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Afrique · Afrique de l'Est

Burundi

République du Burundi

Petit pays de collines coincé entre le lac Tanganyika et les hauts plateaux, le Burundi abrite la source la plus au sud du bassin du Nil : une eau qui part d'ici met des mois à atteindre la Méditerranée. Son royaume, dirigé par un mwami, a tenu du XVIIe siècle à 1966, et ses tambours rituels sont inscrits au patrimoine de l'humanité.

Le lac Tanganyika à Bujumbura, la plus grande ville du Burundi : l’un des lacs les plus profonds et les plus anciens du monde.Andreas31 · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
Capitale
Gitega (capitale politique ; Bujumbura, capitale économique)
Monnaie
Franc burundais (BIF)
Superficie
27 834 km²
Contour du territoire : Burundi

Géographie

Des collines, un lac très profond

Le Burundi est un pays de hautes terres : la majeure partie du territoire se situe entre 1 400 et 1 800 m, avec une crête centrale qui dépasse 2 600 m au mont Heha. L'habitat est dispersé sur les collines, le rugo familial entouré de ses champs, une organisation spatiale qui donne au paysage son aspect de damier vert.

À l'ouest, le relief tombe brutalement dans la plaine de l'Imbo puis dans le lac Tanganyika, deuxième lac le plus profond du monde après le Baïkal, avec près de 1 470 m de fond. Ce lac, très ancien, abrite des centaines d'espèces de poissons qui ne vivent nulle part ailleurs.

La source la plus méridionale du Nil

Le Burundi se trouve exactement sur la ligne de partage entre le bassin du Congo, qui va vers l'Atlantique, et celui du Nil, qui va vers la Méditerranée. À Rutovu, dans le sud, une pyramide marque un filet d'eau identifié en 1937 comme la source la plus au sud du bassin du Nil : la Kasumo, qui alimente la Ruvyironza, puis la Ruvubu, la Kagera, le lac Victoria et enfin le Nil Blanc.

Autrement dit, une goutte tombée sur cette colline peut arriver en Égypte après plus de 6 000 km.

Un pays sans littoral maritime, très cultivé

Presque toute la terre utile est cultivée : haricot, manioc, banane, maïs, et pour l'exportation le café d'altitude et le thé. Le pays possède aussi d'importantes réserves de nickel, encore peu exploitées, et des terres rares.

Le parc national de la Ruvubu et la réserve de la Kibira, prolongement de la forêt de Nyungwe rwandaise, sont les deux principaux espaces naturels préservés.

Des hippopotames dans le parc national de la Rusizi, là où la rivière Rusizi se jette dans le lac Tanganyika.d_proffer · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons
Gitega, la capitale politique du Burundi depuis 2019, au centre du pays des mille collines.No machine-readable author provided. Tequendamia assumed (based on copyright claims). · Domaine public · Wikimedia Commons

Histoire

Le royaume du Burundi

Le pays a été, pendant environ trois siècles, un royaume structuré. La tradition fait remonter sa fondation à Ntare Rushatsi, au XVIIe siècle. À sa tête, le mwami s'appuyait sur des princes, les ganwa, et sur un ensemble de rites agraires, notamment la fête des semailles, l'umuganuro, où le roi semait le premier sorgho.

La société était organisée autour de l'échange de bétail et de services, avec des groupes, Hutu, Tutsi, Twa, dont le sens et la rigidité ont beaucoup varié selon les époques, et que l'administration coloniale a figés en catégories administratives.

Allemagne, Belgique, indépendance

  • 1899 : le Burundi est rattaché à l'Afrique orientale allemande ; l'administration est indirecte, à travers le roi.
  • 1916 : occupation belge ; 1922 : mandat de la Société des Nations sur le Ruanda-Urundi, administré depuis le Congo belge.
  • 1959-1961 : partis politiques, dont l'UPRONA du prince Louis Rwagasore, qui remporte les élections de septembre 1961 ; il est assassiné en octobre.
  • 1er juillet 1962 : indépendance, comme royaume, séparément du Rwanda.

Depuis 1962

  • 1966 : la monarchie est abolie ; la république est proclamée.
  • 1972 : des violences de masse font des dizaines de milliers de victimes et poussent des centaines de milliers de personnes à l'exil.
  • 1993 : première élection présidentielle pluraliste ; le président élu, Melchior Ndadaye, est tué en octobre. Une guerre civile s'ensuit et dure jusqu'au début des années 2000.
  • 2000 : accord d'Arusha, négocié sous médiation régionale, qui instaure un partage du pouvoir et des quotas dans l'armée et les institutions.
  • 2005 : nouvelle constitution et élections ; 2015 : crise politique autour d'un troisième mandat ; 2020 : élection présidentielle et transmission du pouvoir.
  • 2019 : Gitega, au centre du pays, devient officiellement la capitale politique, Bujumbura restant la capitale économique.

Culture

Les tambours sacrés

Les ingoma, grands tambours de bois taillés dans un tronc et tendus de peau, étaient liés à la royauté : ils ne se jouaient que pour des occasions précises et leur fabrication comme leur transmission étaient encadrées par des familles dépositaires. Les tambourinaires jouent debout, le tambour sur la tête pour l'entrée, puis en cercle autour d'un tambour central, en alternant frappes, danse et chant.

L'UNESCO a inscrit cette danse rituelle au tambour royal au patrimoine culturel immatériel en 2014. Les troupes burundaises se sont produites sur les grandes scènes du monde, et le son de ces tambours est l'un des plus reconnaissables du continent.

Le kirundi, la poésie, la vannerie

Le kirundi est parlé par la quasi-totalité de la population, ce qui est rare en Afrique : le pays n'a pas de problème de langue commune. Il porte une tradition poétique dense, poèmes de louange au bétail, devinettes, proverbes, et une littérature orale abondante.

L'inanga, cithare sur planche à huit cordes que l'on gratte en chantant à voix voilée, est l'instrument des récitants. La vannerie burundaise, notamment les paniers spiralés à couvercle conique, l'agaseke, est devenue un emblème national offert en cadeau diplomatique.

Un tambour burundais : la danse rituelle au tambour royal est inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.Ji-Elle · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Un ikembe, lamellophone du Burundi : on pince les lamelles avec les pouces.19Tarrestnom65 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons