausí : l’Équateur est la patrie du chapeau de paille toquilla, dit « panama ».Bernard Gagnon · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons